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Économie

Salaire brut, salaire net : Michel-Édouard Leclerc veut faire cotiser les robots et l'IA

Invité du 20 Heures, Michel-Édouard Leclerc a proposé de faire contribuer les robots et l'intelligence artificielle pour financer un rapprochement entre salaire brut et salaire net, sans toucher à la protection sociale.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 01/09/2026 à 12:34 · 7 min de lecture
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Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc
Michel-Édouard Leclerc, qui a relancé le débat sur le salaire brut et net en proposant de taxer les robots et l'IA (CC BY-SA 4.0, MFonzatti).
En bref
Sommaire
  1. Un écart qui peut atteindre plusieurs centaines d'euros
  2. La proposition inédite de Michel-Édouard Leclerc : taxer les robots
  3. Les candidats à la présidentielle en ordre dispersé
  4. Glucksmann veut taxer les mégahéritages, Retailleau les heures supplémentaires
  5. Les cotisations financent plus de la moitié des dépenses sociales
  6. Une idée de taxation des robots déjà ancienne, mais jamais concrétisée
  7. Un débat qui s'annonce central dans la campagne présidentielle

Invité du 20 Heures de France Télévisions lundi 31 août 2026, Michel-Édouard Leclerc a relancé le débat sur le rapprochement entre salaire brut et salaire net, un sujet déjà largement investi par les candidats à l'élection présidentielle de 2027. Le président du comité stratégique des centres E.Leclerc y a ajouté une proposition inédite : faire contribuer les robots et l'intelligence artificielle au financement de la protection sociale.

Un écart qui peut atteindre plusieurs centaines d'euros

La différence entre un salaire brut et un salaire net peut parfois sembler abyssale aux yeux des salariés. Franceinfo a par exemple détaillé le cas d'un salarié gagnant 2 700 euros brut par mois, qui n'empoche en réalité que 2 115 euros net, soit un écart de près de 600 euros. Cet argent ne disparaît pas : il est prélevé par l'État pour financer les caisses de retraite, l'assurance maladie et l'assurance chômage. Au total, ces cotisations sociales représentent plus de 20 % du salaire brut d'un salarié moyen.

C'est précisément cet écart, souvent mal compris par les Français, que plusieurs candidats à la présidentielle souhaitent aujourd'hui réduire, en misant sur le fait qu'un rapprochement entre le brut et le net donnerait une impression immédiate d'amélioration du pouvoir d'achat, sans que cela ne coûte directement un centime supplémentaire aux finances de l'État.

La proposition inédite de Michel-Édouard Leclerc : taxer les robots

Si Michel-Édouard Leclerc n'est pas candidat à l'élection présidentielle, il partage cette volonté de rapprocher salaire net et salaire brut, une idée qu'il défend d'ailleurs depuis plusieurs mois. Mais il refuse catégoriquement que cette réforme se fasse en réduisant le financement de la protection sociale. « Tout ce débat est légitime. Mais le modèle social, qui fait la cohésion sociale, on n'y touche pas », a-t-il déclaré sur le plateau du 20 Heures.

Pour financer malgré tout cette baisse de charges sans toucher aux caisses de l'État, l'homme d'affaires propose une piste inédite : faire contribuer les robots et l'intelligence artificielle, qui échappent aujourd'hui totalement au système de cotisations sociales. « Le nombre de travailleurs et le nombre d'emplois sont concurrencés par l'arrivée des robots, par le numérique. Votre téléphone, aujourd'hui, ne paye pas de charges sociales, ni patronales, ni salariales. Et pourtant, il remplace le photographe, la Poste », a-t-il justifié.

Sur les réseaux sociaux, il a détaillé sa pensée : « Rapprocher le salaire net du salaire brut, ça ne touche pas les finances de l'État et ça donne une perspective d'amélioration des revenus. Il faut creuser et scénariser cette idée. C'est quand même dingue que les robots, le numérique et l'IA ne paient pas de charges sociales et... »

Les candidats à la présidentielle en ordre dispersé

Michel-Édouard Leclerc n'est pas le seul à vouloir agir sur les cotisations sociales pour redonner du pouvoir d'achat aux Français, mais les solutions envisagées par les candidats déclarés à la présidentielle 2027 divergent fortement les unes des autres. Édouard Philippe appelle ainsi à diminuer les cotisations sociales, au motif qu'elles pèsent proportionnellement moins sur les hauts revenus que sur l'ensemble de la population, selon des propos rapportés par franceinfo.

