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Guerre en Ukraine : au moins seize morts dans une frappe russe sur un centre commercial, l'Union européenne dénonce une « terreur planifiée »

Des drones et missiles russes ont visé vendredi un centre commercial de Kryvy Rih, ville natale de Volodymyr Zelensky, faisant au moins seize morts et plus de cent trente blessés. Emmanuel Macron a annoncé l'envoi de nouveaux missiles intercepteurs.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 22/08/2026 à 18:27 · 6 min de lecture
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Vitrine d'un magasin détruite par des tirs lors de l'invasion russe en Ukraine
Photo : Rasal Hague / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 (illustration, Irpin 2022)
En bref
Sommaire
  1. Une double vague de frappes qui a visé les secours
  2. Zelensky dénonce une frappe « cynique et ignoble »
  3. Macron annonce l'envoi de nouveaux missiles intercepteurs
  4. Une ville symbole visée à plusieurs reprises
  5. Une pression diplomatique qui s'intensifie
  6. Un anniversaire national assombri

La frappe a semé la mort et la désolation dans une ville où vivait, il y a encore quelques années, un homme devenu depuis le visage de la résistance ukrainienne. Vendredi 21 août, des drones et des missiles russes ont visé un centre commercial de Kryvy Rih, dans le centre du pays, ville natale du président Volodymyr Zelensky. Le bilan, arrêté samedi matin, fait état d'au moins seize morts, dont plusieurs enfants, et de plus de cent trente blessés.

Une double vague de frappes qui a visé les secours

Selon les autorités locales, l'attaque s'est déroulée en deux temps. Une première vague de frappes a touché le centre commercial en fin d'après midi, provoquant un incendie et l'effondrement partiel de la structure. Une seconde vague est intervenue une trentaine de minutes plus tard, alors que les équipes de secours, pompiers et médecins s'affairaient déjà sur les lieux pour porter assistance aux blessés. Ce mode opératoire, déjà observé lors de précédentes attaques russes en Ukraine, vise selon Kiev à maximiser le nombre de victimes parmi les civils et les intervenants d'urgence.

Le bilan communiqué par les services régionaux fait état de vingt trois enfants parmi les blessés, de soixante trois personnes hospitalisées dont vingt neuf dans un état grave, et d'une neuvaine de personnes toujours portées disparues samedi matin, les recherches se poursuivant sous les décombres.

Zelensky dénonce une frappe « cynique et ignoble »

Le président ukrainien a réagi dans la soirée, qualifiant l'attaque de « frappe absolument cynique et ignoble » contre des civils rassemblés dans un lieu de vie quotidienne. Il a renouvelé son appel aux partenaires occidentaux de l'Ukraine pour obtenir un renforcement immédiat des systèmes de défense antiaérienne, alors que les bombardements russes se sont intensifiés ces dernières semaines sur plusieurs villes du pays, loin de la seule ligne de front.

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a de son côté dénoncé une « terreur planifiée », évoquant une « dépravation absolue et totale » de la part de Moscou. Plusieurs chancelleries européennes ont condamné dans la foulée une attaque délibérée contre des infrastructures civiles, réaffirmant leur soutien à Kiev à quelques jours d'une réunion diplomatique majeure.

Macron annonce l'envoi de nouveaux missiles intercepteurs

Le président français, Emmanuel Macron, a fait part de son « horreur » face à ce nouveau bilan et annoncé l'envoi prochain de missiles intercepteurs supplémentaires afin de renforcer la protection des populations ukrainiennes. La coalition des volontaires, qui regroupe plusieurs pays soutenant militairement Kiev, doit se réunir lundi 24 août, jour du trente cinquième anniversaire de l'indépendance de l'Ukraine, sous la coprésidence d'Emmanuel Macron, du chancelier allemand Friedrich Merz et du maire du Grand Manchester, Andy Burnham.

Cette frappe s'inscrit dans un mois de juillet déjà décrit par les organisations humanitaires comme le plus meurtrier pour les civils ukrainiens depuis mai 2022, avec quatre cent trente sept personnes tuées selon les estimations des Nations unies. D'autres attaques ont par ailleurs touché la région de Mykolaïv, où quatre personnes, dont trois mineurs, ont perdu la vie dans la même période, ainsi que Kiev, où une alerte aux missiles a fait un mort supplémentaire.

Ces frappes répétées sur des zones densément peuplées, loin des lignes de front, relancent les interrogations sur la stratégie militaire de Moscou et sur la capacité des systèmes de défense ukrainiens, largement dépendants de l'aide occidentale, à protéger durablement la population civile à l'approche de l'hiver.

Une ville symbole visée à plusieurs reprises

Kryvy Rih n'en est pas à sa première épreuve depuis le début de l'invasion russe. Cette ville industrielle de l'est du pays, connue pour ses immenses mines de fer, avait déjà été la cible de plusieurs frappes depuis 2022, sans toutefois atteindre l'ampleur du bilan enregistré vendredi. Le fait que Volodymyr Zelensky y soit né et y ait grandi confère à chaque attaque une résonance particulière dans l'opinion publique ukrainienne, où de nombreux habitants voient dans ces bombardements répétés une volonté russe de frapper symboliquement les racines du chef de l'Etat.

Les images diffusées par les secours ukrainiens dans les heures qui ont suivi l'attaque montrent des rangées de commerces entièrement soufflées, des voitures calcinées sur le parking du centre commercial et des habitants hagards cherchant des proches parmi les décombres. Plusieurs équipes cynophiles ont été mobilisées durant la nuit pour poursuivre les recherches, tandis que les hôpitaux de la région ont dû activer leurs plans d'urgence pour absorber l'afflux soudain de blessés.

Une pression diplomatique qui s'intensifie

Sur le plan diplomatique, cette nouvelle frappe intervient à un moment charnière, à quelques jours de la réunion prévue lundi entre les principaux soutiens occidentaux de l'Ukraine. Plusieurs capitales européennes espèrent profiter de cette rencontre pour arrêter de nouvelles mesures concrètes de soutien militaire, alors que les discussions autour d'un éventuel cessez le feu, évoquées ces derniers mois par plusieurs médiateurs internationaux, semblent aujourd'hui plus lointaines que jamais. Le porte parole du Kremlin n'a pour l'instant pas réagi publiquement au bilan communiqué par les autorités ukrainiennes, une attitude désormais habituelle de Moscou après ce type de frappe controversée.

Un anniversaire national assombri

Ce nouveau drame survient à trois jours de la célébration du trente cinquième anniversaire de l'indépendance de l'Ukraine, un moment habituellement marqué par des ceremonies officielles et des rassemblements populaires à travers tout le pays. Cette année, les autorités locales envisagent de réduire l'ampleur des festivités prévues, par respect pour les victimes et par crainte de nouvelles frappes visant des rassemblements publics, une préoccupation désormais récurrente dans un pays qui vit depuis plus de trois ans sous la menace constante des bombardements russes.

Les habitants de Kryvy Rih, interrogés par plusieurs médias internationaux présents sur place, décrivent un quotidien marqué par une fatigue psychologique croissante, entre alertes aériennes répétées et incertitude permanente sur le moment et le lieu de la prochaine frappe. Plusieurs organisations humanitaires présentes dans la région ont annoncé le renforcement de leur aide psychologique et matérielle aux familles touchées, dans un contexte où les besoins dépassent désormais largement les capacités locales d'accueil et de prise en charge.

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