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Économie

Défense : les exportations d'armes françaises encore à des sommets en 2025

Grâce notamment aux ventes de Rafale à l'Inde et de missiles, la France a exporté pour 21,2 milliards d'euros d'armements en 2025, confirmant sa deuxième place mondiale derrière les États Unis.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 23/08/2026 à 20:01 · 5 min de lecture
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Un avion de chasse Rafale de l'armée de l'air indienne

Pour la deuxième année consécutive, les exportations d'armements français se sont maintenues à un niveau très élevé en 2025. Selon le rapport au Parlement 2026 sur les exportations d'armement de la France, publié le 12 août par le ministère des Armées, les prises de commandes se sont élevées à 21,2 milliards d'euros, un montant quasiment stable par rapport aux 21,6 milliards enregistrés en 2024. Il s'agit du troisième plus haut montant jamais atteint par l'industrie française de défense, derrière le record historique de 2022, année durant laquelle les exportations avaient culminé à 26,9 milliards d'euros, portées notamment par la commande exceptionnelle de quatre vingts avions de combat Rafale par les Émirats arabes unis.

Cette performance confirme le redressement du secteur après le net recul observé en 2023, année durant laquelle les exportations étaient retombées à 8,2 milliards d'euros, un chiffre nettement inférieur à la moyenne des années précédentes. Le rebond constaté depuis s'explique en grande partie par la poursuite des livraisons de Rafale à l'Inde, ainsi que par d'importants contrats de vente de missiles, deux segments qui continuent de tirer vers le haut le chiffre d'affaires à l'export de l'industrie de défense française. Le Rafale, produit par Dassault Aviation, demeure la locomotive des ventes françaises à l'étranger, complété par les systèmes de missiles développés par MBDA et les équipements électroniques de Thales.

Grâce à ces résultats, la France conserve son rang de deuxième exportateur mondial d'armements, une position qu'elle occupe désormais depuis plusieurs années consécutives. Elle reste toutefois très loin derrière les États Unis, qui dominent très largement le marché mondial de la défense et concentrent à eux seuls une part considérable des ventes internationales. Paris doit en outre composer avec l'émergence de nouveaux concurrents sur ce marché, notamment la Corée du Sud et la Turquie, deux pays qui ont considérablement renforcé leur base industrielle de défense au cours de la dernière décennie et proposent désormais des équipements compétitifs à des prix souvent inférieurs à ceux pratiqués par les industriels occidentaux traditionnels.

Ces chiffres s'inscrivent dans un contexte mondial marqué par une hausse continue des dépenses militaires. Selon l'Institut international d'études stratégiques, les dépenses de défense mondiales ont progressé d'environ 2,5 % en 2025, pour atteindre 2 630 milliards de dollars, soit près de 2 420 milliards d'euros. Les États Unis et les trente et un autres pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord représentent, à eux seuls, environ la moitié de ce montant total. Les pays membres de l'Union européenne ne sont pas en reste : selon l'Agence européenne de défense, leurs dépenses militaires cumulées atteignent désormais 381 milliards d'euros, en hausse de plus de 62 % par rapport à 2020.

Cette dynamique de réarmement massif s'est enclenchée après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, en février 2022, qui a profondément modifié la perception des risques sécuritaires en Europe. De nombreux pays du continent ont depuis engagé des plans pluriannuels de modernisation de leurs armées, dopant la demande adressée aux industriels européens, français en tête. Cette tendance profite directement à l'industrie de défense hexagonale, qui bénéficie à la fois d'un marché intérieur en forte croissance et d'une demande à l'export soutenue par la crédibilité opérationnelle acquise par certains de ses matériels, notamment le Rafale, engagé dans plusieurs conflits récents.

Au delà de Dassault Aviation, MBDA et Thales, l'ensemble de la filière française de défense profite de cette embellie, qu'il s'agisse de Naval Group pour les équipements navals, ou du groupe KNDS, issu du rapprochement entre Nexter et l'allemand Krauss Maffei Wegmann, pour les blindés et l'artillerie. Cette filière représente plusieurs centaines de milliers d'emplois directs et indirects en France, et constitue l'un des rares secteurs industriels du pays à afficher une balance commerciale structurellement excédentaire, un argument régulièrement mis en avant par les pouvoirs publics pour justifier le soutien apporté aux exportations d'armement.

Le succès à l'export du Rafale, en particulier, s'explique aussi par la stratégie commerciale déployée par la France depuis plus d'une décennie, combinant financement export via des prêts garantis par l'État, transferts de compétences industrielles vers les pays acheteurs et accords de compensation économique plus larges. L'Inde, qui exploite déjà plusieurs escadrons de Rafale pour son armée de l'air, a également commandé des versions navalisées de l'appareil destinées à ses porte-avions, un contrat qui illustre la profondeur du partenariat stratégique noué entre Paris et New Delhi ces dernières années, au delà du seul aspect commercial.

Ces exportations demeurent néanmoins régulièrement critiquées par certaines organisations non gouvernementales et une partie de la classe politique, qui pointent du doigt les destinations parfois sensibles de certains contrats, notamment vers des pays impliqués dans des conflits régionaux ou critiqués pour leur bilan en matière de droits humains. Le gouvernement français défend de son côté un contrôle strict des exportations, encadré par une commission interministérielle chargée d'examiner chaque licence d'exportation avant sa délivrance, ainsi que par les engagements internationaux souscrits par la France, notamment dans le cadre du traité sur le commerce des armes.

Alors que la campagne pour l'élection présidentielle de 2027 s'intensifie, la question du modèle économique de la défense française pourrait s'inviter dans le débat, entre partisans d'un renforcement encore accru du soutien public à cette filière stratégique et voix plus critiques appelant à un encadrement plus strict des ventes d'armes à certains régimes. Le maintien d'un niveau élevé d'exportations reste en tout cas considéré, par la plupart des responsables politiques et industriels du secteur, comme une condition nécessaire à la pérennité d'une base industrielle et technologique de défense pleinement souveraine, capable de répondre aussi bien aux besoins des armées françaises qu'à ceux de ses partenaires internationaux.

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