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Préparer une assemblée générale : checklist complète 2025

Checklist complète pour préparer votre assemblée générale de copropriété : convocations, quorum, ordre du jour, votes et PV. Guide pratique 2025.

Illustration du guide : Préparer une assemblée générale : checklist complète 2025 - Catégorie Copropriété

Préparer son Assemblée Générale de copropriété : le guide complet

L’Assemblée Générale (AG) est le moment le plus important de la vie d’une copropriété. Une fois par an, tous les copropriétaires sont invités à se réunir pour prendre les décisions qui vont orienter l’avenir de l’immeuble : validation des comptes, vote du budget, travaux à engager, changements de contrats, éventuelles modifications du règlement, désignation du syndic, etc.

C’est aussi un moment humain : les copropriétaires s’y croisent, échangent, s’informent, se mettent d’accord… ou s’opposent. Une AG peut être fluide, constructive et efficace comme elle peut être confuse, tendue, voire annulée pour vices de forme si elle est mal organisée.

La différence entre ces deux scénarios se joue rarement le soir même : elle se joue dans la préparation. Plus l’AG est correctement anticipée, plus les décisions sont claires, sécurisées et acceptées.


Pourquoi bien préparer son Assemblée Générale est crucial ?

L’Assemblée Générale (AG) est le « parlement » de la copropriété. Toutes les grandes décisions y sont prises collectivement, selon des règles encadrées par la loi. On y vote notamment :

  • La validation des comptes de l’exercice écoulé ;
  • Le budget prévisionnel pour l’année à venir ;
  • Les travaux d’entretien, de rénovation ou d’amélioration ;
  • Le renouvellement ou le changement de prestataires (assurance, ménage, ascenseur, chauffage…) ;
  • Les modifications éventuelles du règlement de copropriété ;
  • La désignation ou le renouvellement du syndic ;
  • La nomination du conseil syndical, quand il existe.

Une Assemblée Générale bien préparée garantit :

  • Une prise de décision claire grâce à un ordre du jour structuré, compréhensible, avec des résolutions bien rédigées.
  • Une participation plus élevée car les copropriétaires savent à l’avance ce qui sera discuté et se sentent concernés.
  • Une meilleure sécurité juridique en respectant les délais, les formes, les pièces obligatoires et les règles de majorité.
  • Une gestion fluide après l’AG car les décisions votées sont précises, réalisables et suivies dans le temps.
  • Un climat plus serein entre copropriétaires, grâce à la transparence, l’anticipation et l’absence de surprises.

À l’inverse, une AG mal préparée peut provoquer :

  • des incompréhensions sur les enjeux financiers ou techniques,
  • des tensions et des débats confus,
  • des votes mal rédigés, difficiles à appliquer,
  • des contestations devant le tribunal,
  • voire l’annulation pure et simple de certaines résolutions.

Préparer son AG, ce n’est donc pas seulement « envoyer des convocations ». C’est poser les bases d’une décision collective de qualité.


La checklist complète des 30 jours avant l’AG

Une AG ne s’improvise pas. Chaque étape, depuis la rédaction de l’ordre du jour jusqu’à l’envoi des convocations, est encadrée par la loi et obéit à des délais stricts. Une erreur dans la forme peut suffire à fragiliser les décisions.

Voici une méthode de préparation, étape par étape, pour organiser une Assemblée Générale solide, lisible et valable juridiquement.

J-45 à J-30 : Recueillir les demandes et préparer la matière de l’AG

Avant même de rédiger l’ordre du jour, il est recommandé de :

  • Faire un point avec le conseil syndical sur les sujets à inscrire : travaux, problèmes récurrents, contrats.
  • Recenser les demandes de copropriétaires souhaitant inscrire une question à l’ordre du jour (leur demande doit parvenir suffisamment tôt).
  • Collecter les devis nécessaires pour les travaux ou changements de prestataires envisagés.
  • Finaliser les comptes de l’exercice avec leurs annexes réglementaires.

Cette phase de préparation est souvent invisible, mais elle conditionne directement la qualité de l’ordre du jour.

J-30 : Rédiger un ordre du jour clair, complet et conforme à la loi

L’ordre du jour est le cœur de votre AG. Aucun vote ne peut être réalisé sur un sujet qui n’y figure pas. Il doit donc être rédigé avec soin et être suffisamment explicite pour que chaque copropriétaire sache précisément :

  • de quoi il est question,
  • quelle décision est proposée,
  • quel impact cela peut avoir (financier, technique, juridique).

Pour un ordre du jour complet, pensez à intégrer au minimum :

  • L’approbation des comptes ;
  • Le vote du budget prévisionnel ;
  • Les travaux proposés (urgents, nécessaires, amélioration, mise aux normes) ;
  • Les contrats : renouvellement, mise en concurrence, changement ;
  • Les points relatifs au syndic ;
  • Les questions diverses reçues dans les délais.

L’ordre du jour peut mentionner la majorité requise pour chaque résolution (articles 24, 25, 26, unanimité).

