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Fusillade à Marseille : un mort et quatre blessés, le tireur en fuite

Un jeune homme de 20 ans a été tué et quatre autres personnes blessées après qu'un passager de deux roues a ouvert le feu sur la terrasse d'un bar du 3e arrondissement de Marseille, samedi soir.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 31/08/2026 à 10:36 · 7 min de lecture
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Hôtel de police de Marseille, photo d'illustration
Photo d'illustration.
En bref
Sommaire
  1. Une attaque en pleine terrasse peu après minuit
  2. Une enquête ouverte pour meurtre et association de malfaiteurs
  3. Le quartier de la cité Bel Horizon, épicentre des tensions
  4. Un déplacement géographique du trafic vers le centre ville
  5. Une guerre de territoires évoquée par le parquet
  6. Le contexte plus large du narcotrafic marseillais
  7. Les prochaines étapes de l'enquête
  8. Source

Une nouvelle fusillade a endeuillé Marseille dans la nuit de samedi à dimanche. Un jeune homme de 20 ans a été tué et quatre autres personnes ont été blessées, dont deux dans un état critique, après qu'un passager de deux roues a ouvert le feu sur la terrasse d'un bar du 3e arrondissement. Le tireur, activement recherché, reste en fuite.

Une attaque en pleine terrasse peu après minuit

Les faits se sont produits samedi soir, peu après minuit, à la terrasse d'un bar du 3e arrondissement de Marseille. Selon les informations recueillies par les autorités, le passager d'un deux roues a ouvert le feu sur un groupe de personnes attablées avant de prendre la fuite avec le conducteur du véhicule. La scène, en pleine nuit dans un quartier animé, a semé la panique parmi les clients et les riverains.

Les marins pompiers de Marseille, rapidement dépêchés sur place, ont dénombré cinq victimes au total. Un jeune homme de 20 ans est mort des suites de ses blessures. Parmi les quatre autres blessés, un adolescent considéré comme mineur a pris la fuite avant l'arrivée des secours, sans que son état de santé exact soit connu à ce stade. Les trois derniers blessés, âgés de 18 à 23 ans, ont été transportés à l'hôpital, dont deux placés en urgence absolue en raison de la gravité de leurs blessures.

Une enquête ouverte pour meurtre et association de malfaiteurs

Le parquet de Marseille a indiqué avoir ouvert une enquête en flagrance des chefs de meurtre, tentative de meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs. Cette qualification juridique lourde traduit la conviction des enquêteurs que cette fusillade s'inscrit dans un contexte de règlements de comptes lié au narcobanditisme, un fléau qui gangrène certains quartiers de la cité phocéenne depuis plusieurs années.

Le tireur, toujours activement recherché par les forces de l'ordre, n'a pas encore été identifié publiquement. Les enquêteurs de la police judiciaire s'appuient notamment sur les caméras de vidéosurveillance du secteur et les témoignages des personnes présentes sur la terrasse au moment des faits pour tenter de reconstituer le déroulé précis de l'attaque et d'en identifier les auteurs.

Le quartier de la cité Bel Horizon, épicentre des tensions

La fusillade s'est déroulée rue d'Amiens, non loin de la cité Bel Horizon, un secteur connu pour abriter plusieurs points de deal disputés entre différents réseaux criminels. Ce n'est pas la première fois que ce quartier est le théâtre de violences armées ces derniers jours. Mardi dernier, un homme d'une cinquantaine d'années avait déjà été pris pour cible dans ce même secteur par deux hommes circulant en scooter, qui avaient ouvert le feu à plusieurs reprises avant de prendre la fuite. Grièvement blessé à l'aine et au bras, la victime avait été hospitalisée avec un pronostic vital engagé.

Cette répétition d'incidents violents dans un périmètre restreint alimente les inquiétudes des riverains et des associations de quartier, qui dénoncent depuis des mois un sentiment d'insécurité grandissant lié à la présence de trafics organisés. Les habitants de la cité Bel Horizon vivent au quotidien avec la crainte de se retrouver, comme cette fois encore, au mauvais endroit au mauvais moment.

