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Économie

DPE 2027 : jusqu'à 425 000 logements vont sortir du statut de passoire thermique

Un arrêté publié fin août 2026 abaisse le coefficient de conversion de l'électricité utilisé dans le calcul du DPE, applicable au 1er janvier 2027, avec un effet mécanique sur le classement énergétique de centaines de milliers de logements.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 01/09/2026 à 07:43 · 7 min de lecture
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Étiquette du diagnostic de performance énergétique (DPE)
Illustration du diagnostic de performance énergétique (DPE). Crédit : Sebeeek, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
En bref
Sommaire
  1. Un coefficient qui passe de 1,9 à 1,7
  2. Pourquoi l'électricité était pénalisée jusqu'à présent
  3. 125 000 logements locatifs concernés
  4. 300 000 résidences principales également concernées
  5. Qui peut vraiment espérer gagner une classe énergétique ?
  6. Comment vérifier si son logement est concerné
  7. Un enjeu direct pour le calendrier d'interdiction de location
  8. Des conséquences aussi sur la vente immobilière
  9. Une ambiguïté qui persiste sur le fond du problème
  10. D'autres évolutions du DPE encore à venir

Le diagnostic de performance énergétique va encore changer. Un arrêté publié au Journal officiel le 26 août 2026 acte un nouveau réajustement de la méthode de calcul du DPE, applicable à compter du 1er janvier 2027. Cette fois, c'est le facteur de conversion de l'électricité en énergie primaire qui bouge, une modification technique aux conséquences très concrètes pour des centaines de milliers de propriétaires. Explications sur ce que ce changement va réellement transformer, et pour qui.

Un coefficient qui passe de 1,9 à 1,7

Au cœur de la réforme se trouve un paramètre technique peu connu du grand public mais déterminant dans le calcul du DPE : le facteur de conversion de l'électricité en énergie primaire. À partir du 1er janvier 2027, ce coefficient passera de 1,9 à 1,7. Concrètement, cela améliorera mécaniquement la note énergétique de nombreux logements chauffés à l'électricité, sans que leur consommation réelle ni le confort de leurs occupants ne soient modifiés d'un iota. Seule la traduction réglementaire de leurs performances change, pas les performances elles mêmes.

Pourquoi l'électricité était pénalisée jusqu'à présent

Pour comprendre l'ampleur du changement, il faut revenir sur le fonctionnement du DPE. Ce diagnostic estime les déperditions d'énergie d'un logement, c'est à dire la perte de chaleur qui s'échappe d'un bâtiment vers l'extérieur en raison d'une isolation insuffisante. Jusqu'à présent, le calcul estimait qu'il y avait deux fois plus de déperditions liées à l'électricité que pour le gaz ou le fioul, une méthode de conversion qui désavantageait structurellement les logements chauffés à l'électricité par rapport à ceux chauffés au gaz. En réévaluant à la baisse ce coefficient, le gouvernement réduit mécaniquement l'écart entre les deux modes de chauffage.

125 000 logements locatifs concernés

L'effet chiffré de cette réforme est loin d'être anecdotique. Selon l'étude d'impact transmise au Conseil supérieur de l'énergie, 125 000 logements du parc locatif privé pourraient sortir du statut de passoire énergétique, ce qui représente 14 % de l'ensemble des logements locatifs actuellement classés dans cette catégorie. « Nous allons pouvoir identifier dans nos portefeuilles les logements chauffés à l'électricité classés F ou G, vérifier leur nouvelle étiquette et, lorsqu'ils sortent de la catégorie des passoires, proposer à nouveau leur mise en location », explique Brice Cardi, président du réseau immobilier l'Adresse.

300 000 résidences principales également concernées

Le locatif n'est pas le seul segment touché par cette réforme. Au total, ce sont 300 000 résidences principales, en plus des 125 000 logements du parc locatif déjà cités, qui devraient voir leur classement énergétique dépasser les catégories F ou G et sortir ainsi du statut officiel de passoire thermique. Il s'agit du second ajustement du même paramètre en l'espace de deux ans, après un premier changement de méthode déjà intervenu début 2025 qui avait permis à environ 700 000 logements de sortir du statut de passoire thermique, selon les chiffres de l'Observatoire national de la rénovation énergétique.

Qui peut vraiment espérer gagner une classe énergétique ?

