Arthur Fils a remporté, dimanche 23 août, le Masters 1000 de Cincinnati (Ohio) en battant l'Américain Frances Tiafoe en finale (6-3, 1-6, 6-0). A 22 ans, le Francilien devient le premier joueur français à s'imposer dans cette catégorie du circuit ATP depuis Jo-Wilfried Tsonga à Toronto en 2014, et le plus jeune Français de l'histoire à réaliser une telle performance.
Une finale à rebondissements
Après un premier set solide, Arthur Fils a connu un passage à vide dans le deuxième, largement dominé par Frances Tiafoe. « Je me suis regardé dans le miroir et je me suis dit : "Si tu perds, tu ne peux pas faire pire que ça. Tu dois te battre !" », a-t-il raconté après sa victoire. Une remise en question qui lui a permis de dérouler dans le troisième set, conclu sur un sans-appel 6-0, concluant une rencontre disputée sur près de deux heures et marquée par plusieurs changements de dynamique. Ce cinquième titre en carrière, doté d'un chèque de plus de 9,4 millions de dollars, est de loin le plus prestigieux de son palmarès.
Un enfant de l'Essonne formé dès cinq ans
Né le 12 juin 2004 à Courcouronnes, dans l'Essonne, Arthur Fils a commencé le tennis dès l'âge de cinq ans avec son père Jean-Philippe, originaire d'Haïti. Licencié à Saint-Michel-sur-Orge avant de rejoindre le Centre national d'entraînement de la Fédération française de tennis, il s'impose dès 2020 en junior en remportant le prestigieux tournoi de l'Orange Bowl en Floride, devenant le treizième Français à inscrire son nom à ce palmarès. Il atteint également la finale du simple messieurs de Roland-Garros juniors en 2021, s'inclinant face à son compatriote Luca Van Assche après avoir remporté le titre en double aux côtés de Giovanni Mpetshi Perricard. Passé professionnel en 2021, il décroche son premier titre ATP dès 2023 à Lyon, à seulement 18 ans et 11 mois, avant d'enchaîner deux titres en ATP 500 à Hambourg puis à Tokyo en 2024, année où il atteint aussi les huitièmes de finale de Wimbledon, sa meilleure performance en Grand Chelem à ce jour, et devient numéro un français dès mars 2025 à l'occasion du tournoi d'Indian Wells.
Une performance historique pour le tennis français
Depuis la création du tournoi de Cincinnati en 1899, un seul Français avait réussi à s'imposer avant Arthur Fils : Guy Forget, en 1991, aux dépens de Pete Sampras, alors tenant du titre à l'US Open. Le parcours du Francilien dans cette édition 2026 a été particulièrement solide, avec des victoires face à deux membres du top 10 mondial, l'Australien Alex de Minaur et l'Italien Flavio Cobolli, récent finaliste de Roland-Garros, confirmant sa capacité à hausser son niveau de jeu face aux meilleurs joueurs du circuit sur une surface rapide qui lui convient particulièrement bien.
Une saison 2026 en dents de scie avant le déclic
La saison du Francilien avait pourtant débuté de façon heurtée, avec une finale perdue à Doha face à Carlos Alcaraz en février, puis des sorties prématurées à Indian Wells et Miami où il s'était pourtant hissé en demi-finale. Blessé à la hanche, il avait dû abandonner à Rome et déclarer forfait pour Roland-Garros fin mai, avant un retour discret sur gazon. Mais son titre à Barcelone en avril, acquis face à Andrey Rublev et qui lui avait permis de redevenir numéro un français devant Arthur Rinderknech, avait déjà annoncé le retour en forme confirmé à Cincinnati sous la houlette de son nouvel entraîneur, l'ancien champion croate Goran Ivanisevic, qui a pris les rênes de sa formation depuis le début de l'année.
Un bond au classement avant l'US Open
Grâce à ce sacre, son deuxième titre de la saison après l'ATP 500 de Barcelone en avril, Arthur Fils va effectuer un bond spectaculaire au classement ATP, passant de la 21e à la 11e place mondiale, son meilleur classement en carrière. Une dynamique idéale à quelques jours du coup d'envoi de l'US Open, le 30 août, dernier tournoi du Grand Chelem de l'année, où le Français espère confirmer sa bonne forme retrouvée après une saison marquée par un forfait à Roland-Garros et une élimination précoce à Wimbledon face à l'Italien Matteo Berrettini.
Une nouvelle génération de joueurs français en confiance
Cette victoire à Cincinnati s'inscrit dans une dynamique plus large pour le tennis masculin français, porté depuis plusieurs saisons par une génération de joueurs nés au tournant des années 2000, à l'image d'Ugo Humbert ou de Giovanni Mpetshi Perricard, avec lequel Arthur Fils avait déjà remporté le tournoi junior de Roland-Garros en double en 2021. Elle relance également les espoirs tricolores à l'approche de l'US Open, où Arthur Fils fera figure de prétendant sérieux, fort de la confiance acquise lors de ce tournoi et d'un classement désormais installé dans le top 15 mondial.
Un palmarès qui s'étoffe saison après saison
Avec ce cinquième titre en carrière, dont un seul Masters 1000, trois ATP 500 et un ATP 250, Arthur Fils confirme une progression quasiment ininterrompue depuis ses débuts professionnels en 2021, où il pointait alors au-delà de la 600e place mondiale. Sa marge de progression rapide, entre son premier titre à Lyon en 2023 et ce succès à Cincinnati trois ans plus tard, en fait l'un des piliers annoncés du renouveau du tennis masculin tricolore, aux côtés de son ancien partenaire junior Giovanni Mpetshi Perricard. Le Français avait déjà accumulé plusieurs victoires marquantes contre des membres du top 10 mondial ces dernières saisons, dont Alexander Zverev, Casper Ruud ou encore Félix Auger-Aliassime, prouvant sa capacité à hausser son niveau de jeu dans les grands rendez-vous du circuit.
Source : d'après Le Monde.
Les félicitations affluent après le sacre
Dès la balle de match conclue, les félicitations se sont multipliées sur les réseaux sociaux, à commencer par celles de la Fédération française de tennis, qui a salué « un exploit historique pour le tennis français », et de plusieurs anciens joueurs tricolores comme Yannick Noah ou Gilles Simon. Le ministre des sports a également adressé ses félicitations au jeune Francilien, dont le sacre à Cincinnati intervient à un moment charnière de la saison, entre la fin de la tournée américaine sur dur et le début de l'US Open, dernier tournoi du Grand Chelem de l'année, où Arthur Fils abordera désormais chaque match avec le statut de tête de série susceptible de bousculer la hiérarchie établie du circuit.
