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Économie

Retraite : pourquoi le calcul de la pension change aussi pour certains pères dès le 1er septembre 2026

Un décret publié cet été réduit à 24 ou 23 le nombre de meilleures années retenues pour calculer la retraite des parents, et étend certains droits aux pères bénéficiant de majorations familiales.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 01/09/2026 à 01:43 · 6 min de lecture
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Un père avec son enfant dans un parc public
Photo d'illustration. Crédit : Adam Jones, licence CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.
En bref
Sommaire
  1. Un salaire de référence calculé sur moins d'années
  2. Pourquoi retenir moins d'années augmente la pension
  3. Une mesure pensée d'abord pour réduire l'écart de pension entre hommes et femmes
  4. Pourquoi certains pères sont aussi concernés
  5. Une condition stricte : bénéficier personnellement de la majoration
  6. Jusqu'à deux trimestres supplémentaires pour les carrières longues
  7. Un effet chiffré mais volontairement limité
  8. Ce que cela change concrètement pour un futur retraité
  9. Une réforme qui s'inscrit dans un chantier plus large sur les droits familiaux

Ce mardi 1er septembre 2026 marque l'entrée en vigueur d'une réforme discrète mais concrète du calcul des pensions de retraite. Née des négociations du conclave des retraites à l'été 2025, la mesure devait initialement bénéficier presque exclusivement aux mères de famille. Un décret publié cet été, le décret n° 2026-700, étend toutefois une partie de ces droits à certains pères, à condition qu'ils bénéficient personnellement de majorations ou bonifications liées à leurs enfants. Voici comment fonctionne ce nouveau calcul et qui peut réellement en profiter.

Un salaire de référence calculé sur moins d'années

Le cœur de la réforme touche la façon dont est établi le salaire annuel moyen, la base de calcul de la retraite de base des salariés du régime général. Jusqu'à présent, cette moyenne se calculait sur les 25 meilleures années de carrière. À partir de ce 1er septembre, elle sera établie sur les 24 meilleures années pour les parents ayant eu un enfant, et sur les 23 meilleures années à partir de deux enfants. Concrètement, écarter une ou deux années moins rémunératrices du calcul permet de faire remonter le revenu annuel moyen retenu, et donc, dans de nombreux cas, le montant de la pension finale.

Pourquoi retenir moins d'années augmente la pension

Le mécanisme est simple à comprendre avec un exemple concret. Imaginons un assuré dont les 23 meilleures années affichent chacune 40 000 euros de revenus annuels, tandis que les deux années suivantes, moins favorables, plafonnent à 20 000 euros. Avec 25 années retenues, le revenu annuel moyen s'établit à 38 400 euros. En ne retenant que 23 années, ce revenu moyen grimpe à 40 000 euros, soit 1 600 euros de plus dans la base de calcul de la pension. L'effet final sur le montant versé chaque mois dépendra ensuite de la situation individuelle de chaque assuré, de son taux de liquidation et du nombre de trimestres validés, mais la mécanique joue systématiquement en faveur du bénéficiaire.

Une mesure pensée d'abord pour réduire l'écart de pension entre hommes et femmes

Cette évolution du calcul avait été proposée par les partenaires sociaux dans le cadre du conclave des retraites réuni à l'été 2025, avec un objectif affiché : réduire l'écart persistant entre les pensions des femmes et celles des hommes, largement creusé par les interruptions de carrière liées à la maternité et à l'éducation des enfants. Le gouvernement avait intégré cette mesure dans ses documents préparatoires au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, en l'articulant autour des droits déjà attribués aux parents au titre de l'éducation de leurs enfants.

Pourquoi certains pères sont aussi concernés

Contrairement à une idée reçue largement répandue, les majorations et bonifications de retraite liées aux enfants ne sont pas exclusivement réservées aux mères. Plusieurs dispositifs peuvent aussi bénéficier aux pères : la majoration de durée d'assurance au titre de l'éducation, la majoration pour adoption, la majoration accordée aux parents d'un enfant en situation de handicap, ou encore la majoration pour congé parental. Des pères veufs disposent également de droits spécifiques, et la majoration de pension de 10 % accordée à partir de trois enfants peut, elle aussi, concerner directement les hommes. Dès lors que ces droits ont été personnellement attribués à un père, celui-ci entre dans le champ du nouveau mode de calcul à partir du 1er septembre 2026.