Il doit enfin être rédigé de manière précise, par exemple : « Vote des travaux de réfection de la toiture : choix de l’entreprise X pour Y € TTC, financés par appel de fonds exceptionnel. »

J-23 : Envoi réglementaire des convocations (voie électronique)

La loi impose un délai minimum de 21 jours francs entre la notification de la convocation et la date de l’AG. Afin de garantir ce délai en cas d’envoi électronique, l’envoi doit être effectué au plus tard à J-23.

Pour un envoi postal, il est recommandé de prévoir un délai plus large : J-25 à J-30 pour sécuriser la date de réception.

Les modes d’envoi possibles sont :

  • Lettre recommandée avec AR ;
  • Remise en main propre contre signature ;
  • Notification électronique (avec accord préalable du copropriétaire).

La convocation doit obligatoirement contenir :

  • La date, l’heure et le lieu de l’AG ;
  • L’ordre du jour complet ;
  • Les documents nécessaires : comptes, annexes, devis, projets de contrats, notes explicatives, etc. ;
  • Un formulaire de pouvoir ;
  • La liste des copropriétaires (ou les éléments exigés par la loi) ;
  • Les modalités de participation et de représentation.

Toute erreur dans la convocation (délais, contenu, ordre du jour flou) peut rendre contestable l’AG.


Comment garantir le quorum le jour de l'AG ?

Le quorum correspond au nombre minimum de voix représentées pour que certaines décisions puissent être votées. Il est déterminant notamment pour les résolutions relevant de la majorité absolue (article 25).

Pour ces résolutions, il faut :

  • au moins la majorité de toutes les voix de la copropriété.

Si ce seuil n’est pas atteint :

  • La résolution est rejetée, ou
  • Une seconde consultation peut être organisée (souvent immédiatement).

Pour la majorité simple (article 24), seules les voix présentes ou représentées comptent.

Faciliter le quorum grâce à la préparation

Une AG bien préparée augmente significativement la participation. Un ordre du jour clair, une communication transparente et des documents disponibles en avance améliorent la mobilisation.


J-14 : Relancer les copropriétaires pour assurer une participation optimale

Dans de nombreuses copropriétés, la participation est faible, surtout lorsque les lots sont loués ou que les copropriétaires habitent loin.

Pour améliorer la participation :

  • Envoyez une relance à J-14 ou J-10 ;
  • Expliquez les enjeux : travaux, charges, urgences ;
  • Encouragez les pouvoirs ;
  • Simplifiez l’accès aux documents.

Une simple relance peut parfois doubler la participation.


Que faire le jour J ?

Le jour de l’AG, une bonne organisation est essentielle pour garantir un déroulement fluide et conforme à la loi.

1. Avant l’ouverture de séance

  • La feuille de présence : signée par chaque copropriétaire ;
  • Les pouvoirs : vérification selon les règles ;
  • Le tableau des voix : tenir les décomptes.

2. Ouverture de l’Assemblée et désignation des rôles

  • Président de séance ;
  • Secrétaire de séance ;
  • Scrutateurs si besoin.

3. Déroulement des résolutions

  • Présentation du sujet ;
  • Questions éventuelles ;
  • Vote ;
  • Enregistrement des résultats.

Voter à la Double Majorité (article 26)

Certaines décisions exigent une double majorité :

  • La majorité de tous les copropriétaires ;
  • Et au moins 2/3 des voix.

Cela concerne notamment les gros travaux d’amélioration ou transformations de parties communes.


Après l’AG : procès-verbal, contestations et suivi des décisions

1. Le procès-verbal

Le secrétaire (ou le syndic) rédige le procès-verbal, qui doit refléter fidèlement les décisions votées.

  • Résultats des votes ;
  • Réserves éventuelles ;
  • Noms des opposants/abstentionnistes (si exigé).

2. Contestation d’une AG

Un copropriétaire peut contester une résolution s’il estime qu’elle viole la loi ou le règlement.

  • Délais non respectés ;
  • Ordre du jour imprécis ;
  • Pièces manquantes ;
  • Erreur de majorité ;
  • Défaut de quorum.

3. Suivi des décisions

  • Lancer les travaux votés ;
  • Appliquer le budget ;
  • Mettre en œuvre les changements ;
  • Travailler avec le conseil syndical.

Conclusion : une AG réussie se prépare longtemps à l’avance

L’Assemblée Générale est un moment de démocratie collective. Une préparation sérieuse permet d’éviter les litiges, d’impliquer les copropriétaires et de sécuriser les décisions parfois lourdes financièrement.

À l’inverse, une AG improvisée peut générer tensions, blocages et procédures coûteuses.

Investir du temps dans la préparation, c’est protéger la copropriété et le patrimoine de chacun. Une AG réussie n’est jamais un hasard : c’est le résultat d’un travail en amont.

Équipe SyndicOS

Experts en gestion de copropriété et accompagnement des syndics.