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Copropriété et voisinage : gérer les nuisances, troubles et recours en 2025

Guide complet sur les troubles de voisinage en copropriété : nuisances sonores, olfactives, animaux, recours amiables et judiciaires.

Illustration du guide : Copropriété et voisinage : gérer les nuisances, troubles et recours en 2025 - Catégorie Copropriété

Les différents types de troubles de voisinage

En copropriété, la promiscuité inhérente à la vie collective peut créer des tensions. Le droit français, et notamment la théorie du trouble anormal de voisinage, encadre ces situations. Il s’agit d’assurer la tranquillité de chacun tout en tenant compte des inconvénients normaux de la vie en immeuble. Les troubles peuvent être sonores, olfactifs, visuels, comportementaux ou liés à un usage inadapté des lots privatifs.

Les nuisances sonores

Le bruit constitue la première cause de conflit dans les copropriétés. La loi considère comme nuisances les bruits excédant les inconvénients normaux de voisinage.

Les bruits excessifs du quotidien

Sont généralement considérés comme des nuisances sonores lorsque leur intensité, leur durée ou leur répétition dépassent la normale :

  • musique ou télévision à volume élevé ;
  • cris, disputes, fêtes répétées ;
  • bruits de pas amplifiés par l’absence de revêtement approprié ;
  • déplacements de meubles fréquents ou aux horaires nocturnes ;
  • usage d’appareils bruyants (aspirateur, perceuse) à des horaires inadaptés.

L’anormalité s’apprécie selon l’intensité, la durée, la répétition, le contexte (heure de la journée), l’isolation et l’usage normal du logement.

Les nuisances liées aux travaux

Les travaux privatifs génèrent inévitablement des bruits, mais ceux-ci doivent respecter :

  • les horaires fixés dans le règlement de copropriété ;
  • les arrêtés municipaux (souvent 8h-20h en semaine, 9h-12h le samedi, interdiction le dimanche) ;
  • l’obligation d’informer au préalable les voisins et le syndic.

Les seuils légaux

Selon le Code de la santé publique, un bruit est considéré comme un trouble s’il dépasse une émergence de :

  • +5 dB le jour (7h-22h),
  • +3 dB la nuit (22h-7h).

En pratique, si un bruit est nettement perceptible et gênant chez le voisin, même sans mesure acoustique, il peut constituer un trouble anormal.

Les solutions pour les nuisances sonores

Les recours progressifs sont :

  • dialogue avec le voisin ;
  • intervention du conseil syndical ou du syndic ;
  • mise en demeure par lettre recommandée ;
  • constat d’huissier (preuve essentielle) ;
  • saisine du tribunal pour faire cesser le trouble, imposer l’isolation ou obtenir des dommages-intérêts.

Les nuisances olfactives

Les odeurs peuvent également constituer un trouble anormal lorsque leur intensité et leur répétition dépassent les tolérances normales.

Les sources courantes

  • odeurs de cuisine persistantes dues à une VMC défaillante ;
  • fumée de tabac (intérieure ou depuis un balcon) ;
  • odeurs d’animaux (urine, litière) ;
  • poubelles ou déchets mal stockés ;
  • moisissures dues à l’humidité.

Le cas particulier du tabagisme

Il est légal de fumer chez soi, mais si la fumée envahit de manière répétée le voisinage via les aérations, fenêtres ou conduits, le trouble peut être reconnu. Le juge peut ordonner :

  • des travaux d’étanchéité ;
  • la limitation de l’usage du balcon pour fumer ;
  • des dommages-intérêts.

Les recours possibles

  • témoignages et constats ;
  • mise en demeure ;
  • expertise technique ;
  • action en justice pour faire cesser le trouble.

Les troubles liés aux animaux

Les animaux domestiques sont autorisés, mais leur comportement peut générer des troubles anormaux.

Les aboiements excessifs

Les aboiements incessants, notamment lors de l’absence du maître, constituent un trouble sanctionné par les tribunaux.

Les odeurs et problèmes d’hygiène

Déjections sur les balcons, absence d’entretien, odeurs fortes : ces situations peuvent entraîner une mise en demeure puis une procédure.

Les animaux dangereux

Les chiens de catégorie 1 ou 2 sont très encadrés. Tout comportement agressif engage la responsabilité du propriétaire.

