Sur le thème de l'immigration, deux figures du bloc central multiplient les annonces à quelques mois de l'élection présidentielle de 2027, dans une course à la fermeté destinée à ne pas laisser le terrain au Rassemblement national. En déplacement à Mayotte le 21 août, Édouard Philippe, candidat du parti Horizons, s'est engagé, en cas de victoire, à suspendre pendant cinq ans les enregistrements de demandes d'asile, le droit du sol et le regroupement familial dans l'archipel.
L'ancien premier ministre a également souhaité la création d'un « centre de retour français » en Afrique de l'Est, destiné à permettre l'éloignement rapide des étrangers en situation irrégulière installés à Mayotte. Cette annonce s'inscrit dans une série de prises de position sur l'immigration engagées depuis le 10 août, date à laquelle Édouard Philippe avait publié une tribune défendant l'instauration d'un « verrou Schengen » empêchant tout État européen de mener seul une régularisation massive de clandestins.
Son rival au centre, Gabriel Attal, ne compte pas rester en retrait sur ce terrain. Le président du parti Renaissance évoque de son côté une réforme constitutionnelle destinée à permettre l'instauration de quotas migratoires limitatifs, une proposition qui marque une inflexion notable pour un responsable jusqu'ici davantage associé à la ligne libérale du macronisme.
Cette surenchère intervient dans un contexte marqué par les images de l'intrusion, fin juillet, de plusieurs dizaines de milliers de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta, dont la majorité ont depuis été reconduits au Maroc. L'épisode a nourri les discours sur un prétendu appel d'air migratoire vers l'Europe, alimentant les postures les plus fermes des deux candidats du bloc central.
Pour les deux responsables, l'enjeu est aussi de conjurer la concurrence directe qu'ils se livrent au centre droit, où aucune candidature commune n'a pour l'heure été arrêtée en vue du premier tour de la présidentielle de 2027.
