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Culture

Au MuCEM, un rapport accablant sur des soupçons de harcèlement et de favoritisme

Le parquet de Marseille a élargi son enquête visant le président suspendu du MuCEM, Pierre-Olivier Costa, après la transmission d'un rapport confidentiel de l'inspection générale des affaires culturelles.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 22/08/2026 à 17:10 · 8 min de lecture
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Façade du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée à Marseille
En bref
Sommaire
  1. Une enquête déjà ouverte élargie
  2. Favoritisme et nouvelle victime potentielle
  3. Le contexte plus large des institutions culturelles françaises
  4. Le rôle de l'inspection générale des affaires culturelles
  5. Les conséquences pour la gouvernance du MuCEM
  6. Le témoignage des salariés du musée
  7. Les enjeux pour l'image du musée à l'international
  8. Les précédents de suspension de dirigeants dans les institutions publiques
  9. Les conséquences pour la programmation culturelle du musée
  10. Le rôle du parquet de Marseille dans cette affaire
  11. Les enjeux pour le futur de la direction du musée
  12. La réaction des tutelles ministérielles
  13. Le climat social au sein du musée depuis la révélation de l'affaire

Le monde de la culture attendait depuis plus de deux mois le contenu du rapport confidentiel de l'inspection générale des affaires culturelles (IGAC) consacré aux dérives internes du Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM), à Marseille. Transmis à la justice le 3 août par le ministère de la culture, ce document, dont Le Monde a eu connaissance, dresse un constat sévère.

Une enquête déjà ouverte élargie

Le parquet de Marseille a immédiatement décidé de se saisir du rapport et d'élargir les investigations déjà en cours contre le président de l'établissement, Pierre-Olivier Costa. Cet ancien directeur de cabinet de Brigitte Macron entre 2017 et 2022 fait l'objet, depuis mars, d'une enquête préliminaire pour des soupçons de harcèlement sexuel et moral, à la suite du signalement d'un ancien cadre du musée. Il a été suspendu de ses fonctions fin juin, pour une durée de quatre mois.

Favoritisme et nouvelle victime potentielle

Transmis sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale, qui impose à tout fonctionnaire d'alerter la justice sur de possibles infractions, le rapport de l'IGAC apporte de nouveaux éléments sur des pratiques de pression au sein de l'établissement marseillais. Il fait également état d'une autre potentielle victime des agissements reprochés à Pierre-Olivier Costa. Enfin, des soupçons de favoritisme ont été relevés dans l'attribution de certains marchés publics du musée, un volet qui vient étoffer un dossier judiciaire déjà sensible pour l'un des grands établissements culturels nationaux.

La suite de la procédure déterminera l'ampleur des responsabilités engagées, dans un contexte où plusieurs institutions culturelles françaises ont été récemment confrontées à des révélations similaires sur leur fonctionnement interne.

Le contexte plus large des institutions culturelles françaises

Cette affaire s'inscrit dans une série de révélations récentes touchant plusieurs grandes institutions culturelles françaises, confrontées ces dernières années à des accusations similaires de harcèlement et de gouvernance défaillante, un phénomène qui a conduit le ministère de la Culture à renforcer ses dispositifs internes de signalement et de contrôle au sein des établissements publics placés sous sa tutelle. Ces révélations en cascade nourrissent une réflexion plus large sur la nécessité de mécanismes de gouvernance mieux à même de détecter précocement ce type de dérive, plutôt que d'attendre des signalements individuels souvent tardifs en raison de la crainte de représailles professionnelles.

Le rôle de l'inspection générale des affaires culturelles

L'inspection générale des affaires culturelles (IGAC), chargée de mener des missions de contrôle et d'évaluation au sein des établissements culturels publics, voit son rôle renforcé par cette affaire, plusieurs voix appelant à doter cette institution de moyens humains et juridiques supplémentaires pour mener ce type d'enquête interne de manière plus systématique, plutôt que réactive uniquement après signalement d'un dysfonctionnement particulier. Cette montée en puissance de l'IGAC s'inscrit dans une tendance plus large de renforcement des organes de contrôle interne au sein de l'administration culturelle française.

Les conséquences pour la gouvernance du MuCEM

Au-delà des suites judiciaires individuelles, cette affaire relance également le débat sur la gouvernance des grands établissements culturels nationaux, plusieurs experts en gestion des institutions publiques appelant à un renforcement des contre-pouvoirs internes, notamment via des conseils d'administration mieux dotés de moyens de contrôle effectif sur la direction des établissements. Le MuCEM, créé en 2013 et rapidement devenu l'un des musées les plus fréquentés de la région méditerranéenne, devra vraisemblablement engager une réforme de sa gouvernance interne pour restaurer la confiance de ses équipes et de ses partenaires institutionnels.