Les recours

  • rappel à l’ordre du propriétaire ;
  • intervention du syndic ;
  • constat d’huissier ;
  • action en justice pouvant aller jusqu’à l’interdiction de détenir l’animal.

Les troubles visuels et esthétiques

Certains comportements nuisent à l’apparence de l’immeuble.

Les installations non conformes

  • changement de fenêtres non autorisé ;
  • climatiseur visible depuis l’extérieur ;
  • antenne ou parabole non déclarée ;
  • fermeture de balcon sans vote en AG ;
  • stockage d’objets sur balcon.

Le défaut d’entretien

Volets cassés, peintures en ruine, vitres brisées… Le copropriétaire peut être contraint d’entretenir l’aspect extérieur de son lot.

Sanctions

  • mise en demeure ;
  • astreinte ;
  • action judiciaire pour remise en conformité.

Les troubles liés à l’usage anormal d’un lot

Certains usages créent des nuisances lorsqu’ils dépassent les limites normales ou sont contraires à la destination de l’immeuble.

Les activités professionnelles gênantes

Va-et-vient de clients, bruit, stockage, non-conformité avec le règlement : ces activités peuvent être interdites.

Les locations saisonnières intensives

Airbnb peut générer :

  • rotations incessantes ;
  • bruits nocturnes ;
  • dégradations ;
  • non-respect du règlement.

Beaucoup de règlements les restreignent désormais.

Les travaux non autorisés

Abattement de murs porteurs, modifications de façades, changement de destination : ces travaux peuvent être ordonnés en remise en état.

La notion de trouble anormal de voisinage

Le trouble anormal n’a pas besoin de faute : seule la gêne excessive compte.

Les critères

  • intensité ;
  • durée ;
  • répétition ;
  • caractère évitable ;
  • contexte des lieux.

Responsabilité sans faute

Le voisin doit réparer le préjudice même s’il n’a pas commis de faute volontaire.

Les limites

  • inconvénients normaux de l’immeuble ;
  • troubles préexistants connus avant l’achat ;
  • travaux autorisés par permis.

Les procédures amiables

Dialogue direct

Souvent suffisant : explication calme, recherche d’un compromis.

Médiation interne

Intervention du syndic ou du conseil syndical.

Médiation professionnelle

Un médiateur neutre peut aider à trouver un accord (100 à 300 €/séance).

Conciliation de justice

Gratuite, rapide, et l’accord peut être homologué par le juge.

Les recours judiciaires

Constitution du dossier

  • constats d’huissier ;
  • témoignages ;
  • photos, vidéos (légales) ;
  • mises en demeure ;
  • expertise si nécessaire.

Référé (urgence)

Pour faire cesser un trouble grave rapidement : interdiction, astreinte, travaux imposés.

Action au fond

Pour obtenir réparation et cessation définitive : procédure plus longue.

Exécution

Saisies, astreintes, huissier : le juge peut imposer la conformité.

Le rôle du syndic

Obligation d’intervention

Le syndic doit intervenir lorsqu’un trouble affecte la copropriété ou les parties communes.

Limites

Il ne peut pas agir dans un conflit strictement privé sans mandat.

Prise en charge des frais

  • trouble collectif → copropriété ;
  • trouble privé → plaignant ;
  • fautif condamné → remboursement possible.

Assurances et protection juridique

Protection juridique

Elle couvre avocat, expertise et huissier (jusqu’à 10 000 € selon les contrats).

Assurance de la copropriété

Couvre les litiges liés aux parties communes, mais rarement les conflits entre voisins.

Prévention des conflits

Respect du règlement

Base indispensable : horaires, animaux, travaux, usage des parties communes.

Communication

Informer avant travaux, prévenir en cas de gêne, rester courtois.

Isolation phonique

Moquette, sous-couche, double vitrage : prévention efficace.

Règlement intérieur détaillé

Il clarifie les règles et évite les ambiguïtés.

Cas particuliers

Locataires

Le bailleur est responsable des troubles causés par son locataire.

Défauts de l’immeuble

Si la nuisance provient de l’immeuble (VMC, isolation, équipements), c’est à la copropriété de réaliser les travaux.

Parties communes

Local poubelles bruyant, chaufferie, ascenseur, parking mal éclairé : travaux d’amélioration à engager.

Équipe SyndicOS

Experts en gestion de copropriété et accompagnement des syndics.