Une condition stricte : bénéficier personnellement de la majoration

« Le père doit avoir bénéficié de cette majoration de durée d'assurance pour être concerné par ce nouveau mode de calcul », précise Gaëtan Cochard, directeur du développement et expert retraite chez Kereis Expertises, après vérification du décret. Le simple fait d'être père d'un ou plusieurs enfants ne suffit donc pas automatiquement à ouvrir droit au nouveau calcul. Il faut avoir obtenu, à un moment de sa carrière, l'un des droits familiaux visés par le texte, ce qui exclut de fait une partie des pères qui n'ont jamais sollicité ou obtenu ces trimestres et majorations, souvent perçus comme des dispositifs réservés aux mères.

Jusqu'à deux trimestres supplémentaires pour les carrières longues

La réforme comporte un second volet, qui concerne cette fois le dispositif de départ anticipé pour carrière longue. À compter du 1er septembre 2026, certaines majorations ou bonifications accordées au titre des enfants pourront être comptabilisées dans la durée cotisée exigée pour bénéficier de ce départ anticipé, dans la limite de deux trimestres par assuré. Le décret n° 2026-700 vise explicitement à réduire les inégalités d'accès à ce dispositif entre les femmes et les hommes. Important : il ne s'agit pas de trimestres accordés en plus, mais de droits déjà détenus par l'assuré qui pourront désormais être pris en compte dans le calcul de la durée cotisée nécessaire pour partir plus tôt.

Un effet chiffré mais volontairement limité

Dans ses documents préparatoires au projet de budget de la Sécurité sociale 2026, le gouvernement avait lui-même anticipé un impact mesuré de la réforme. La prise en compte de 24 ou 23 des meilleures années de salaire devrait augmenter en moyenne de 1 % la pension des femmes concernées, pour un coût estimé pour le système de retraite passant de 0,2 milliard d'euros en 2030 à 2,2 milliards d'euros en 2050. Concernant la retraite anticipée pour carrière longue, l'exécutif estimait qu'en 2028, au moment de l'effet maximal de la mesure, environ 12 000 personnes seraient concernées, pour un coût annuel avoisinant 200 millions d'euros à partir de 2027.

Ce que cela change concrètement pour un futur retraité

Pour un assuré qui prend sa retraite après le 1er septembre 2026 et qui remplit les conditions décrites plus haut, le changement est automatique : la caisse de retraite applique directement le nouveau mode de calcul lors de la liquidation du dossier, sans démarche supplémentaire à effectuer. Les personnes concernées n'ont donc rien à demander explicitement, à condition d'avoir déjà fait valoir, au fil de leur carrière, les droits familiaux qui leur ouvrent l'accès à cette évolution. Il reste néanmoins conseillé de vérifier son relevé de carrière sur le site officiel de l'Assurance retraite pour s'assurer que les trimestres et majorations liés aux enfants ont bien été enregistrés, une vérification d'autant plus utile pour les pères, dont ces droits sont historiquement moins souvent réclamés que ceux des mères.

Une réforme qui s'inscrit dans un chantier plus large sur les droits familiaux

Cette évolution du 1er septembre ne constitue qu'un chapitre d'un chantier plus vaste engagé depuis plusieurs mois autour des droits familiaux de retraite. Le Conseil d'orientation des retraites planche depuis un moment sur une possible réforme d'ensemble des trimestres pour enfants et des majorations de pension, avec l'objectif déclaré de rendre ces dispositifs plus équitables entre les parents, quel que soit leur sexe, tout en maîtrisant leur coût pour les régimes. D'autres mesures, notamment autour de la surcote accordée aux mères de famille à partir de 63 ans ou de la pension de réversion, restent en discussion et pourraient encore évoluer dans les prochains mois, à mesure que le débat budgétaire pour 2027 avance au Parlement.

Sources : Capital.fr, 20 Minutes avec AFP.

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