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Économie

Impôt sur les successions : la CFDT propose de taxer les héritages dès le premier euro

La secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon relance une réforme fiscale sensible : taxer tous les héritages et donations dès le premier euro, une proposition qui suscite déjà de vives réactions à moins d'un an de la présidentielle 2027.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 31/08/2026 à 14:42 · 7 min de lecture
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Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT
Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, propose de taxer les héritages dès le premier euro.
En bref
Sommaire
  1. Une proposition relancée sur RTL
  2. Une mesure présentée comme une question de justice sociale
  3. Une réforme que la CFDT sait délicate à assumer politiquement
  4. Un échange programmé avec les candidats à la présidentielle
  5. Raphaël Glucksmann et les propositions concurrentes déjà sur la table
  6. Marine Le Pen explicitement exclue des discussions
  7. Une opposition patronale déjà vive
  8. Le Rassemblement national dénonce «un impôt immoral»
  9. David Lisnard plaide pour l'inverse, assouplir les donations
  10. Un débat qui ressurgit régulièrement depuis plusieurs années
  11. Ce que cela pourrait changer concrètement pour les ménages

La secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon relance une réforme fiscale explosive : taxer tous les héritages et toutes les donations dès le premier euro. Une proposition présentée comme une mesure de justice sociale, mais qui suscite déjà de vives réactions à un peu moins d'un an de la présidentielle 2027.

Une proposition relancée sur RTL

Invitée de RTL mardi 25 août, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon a évoqué le retour en force d'une réforme qui divise depuis plusieurs années la classe politique française. Le syndicat souhaite que tous les héritages et toutes les donations soient taxés dès le premier euro, sans les exonérations qui permettent aujourd'hui à une large majorité des transmissions d'échapper totalement à l'impôt. Une prise de position qui replace la fiscalité du patrimoine au cœur du débat public, à quelques mois d'une échéance présidentielle où le sujet pourrait devenir central.

Une mesure présentée comme une question de justice sociale

Selon la CFDT, la plupart des transmissions échappent aujourd'hui totalement à la fiscalité grâce aux différents abattements existants. Pour faire face à ce manque à gagner pour les finances publiques, Marylise Léon présente cette réforme comme une mesure de justice sociale, destinée à corriger des inégalités patrimoniales qui se transmettent de génération en génération sans jamais être taxées. Le raisonnement du syndicat part d'un constat chiffré : en février 2022, l'ancien ministre de l'Économie Bruno Le Maire lui-même reconnaissait que les deux tiers des successions n'étaient soumis à aucun droit de succession, faute d'atteindre les seuils d'imposition en vigueur.

Une réforme que la CFDT sait délicate à assumer politiquement

Consciente du caractère hautement sensible du sujet, la secrétaire générale de la CFDT ne cache pas les obstacles politiques qui se dressent devant une telle réforme. «La question c'est : est-ce qu'on aura des responsables politiques qui auront le courage d'assumer que ça peut bouleverser une partie de leur électorat ?», interroge-t-elle sur RTL. Une manière de reconnaître que la taxation des successions, même modestes, reste l'un des sujets fiscaux les plus impopulaires auprès de l'opinion publique française, où le patrimoine familial est souvent perçu comme déjà largement taxé du vivant du défunt.

Un échange programmé avec les candidats à la présidentielle

La CFDT ne compte pas en rester à une simple déclaration d'intention. Début 2027, Marylise Léon souhaite organiser un échange direct avec l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle autour des propositions du syndicat, dont cette réforme de la fiscalité successorale. Une initiative qui vise à peser concrètement sur les programmes des candidats avant le premier tour, dans un contexte où plusieurs responsables politiques ont déjà commencé à se positionner sur ce terrain, chacun avec des nuances différentes sur l'ampleur de la réforme à mener.

Raphaël Glucksmann et les propositions concurrentes déjà sur la table

Certains candidats ont d'ores et déjà commencé à défendre des mesures similaires, sans pour autant reprendre exactement la formule de la CFDT. Raphaël Glucksmann évoque par exemple un impôt ciblé «sur les grandes successions», une approche plus mesurée qui viserait uniquement les patrimoines les plus importants plutôt que l'ensemble des transmissions dès le premier euro. Cette nuance illustre les divergences qui existent déjà, y compris parmi les partisans d'un durcissement de la fiscalité successorale, entre une taxation universelle et une taxation ciblée sur les grandes fortunes.