Le témoignage des salariés du musée

Plusieurs organisations syndicales représentatives du personnel du MuCEM ont réagi à la publication de ce rapport, appelant à une profonde réforme du management de l'établissement et à une meilleure protection des salariés lanceurs d'alerte, dont le rôle a été déterminant dans la mise au jour de ces pratiques. Ces organisations rappellent que la crainte de représailles professionnelles reste, selon elles, l'un des principaux freins à la dénonciation de ce type de comportement au sein des institutions culturelles publiques.

Les enjeux pour l'image du musée à l'international

Le MuCEM, dont le rayonnement dépasse largement les frontières françaises grâce à une programmation culturelle tournée vers les échanges méditerranéens, pourrait voir son image internationale affectée par cette affaire, plusieurs partenaires institutionnels étrangers ayant déjà fait part de leurs interrogations sur la solidité de la gouvernance actuelle de l'établissement. La direction du musée devra ainsi mener de front la gestion de la procédure judiciaire en cours et la restauration de la confiance de ses partenaires culturels internationaux.

Les précédents de suspension de dirigeants dans les institutions publiques

La suspension de Pierre-Olivier Costa s'inscrit dans une pratique administrative encadrée mais rarement mise en œuvre à l'égard de dirigeants d'établissements culturels de premier plan, ce type de mesure conservatoire visant à préserver le bon déroulement de l'enquête en cours tout en évitant toute pression susceptible d'être exercée sur les témoins ou les personnes ayant procédé au signalement initial des faits reprochés. Cette procédure, encadrée par le statut de la fonction publique, reste néanmoins soumise à des conditions strictes qui expliquent sa relative rareté dans l'histoire récente des institutions culturelles françaises.

Les conséquences pour la programmation culturelle du musée

Au-delà des enjeux de gouvernance, cette affaire judiciaire intervient à un moment sensible pour la programmation culturelle du MuCEM, plusieurs expositions majeures étant actuellement en préparation pour les prochains mois, un calendrier que la direction de l'établissement entend maintenir malgré les turbulences institutionnelles en cours, afin de préserver la continuité de l'offre culturelle proposée au public marseillais et aux nombreux visiteurs internationaux du musée.

Le rôle du parquet de Marseille dans cette affaire

Le parquet de Marseille, déjà saisi depuis plusieurs mois de l'enquête préliminaire visant Pierre-Olivier Costa, dispose désormais d'éléments supplémentaires apportés par le rapport de l'IGAC pour orienter la suite de ses investigations, notamment concernant les soupçons de favoritisme dans l'attribution de marchés publics, un volet qui pourrait donner lieu à des poursuites distinctes de celles concernant les accusations de harcèlement initialement à l'origine de l'ouverture de l'enquête.

Les enjeux pour le futur de la direction du musée

La question de la direction future du MuCEM reste, pour l'heure, en suspens dans l'attente des conclusions définitives de l'enquête judiciaire en cours, le ministère de la Culture devant vraisemblablement engager une réflexion sur les modalités de désignation d'une nouvelle direction si les accusations portées contre Pierre-Olivier Costa venaient à être confirmées par la justice. Cette perspective nourrit d'ores et déjà des discussions internes au sein du ministère sur les profils envisageables pour reprendre la direction de cet établissement culturel majeur du sud de la France.

La réaction des tutelles ministérielles

Le ministère de la Culture a indiqué suivre ce dossier avec la plus grande attention, rappelant son attachement à la protection des agents publics victimes de harcèlement au sein des établissements sous sa tutelle, tout en précisant que la présomption d'innocence devait s'appliquer pleinement à Pierre-Olivier Costa dans l'attente des conclusions de la procédure judiciaire en cours devant le parquet de Marseille.

Le climat social au sein du musée depuis la révélation de l'affaire

Depuis la révélation de cette affaire, le climat social au sein du MuCEM reste tendu, plusieurs agents du musée ayant fait part de leur incompréhension face à la lenteur des mesures correctives prises par l'établissement, malgré les alertes internes formulées depuis plusieurs mois par certains salariés. La direction par intérim de l'établissement a annoncé la mise en place de cellules d'écoute renforcées pour accompagner les agents concernés par cette situation difficile.

La rédaction continuera de suivre l'évolution de cette affaire dans les prochaines semaines, à mesure que la procédure judiciaire progressera devant le parquet de Marseille.

Cette affaire restera comme l'un des dossiers judiciaires les plus suivis du secteur culturel français en 2026, tant les enjeux de gouvernance qu'elle soulève dépassent le seul cas du MuCEM.

Le ministère de la Culture a par ailleurs annoncé un audit plus large de la gouvernance des grands établissements culturels nationaux, dans le sillage de cette affaire.

La justice tranchera dans les prochains mois sur l'ensemble des accusations portées.

Affaire à suivre de près.

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