Tous les propriétaires ne seront pas concernés de la même façon. Les premiers bénéficiaires sont les logements chauffés à l'électricité, en particulier ceux classés F ou G qui se situent proches du seuil supérieur de leur catégorie. « Le passage du coefficient de l'électricité de 1,9 à 1,7 peut permettre à de nombreux logements chauffés à l'électricité d'améliorer leur classement énergétique, parfois sans réaliser de travaux », souligne un expert du secteur cité par Capital. À l'inverse, les logements chauffés au gaz ou au fioul, déjà avantagés par l'ancien mode de calcul, ne bénéficieront d'aucun effet mécanique similaire.

Comment vérifier si son logement est concerné

Face à cette réforme, les propriétaires n'ont pas à attendre passivement le 1er janvier 2027 pour savoir s'ils sont concernés. « Les propriétaires peuvent d'ailleurs dès maintenant vérifier, à partir des données de leur DPE, s'ils sont susceptibles de gagner une classe avec le nouveau calcul, via l'Ademe par exemple », indique Brice Cardi. L'arrêté prévoit d'ailleurs la possibilité de télécharger une attestation de changement d'étiquette pour les diagnostics existants concernés, directement via l'observatoire de l'Ademe, sans avoir à commander un nouveau DPE payant.

Un enjeu direct pour le calendrier d'interdiction de location

Cette réforme prend tout son sens à la lumière du calendrier progressif d'interdiction de mise en location des passoires thermiques. Les logements classés G sont déjà exclus du marché locatif depuis le 1er janvier 2025, considérés comme indécents au sens du droit du logement. Les logements classés F devront suivre à partir de 2028, puis ceux classés E à partir de 2034. Pour un propriétaire dont le bien sort de la catégorie F ou G grâce au nouveau calcul, ce changement peut ainsi repousser de plusieurs années l'échéance à laquelle il devra soit réaliser des travaux de rénovation énergétique, soit renoncer à louer son bien.

Des conséquences aussi sur la vente immobilière

L'impact de cette réforme ne se limite pas à la location. Un meilleur classement énergétique peut également réduire la décote appliquée lors d'une revente et rassurer un acquéreur potentiel. « Un logement qui sort de la catégorie des passoires thermiques peut retrouver des perspectives sur le marché de la vente et perdre une partie de la décote liée à son mauvais classement », estime Brice Cardi. Pour les agents immobiliers, ce changement représente une opportunité commerciale concrète : « c'est le moment de reprendre contact avec les propriétaires dont les biens avaient été retirés du marché à cause d'un mauvais DPE », résume l'expert.

Une ambiguïté qui persiste sur le fond du problème

Malgré ces effets bénéfiques pour de nombreux propriétaires, la réforme fait l'objet de critiques sérieuses de la part des associations engagées dans la rénovation énergétique. Selon le collectif Rénovons, il s'agit « d'une manière de réduire artificiellement le nombre des logements les plus mal notés, sans contraindre les propriétaires à faire des travaux de rénovation », alors que ces travaux restent nécessaires dans de nombreux logements pour réellement améliorer leur efficacité énergétique. Le logement ne consomme pas moins d'énergie et ne chauffe pas mieux après ce recalcul, il est simplement mieux noté sur le papier. À l'inverse, la Fédération des industries électriques et numériques y voit une avancée cohérente, qui soutient selon elle la décarbonation et encourage l'électrification des usages, notamment via l'installation de pompes à chaleur.

D'autres évolutions du DPE encore à venir

Cette réforme du coefficient électrique ne clôt pas le chantier de révision du diagnostic de performance énergétique. Vincent Jeanbrun, le ministre du Logement, milite pour une évolution complémentaire du DPE afin d'y intégrer un indicateur de confort d'été, permettant de mieux identifier les logements qui deviennent difficilement vivables lors des épisodes de forte chaleur, parfois qualifiés de bouilloires thermiques. Le sujet du DPE reste ainsi un chantier réglementaire mouvant, régulièrement ajusté depuis plusieurs années, ce qui invite les propriétaires comme les futurs acquéreurs à vérifier systématiquement la date et les paramètres exacts de tout diagnostic avant de s'y fier pour une décision d'achat, de vente ou de location.

Source : Capital.fr, d'après l'arrêté publié au Journal officiel du 26 août 2026 et l'étude d'impact transmise au Conseil supérieur de l'énergie.

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#DPE#passoire thermique#immobilier#diagnostic énergétique#location
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