Un déplacement géographique du trafic vers le centre ville

Selon les données officielles, le narcobanditisme a coûté la vie à 17 personnes en 2025 à Marseille, un chiffre certes en baisse par rapport aux années précédentes, mais qui reste alarmant pour une ville qui tente depuis plusieurs années de reprendre le contrôle de ses quartiers les plus exposés au trafic de stupéfiants. Si les points de deal ont largement diminué dans les quartiers nord de la ville, longtemps considérés comme l'épicentre du narcotrafic marseillais, ils se sont en réalité multipliés dans le centre ville, notamment dans le secteur de la gare Saint Charles, situé entre le 1er et le 3e arrondissement.

Ce déplacement géographique du trafic vers des zones plus centrales et plus densément peuplées inquiète particulièrement les autorités, car il expose un nombre croissant de riverains et de passants à des règlements de comptes qui, historiquement, restaient cantonnés à des cités périphériques plus isolées. La fusillade de ce week end, survenue à la terrasse d'un bar fréquenté, illustre cette évolution préoccupante.

Une guerre de territoires évoquée par le parquet

En début d'année, le procureur de Marseille Nicolas Bessone avait évoqué l'existence d'une véritable guerre de territoires dans le 3e arrondissement, opposant une organisation criminelle issue de cet arrondissement et très fortement implantée localement à l'organisation criminelle hégémonique sur Marseille, qui chercherait à y étendre son influence. Cette dernière formulation constitue une allusion à peine voilée à la DZ Mafia, l'un des réseaux de trafic de stupéfiants les plus puissants et les plus violents de la région marseillaise ces dernières années.

Cette rivalité territoriale, si elle se confirme comme étant à l'origine de la fusillade de samedi soir, s'inscrirait dans une longue série d'affrontements armés entre organisations criminelles rivales qui se disputent le contrôle des points de deal les plus lucratifs de la ville. Les enquêteurs devront désormais déterminer si les victimes de cette nuit étaient directement visées en raison de leur appartenance à l'un de ces réseaux, ou si elles ont simplement eu la malchance de se trouver sur la trajectoire des tirs.

Le contexte plus large du narcotrafic marseillais

Marseille demeure, malgré les efforts répétés des autorités locales et nationales, l'une des villes françaises les plus touchées par les violences liées au trafic de stupéfiants. Les affaires judiciaires se multiplient, à l'image du récent démantèlement d'un réseau de blanchiment d'argent ayant permis la saisie de plusieurs millions d'euros, ou encore de mises en examen pour des tirs mortels à travers la porte d'un appartement. Plusieurs élus locaux ayant dénoncé publiquement l'emprise de ces réseaux sur certains territoires ont eux mêmes dû faire l'objet de mesures de protection rapprochée avant de pouvoir progressivement reprendre une vie plus normale.

Ces différentes affaires, bien que géographiquement dispersées, témoignent de la portée que peut prendre le narcobanditisme originaire de Marseille, capable de menacer des personnalités locales à des centaines de kilomètres de la cité phocéenne. L'enquête sur l'assassinat de Mehdi Kessaci, qui avait déjà conduit à la mise en examen et à l'écrou de plusieurs suspects, illustre également l'ampleur des moyens judiciaires mobilisés pour tenter de démanteler ces réseaux.

Les prochaines étapes de l'enquête

Dans l'immédiat, les enquêteurs vont chercher à exploiter chaque indice disponible, qu'il s'agisse des images de vidéosurveillance, des relevés téléphoniques ou des témoignages recueillis auprès des clients et employés du bar visé. L'identification du conducteur et du tireur du deux roues constitue la priorité absolue, tout comme la détermination du mobile exact de cette attaque, qui pourrait relever d'un règlement de comptes ciblé ou d'une action plus large destinée à marquer le territoire face à une organisation rivale.

Le pronostic vital de deux des blessés restant engagé, le bilan humain de cette fusillade pourrait malheureusement encore s'alourdir dans les prochains jours. Les autorités locales, déjà confrontées à une pression sécuritaire constante, devront une nouvelle fois démontrer leur capacité à rassurer une population marseillaise lasse de voir son quotidien rythmé par ces épisodes de violence armée récurrents.

Source

Informations d'après 20 Minutes avec AFP.

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#Marseille#fusillade#narcotrafic#faits divers#police
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