Marine Le Pen explicitement exclue des discussions

Tous les candidats ne seront pas conviés aux échanges organisés par la CFDT. Marine Le Pen est la première concernée par cette exclusion assumée par le syndicat. «La CFDT a une ligne extrêmement claire sur le fait qu'elle ne parle pas aux candidats de l'extrême droite», a rappelé Marylise Léon. Une position qui confirme la ligne historique de la centrale syndicale, mais qui prive de fait le Rassemblement national d'un canal de dialogue direct avec l'une des principales organisations syndicales du pays sur un sujet qui concerne pourtant directement l'électorat populaire visé par ce parti.

Une opposition patronale déjà vive

La proposition de la CFDT a immédiatement suscité de vives réactions du côté patronal. Geoffroy Roux de Bézieux, ancien président du Medef, s'est alarmé publiquement d'une mesure qui pourrait selon lui pousser une partie des ménages les plus aisés à quitter le territoire français pour échapper à une fiscalité successorale jugée déjà lourde. Une crainte régulièrement avancée par les opposants à toute réforme de la fiscalité du patrimoine, qui redoutent un effet d'exil fiscal comparable à celui déjà observé par le passé lors de précédents débats sur l'impôt de solidarité sur la fortune.

Le Rassemblement national dénonce «un impôt immoral»

Du côté du Rassemblement national, la réaction n'a pas tardé non plus. Franck Allisio, député RN, a qualifié la proposition d'«impôt immoral», estimant qu'une baisse des taxes sur les successions serait au contraire nécessaire pour permettre aux familles de transmettre plus facilement le fruit d'une vie de travail. Cette opposition frontale illustre le clivage politique classique qui traverse ce dossier depuis des années, entre partisans d'une fiscalité successorale renforcée au nom de la justice sociale et défenseurs d'un allègement au nom de la liberté de transmettre son patrimoine sans entrave excessive.

David Lisnard plaide pour l'inverse, assouplir les donations

Dans le camp opposé à la proposition de la CFDT, certains responsables politiques défendent une direction radicalement inverse. Le maire de Cannes David Lisnard souhaite ainsi assouplir les règles actuelles sur les donations, afin de permettre à chacun de «donner à qui on veut», sans les contraintes et les plafonds qui encadrent aujourd'hui la transmission de patrimoine hors du cercle familial proche. Cette position illustre la diversité des approches qui coexistent actuellement à droite de l'échiquier politique sur ce dossier, entre volonté d'assouplissement et défense pure et simple du statu quo fiscal.

Un débat qui ressurgit régulièrement depuis plusieurs années

La question de la taxation des héritages n'est pas nouvelle dans le débat public français. Elle a ressurgi à plusieurs reprises ces dernières années, notamment après une sortie remarquée de la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet en faveur d'une taxation accrue de l'héritage, qui avait suscité une vive polémique et les critiques immédiates d'Eric Ciotti. Nicolas Dufourcq, le patron de Bpifrance, avait pour sa part mis en garde contre un nouvel alourdissement de la fiscalité successorale, rappelant que la France dispose déjà de l'une des taxes sur les successions les plus élevées d'Europe, un argument régulièrement repris par les opposants à toute réforme dans ce sens.

Ce que cela pourrait changer concrètement pour les ménages

Si une réforme de ce type venait à être adoptée un jour, la fin des exonérations actuelles ferait entrer dans le champ de l'impôt de nombreux ménages aujourd'hui totalement épargnés par les droits de succession, notamment les classes moyennes qui héritent de sommes modestes ou d'un bien immobilier familial de valeur limitée. Une telle bascule ne concernerait pas nécessairement davantage les plus grandes fortunes, déjà soumises aux tranches les plus élevées du barème, ce qui explique en grande partie pourquoi cette proposition suscite une inquiétude particulièrement vive chez les ménages aux patrimoines intermédiaires, qui se retrouveraient pour la première fois assujettis à un impôt dont ils étaient jusqu'ici exemptés.

Source : d'après Capital.fr.

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