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Technologie

Cyberattaque : le site « Zéro logement vacant » du ministère du Logement piraté

Le groupe de pirates ZeroBytes revendique le vol de près de 149 millions d'enregistrements sur la plateforme gouvernementale « Zéro logement vacant », quelques semaines après le piratage du fisc.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 31/08/2026 à 12:41 · 7 min de lecture
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Illustration de cybersécurité, cadenas sur fond de circuit imprimé
Le groupe ZeroBytes revendique le piratage de la plateforme « Zéro logement vacant ».
En bref
Sommaire
  1. Un site du ministère du Logement inaccessible
  2. Près de 149 millions d'enregistrements revendiqués
  3. Quelles données auraient été dérobées
  4. Un mode opératoire déjà connu, le piratage du fisc
  5. Qui est ZeroBytes
  6. Une exécutif déjà sous pression sur le risque numérique
  7. Le précédent du dossier fiscal, source d'inquiétude persistante
  8. Un enjeu de cybersécurité qui dépasse la seule administration française
  9. Les réflexes recommandés aux personnes concernées
  10. Les suites attendues de l'enquête
  11. Le rôle grandissant de la plateforme « Zéro logement vacant »

Après le fisc, un nouveau site de l'État français dans le viseur des pirates informatiques. Le groupe ZeroBytes, déjà responsable du piratage massif des données fiscales de 678 000 contribuables cet été, revendique désormais le vol de près de 149 millions d'enregistrements sur la plateforme « Zéro logement vacant », rattachée au ministère de la Ville et du Logement.

Un site du ministère du Logement inaccessible

Le site « Zéro logement vacant », rattaché au ministère de la Ville et du Logement, était inaccessible dimanche après la revendication par les pirates d'une cyberattaque massive de données hébergées sur la plateforme, révélée par le site spécialisé French Breaches. Interrogé par l'AFP, le ministère n'a pas souhaité communiquer à ce stade sur l'ampleur exacte de l'incident ni sur les mesures prises pour sécuriser à nouveau la plateforme. Cette indisponibilité prolongée du service laisse craindre que l'intrusion ait nécessité une intervention technique de fond, bien au-delà d'une simple mise à jour de sécurité.

Près de 149 millions d'enregistrements revendiqués

Selon French Breaches, qui documente les cyberattaques commises en France, le groupe de pirates ZeroBytes affirme avoir récupéré près de 149 millions d'enregistrements bruts sur la plateforme, lui permettant d'accéder aux données des propriétaires et des utilisateurs du service. Les enquêteurs soulignent toutefois que les fichiers exfiltrés peuvent contenir des doublons, ce qui rend l'estimation du nombre réel de personnes concernées plus complexe à établir avec certitude à ce stade de l'enquête.

Quelles données auraient été dérobées

Les fichiers pourraient ainsi contenir des noms et prénoms, des dates de naissance, des adresses postales et différents identifiants associés aux propriétaires ou aux biens immobiliers enregistrés sur « Zéro logement vacant », un service numérique de l'État destiné à accompagner les collectivités locales pour remettre les logements vacants sur le marché locatif. Ce type de données, croisant identité et patrimoine immobilier, alimente des craintes légitimes de démarchage frauduleux ou de tentatives d'usurpation d'identité ciblant spécifiquement des propriétaires de biens vacants, une population parfois déjà fragilisée financièrement.

Un mode opératoire déjà connu, le piratage du fisc

Ce nouvel épisode intervient seulement quelques jours après que ZeroBytes a revendiqué le piratage des données du fisc, survenu fin juin et fin juillet, qui concerne au moins 678 000 particuliers et professionnels selon la Direction générale des finances publiques. Ce précédent avait déjà provoqué une vague d'inquiétude chez les contribuables concernés, certains envisageant des recours judiciaires pour obtenir réparation face à ce qu'ils perçoivent comme une négligence de l'État dans la protection de leurs données personnelles.

Qui est ZeroBytes

Apparu publiquement cet été, le pseudonyme ZeroBytes est depuis associé à une série de fuites de données ayant touché aussi bien des entreprises privées qu'une fédération sportive. Le pirate affirme aujourd'hui être également derrière l'intrusion ayant concerné les 678 000 contribuables évoquée plus haut, ainsi qu'une attaque contre les systèmes de l'Éducation nationale révélée fin juillet. Selon les experts qui suivent son activité, ZeroBytes semble agir avant tout par appât du gain, l'argent restant sa principale motivation revendiquée, plutôt que par idéologie politique ou volonté de déstabilisation institutionnelle.

