Menés par Tadej Pogačar, les coureurs de la Vuelta ont été contraints de mettre pied à terre et de s'abriter, lundi 24 août, en raison d'un déluge de grêle qui s'est abattu sur les Pyrénées françaises. La troisième étape du Tour d'Espagne, qui reliait Gruissan, dans l'Aude, à Font-Romeu, dans les Pyrénées-Orientales, a finalement été annulée par les organisateurs, alors qu'il ne restait qu'une quinzaine de kilomètres à parcourir.
Un déluge de grêle sur le col de Mont-Louis
Les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Alors que le peloton achevait l'ascension du col de Mont-Louis, classé en première catégorie, les conditions météorologiques se sont brutalement dégradées. Des grêlons décrits comme « de la taille d'un pouce » par les commentateurs d'Eurosport se sont abattus sur les coureurs, réduisant la visibilité et rendant la chaussée particulièrement dangereuse. Isolé en tête de course, le coureur de la formation Kern Pharma avait bravé les pourcentages et les éléments avant de se faire rattraper par le peloton, alors que l'orage dégradait également les communications entre la direction de course et les motos ainsi que les hélicoptères assurant la retransmission télévisée. Les diffuseurs, dont Eurosport en France, ont ainsi été contraints de montrer, pendant de longues minutes, les seules images d'une caméra fixe braquée sur une ligne d'arrivée totalement désertée mais balayée par la pluie.
L'arrêt collectif mené par Tadej Pogačar
C'est sous l'impulsion du maillot rouge de la Vuelta que la course s'est arrêtée. Le Slovène Tadej Pogačar, leader de l'épreuve depuis le contre la montre inaugural disputé à Monaco, s'est placé en tête du peloton pour demander à ses adversaires de cesser leurs efforts, avant de les inciter collectivement à se réfugier dans un hôtel situé aux abords du col. Vainqueur en juillet de son cinquième Tour de France, le coureur de la formation UAE Team Emirates XRG vise sur cette Vuelta le seul des trois grands tours qui manque encore à son palmarès, une trilogie que très peu de cyclistes ont réussi à compléter dans l'histoire de la discipline. Quelques instants après cet arrêt spontané, la direction de la course a confirmé l'annulation de l'étape dans un communiqué, précisant que « la sécurité étant la priorité absolue, la décision a été prise d'annuler la troisième étape ».
Une étape sans vainqueur ni classement modifié
Sur les 174 kilomètres que comptait initialement le parcours entre Gruissan et Font-Romeu, il ne restait donc qu'une quinzaine de kilomètres à parcourir lorsque la décision est tombée. Aucun vainqueur d'étape ne sera désigné pour cette troisième journée de course, une situation rare dans le cyclisme professionnel mais pas inédite. Les organisateurs ont également renoncé à toute cérémonie protocolaire, alors que les spectateurs rassemblés près de la ligne d'arrivée tentaient eux aussi de trouver un abri de fortune face aux intempéries. Les cent quatre vingt trois coureurs encore en lice sur cette quatre vingt unième édition du Tour d'Espagne n'ont donc engrangé ni temps de course supplémentaire ni bonification ce jour-là, une décision saluée par la grande majorité du peloton au vu des conditions extrêmes rencontrées sur les hauteurs du massif pyrénéen.
Le classement général inchangé, Pogačar toujours en rouge
Conséquence directe de cette annulation, le classement général de la Vuelta reste figé sur la base des résultats acquis samedi lors du contre la montre inaugural. Tadej Pogačar conserve donc le maillot rouge de leader, avec neuf secondes d'avance sur le Belge Wout van Aert, de l'équipe Visma Lease a Bike. Un écart particulièrement resserré qui promet une bataille intense dans les jours à venir, notamment lors des premières étapes de montagne qui doivent départager les meilleurs grimpeurs de l'épreuve. Les organisateurs ont assuré que le règlement de l'Union cycliste internationale prévoyait explicitement ce type de scénario en cas de danger avéré pour les coureurs et pour le public, une clause déjà activée à plusieurs reprises ces dernières années sur d'autres grands tours.
La course reprend mardi en terre andorrane
Selon le communiqué diffusé par les organisateurs, « la course reprendra mardi avec un parcours de 104,8 kilomètres autour d'Andorre-la-Vieille ». Une étape qui s'annonce particulièrement sélective, puisqu'elle est ponctuée de trois cols de première catégorie sur un territoire connu pour son relief accidenté et ses routes étroites. Les prévisions météorologiques annoncent cette fois un grand soleil sur la principauté pyrénéenne, ce qui devrait permettre à la course de se dérouler dans des conditions plus classiques, au grand soulagement des équipes et des organisateurs. Ce passage en Andorre marque également la sortie de la Vuelta du territoire français, où elle avait fait escale depuis le grand départ donné à Monaco quelques jours plus tôt.
Une Vuelta déjà marquée par les intempéries en 2026
Cet épisode de grêle n'est pas isolé dans le contexte météorologique de cet été 2026 en France. La même semaine, une tornade a partiellement détruit le village de Pomas, dans l'Aude, blessant trente neuf personnes, et dix neuf départements de la moitié sud du pays ont été placés en vigilance orange pour orages. Le peloton de la Vuelta a ainsi traversé une région soumise à des conditions climatiques extrêmes et changeantes, entre canicule prolongée en juillet et épisodes orageux violents en cette fin du mois d'août. Une situation qui interroge de plus en plus les organisateurs de courses cyclistes sur l'adaptation des calendriers et des parcours face à la multiplication de ces phénomènes météorologiques.
Une édition qui succède à une Vuelta 2025 sous tension
Le contraste est frappant avec l'édition précédente de la course. Un an plus tôt, la Vuelta 2025 avait connu un déroulement largement perturbé par des manifestations propalestiniennes visant la participation de l'équipe Israël Premier Tech, au point que l'ultime étape à Madrid n'avait pas pu être achevée dans des conditions normales. Cette année, ce sont les éléments naturels, et non les tensions géopolitiques, qui ont contraint les organisateurs à intervenir. Une preuve supplémentaire que les grands tours cyclistes doivent composer avec des menaces de nature très différente d'une édition à l'autre, qu'elles soient sécuritaires, sanitaires ou climatiques, et adapter en conséquence leurs protocoles de sécurité.
Les Français en embuscade sur ce Tour d'Espagne
Au delà du duel attendu entre Tadej Pogačar et ses principaux rivaux, plusieurs coureurs tricolores sont annoncés en embuscade sur cette Vuelta 2026, forts d'une saison estivale déjà riche en performances notables pour le cyclisme français. La discipline traverse d'ailleurs une période faste dans l'Hexagone, entre les résultats obtenus sur le Tour de France quelques semaines plus tôt et les titres glanés récemment dans d'autres compétitions internationales, un contexte qui alimente les attentes autour de la délégation française pour les trois semaines de course encore à parcourir jusqu'à l'arrivée finale à Madrid.
Source : d'après Le Monde.