De son côté, Gabriel Attal, candidat du camp Renaissance, a évoqué la possibilité de dégager 250 euros net supplémentaires sur un salaire médian, en diminuant spécifiquement les cotisations vieillesse. Une mesure dont le coût est estimé à 40 milliards d'euros, un montant qui pose immédiatement la question de son financement dans un contexte budgétaire déjà tendu.

Glucksmann veut taxer les mégahéritages, Retailleau les heures supplémentaires

Raphaël Glucksmann promet quant à lui de baisser les cotisations sociales tout en faisant contribuer davantage les ménages les plus fortunés. « On va taxer les mégahéritages, c'est-à-dire au-dessus de 2 millions d'euros. 99 % des héritages ne seront pas touchés. Là, on parle des 1 % les plus élevés », a affirmé le candidat de Place publique, qui présente cette mesure comme un moyen de financer la baisse des charges pesant sur les salaires sans creuser le déficit public.

Bruno Retailleau propose de son côté une solution radicalement différente, ciblée sur les heures supplémentaires : « À partir de la 36e heure, ma solution, c'est le brut égale le net. Plus de cotisations sociales et plus d'impôts », a déclaré le candidat des Républicains. Cette mesure viserait donc uniquement les heures travaillées au-delà de la durée légale, sans toucher au reste de la rémunération des salariés.

Les cotisations financent plus de la moitié des dépenses sociales

Ce foisonnement de propositions ne doit toutefois pas masquer un enjeu de fond : les cotisations sociales financent aujourd'hui plus de la moitié des dépenses sociales en France, qu'il s'agisse de l'assurance maladie, des retraites ou de l'assurance chômage. Réduire mécaniquement l'écart entre salaire brut et salaire net aurait donc nécessairement des conséquences sur le financement de l'ensemble de cette protection sociale, à moins de trouver des sources de financement alternatives suffisamment robustes.

« S'il y a moins de contributions sociales pour financer la maladie et la retraite, soit on arrive à réduire ces dépenses de maladie et de retraite, ce n'est pas facile avec une population vieillissante, soit on arrive à trouver des sources de financement alternatives. Ce que l'on donne d'une main, on va le reprendre de l'autre », explique auprès de franceinfo Jean-Paul Chapel, éditorialiste économique, résumant ainsi le dilemme central de ce débat.

Une idée de taxation des robots déjà ancienne, mais jamais concrétisée

L'idée de faire contribuer les robots et l'automatisation au financement de la protection sociale n'est pas totalement nouvelle. Elle avait notamment été évoquée au niveau européen dès 2017, sans jamais déboucher sur une mesure concrète, les États membres n'étant pas parvenus à s'accorder sur une définition juridique précise de ce qui constitue un « robot » taxable, ni sur les modalités pratiques d'un tel prélèvement. La proposition de Michel-Édouard Leclerc relance ce débat dans un contexte différent, celui de l'essor massif de l'intelligence artificielle générative, qui automatise désormais des tâches jusque là réservées à des emplois qualifiés, et non plus seulement des tâches industrielles répétitives.

Cette proposition soulève toutefois d'importantes questions pratiques : comment définir précisément le périmètre d'une telle taxe, comment évaluer la valeur économique créée par un algorithme ou un robot pour déterminer l'assiette de la cotisation, et comment éviter que les entreprises ne délocalisent leurs capacités de calcul vers des pays moins régulés pour échapper à ce nouveau prélèvement. Autant de difficultés techniques qui expliquent en partie pourquoi cette idée, régulièrement évoquée depuis près d'une décennie, n'a encore jamais été mise en œuvre à grande échelle.

Un débat qui s'annonce central dans la campagne présidentielle

Ce débat sur le rapprochement entre salaire brut et salaire net s'inscrit plus largement dans la campagne présidentielle 2027, où la question du pouvoir d'achat occupe une place centrale dans les premiers échanges entre candidats. Chacun tente de proposer une solution qui donne l'impression d'une augmentation immédiate des revenus des Français, sans pour autant assumer publiquement une dégradation du système de protection sociale, un sujet particulièrement sensible auprès de l'opinion publique.

La prise de position de Michel-Édouard Leclerc, bien qu'il ne soit pas lui-même candidat, illustre à quel point ce débat dépasse désormais le seul cercle des responsables politiques pour s'étendre au monde économique. Reste à savoir si l'idée de taxer les robots et l'intelligence artificielle, séduisante sur le papier, trouvera un jour une traduction concrète dans un texte de loi, ou si elle restera, comme d'autres propositions similaires par le passé, une piste évoquée sans jamais être appliquée.

Source : d'après Capital, avec des propos rapportés par franceinfo.

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#Michel-Édouard Leclerc#Salaire#Cotisations sociales#Intelligence artificielle#Présidentielle 2027
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