Une exécutif déjà sous pression sur le risque numérique

Cette nouvelle attaque relance immédiatement le débat sur la vulnérabilité numérique des administrations françaises. Dès le piratage du fisc révélé à la mi août, les oppositions politiques avaient dénoncé l'inaction et l'impréparation de l'État, s'inquiétant que la France ne devienne une véritable passoire numérique face à des groupes de cybercriminels toujours plus organisés. Matignon avait alors assuré vouloir renforcer la réplique face aux hackeurs, sans que des mesures concrètes et immédiatement visibles n'aient pu empêcher ce nouvel incident, ce qui alimente la critique d'un manque de réactivité structurel des services de l'État.

Le précédent du dossier fiscal, source d'inquiétude persistante

Après l'annonce du piratage du fisc, plusieurs contribuables concernés avaient témoigné de leur peur de se faire arnaquer, redoutant des tentatives de phishing ciblées exploitant leurs données personnelles authentiques pour paraître crédibles. Certains avaient déjà entamé des démarches pour envisager des recours contre l'État, estimant que la protection de leurs données n'avait pas été assurée avec la rigueur attendue d'une administration publique. Ce nouvel épisode autour de « Zéro logement vacant » risque de raviver ces mêmes craintes chez une nouvelle catégorie de citoyens, les propriétaires de biens vacants, potentiellement moins nombreux mais tout aussi exposés.

Un enjeu de cybersécurité qui dépasse la seule administration française

Le cas français n'est pas isolé. D'autres pays européens ont connu des vagues comparables de cyberattaques visant des institutions publiques ou des infrastructures sensibles ces derniers mois, certains États ayant investi massivement dans la cyberdéfense après avoir eux-mêmes subi des offensives numériques d'ampleur par le passé. Ces exemples internationaux montrent qu'une stratégie de cyberdéfense efficace repose autant sur la modernisation technique des systèmes d'information que sur une véritable culture de la sécurité diffusée à tous les niveaux des administrations, des agents de terrain jusqu'aux directions ministérielles.

Les réflexes recommandés aux personnes concernées

En attendant des précisions officielles du ministère de la Ville et du Logement sur l'ampleur exacte de la fuite, les autorités rappellent les bonnes pratiques habituelles face à ce type d'incident. Il convient de se montrer particulièrement méfiant envers tout message, appel ou courrier électronique inhabituel se référant à un bien immobilier vacant, de ne jamais communiquer de coordonnées bancaires par téléphone ou par mail, et de vérifier systématiquement l'identité de son interlocuteur avant toute démarche administrative en ligne. La Commission nationale de l'informatique et des libertés recommande également de surveiller ses comptes et relevés dans les semaines suivant la révélation d'une fuite de données de cette ampleur.

Les suites attendues de l'enquête

À ce stade, ni le ministère ni les autorités judiciaires n'ont confirmé officiellement l'ampleur exacte des données réellement compromises, la vérification technique d'une revendication de piratage prenant généralement plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Une procédure judiciaire pourrait être ouverte dans les prochains jours, à l'image de celle engagée après le piratage du fisc, avec la mobilisation probable de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information pour évaluer les failles ayant permis cette nouvelle intrusion et éviter qu'un scénario similaire ne se reproduise sur d'autres plateformes gouvernementales.

Le rôle grandissant de la plateforme « Zéro logement vacant »

Lancée pour aider les collectivités locales à identifier les logements inoccupés depuis plusieurs années et à convaincre leurs propriétaires de les remettre sur le marché locatif, la plateforme « Zéro logement vacant » s'est progressivement imposée comme un outil de référence dans la lutte contre la crise du logement. Des dizaines de communes y ont recours pour cibler leurs actions de relance de l'offre locative, ce qui explique en partie pourquoi la base de données visée par les pirates est aussi volumineuse. Cette centralisation d'informations sensibles sur des milliers de biens et de propriétaires en fait, de fait, une cible de choix pour des groupes cybercriminels en quête de données monnayables sur les marchés parallèles.

Source : d'après Le Figaro avec AFP.

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