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International Décryptage

Les Etats-Unis retirent la Syrie de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme

Washington a officiellement retiré Damas de sa liste noire des Etats soutenant le terrorisme, une classification vieille de 47 ans, dans le cadre du rapprochement avec le nouveau pouvoir syrien.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 25/08/2026 à 12:45 · 6 min de lecture
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Le président syrien Ahmed Al-Charaa
Le président syrien Ahmed Al-Charaa, en novembre 2025. Crédit : Lula Oficial / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
En bref
Sommaire
  1. Une classification vieille de près de cinquante ans levée
  2. Une transition politique express depuis la chute d'Al Assad
  3. Seuls trois pays restent sur la liste noire
  4. Le groupe de l'actuel président syrien également retiré de la liste
  5. Une décision saluée par le secrétaire d'Etat américain
  6. Une rencontre décisive en marge du sommet de l'OTAN
  7. Une vague de reconnaissance internationale depuis 2025
  8. Damas parle d'une étape historique
  9. Des espoirs économiques pour la reconstruction
  10. Les zones d'ombre qui subsistent

Les Etats-Unis ont officiellement retiré, lundi 24 août, la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs décennies qui limitait lourdement les investissements internationaux dans ce pays. Cette décision marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre Washington et le nouveau pouvoir syrien issu de la chute de Bachar Al Assad.

Une classification vieille de près de cinquante ans levée

La Syrie figurait sur cette liste noire depuis 1979, soit quarante sept ans, un statut hérité de la période où le régime de la famille Al Assad était accusé par Washington de financer et d'héberger des groupes armés considérés comme terroristes. Ce retrait intervient un peu moins de deux ans après la chute de Bachar Al Assad, en décembre 2024, un événement qui a bouleversé les équilibres régionaux et ouvert la voie à une normalisation progressive des relations entre la Syrie et une grande partie de la communauté internationale. Pendant près de cinq décennies, cette inscription avait pénalisé lourdement l'économie syrienne, en dissuadant la quasi totalité des banques et des investisseurs étrangers de traiter avec Damas, sous peine de sanctions américaines.

Une transition politique express depuis la chute d'Al Assad

Depuis le renversement du régime en décembre 2024, la Syrie a connu une transition politique accélérée, marquée par l'arrivée au pouvoir d'Ahmed Al Charaa et par une série de gestes d'ouverture envers les capitales occidentales. Ce basculement rapide a surpris nombre d'observateurs, tant le régime précédent avait longtemps été considéré comme l'un des plus isolés de la scène internationale. La levée progressive des sanctions, entamée dès 2025, a accompagné cette normalisation diplomatique étape par étape.

Seuls trois pays restent sur la liste noire

Avec ce retrait, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent désormais inscrits sur la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, cité dans un communiqué officiel, a affirmé que « le Trésor se conforme à la promesse du président Trump de donner au peuple syrien une ouverture sur de grandes choses ». Il a ajouté que les décisions prises ce jour là allaient favoriser des investissements supplémentaires en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique du pays.

Le groupe de l'actuel président syrien également retiré de la liste

Washington a par ailleurs sorti de sa propre liste noire Hayat Tahrir Al Cham, anciennement connu sous le nom de Front Al Nosra, l'ancien groupe islamiste qu'a dirigé l'actuel président syrien Ahmed Al Charaa. Un temps branche syrienne d'Al Qaïda, le Front Al Nosra avait rompu ses liens avec l'organisation en 2016 avant de se rebaptiser Hayat Tahrir Al Cham. Ahmed Al Charaa, ancien djihadiste devenu chef de l'Etat après le renversement du régime Al Assad, a depuis engagé une profonde mue politique saluée par plusieurs chancelleries occidentales.

Une décision saluée par le secrétaire d'Etat américain

Le secrétaire d'Etat, Marco Rubio, a affirmé que cette décision offrait aux Syriens « une voie vers la prospérité ». Selon lui, cette mesure « élimine les derniers obstacles majeurs à l'investissement du secteur privé en Syrie et favorise la reprise économique du pays ainsi que sa réintégration dans l'économie mondiale ». Dès le mois de juillet, Washington avait annoncé envisager ce retrait, après avoir reçu des garanties formelles de la part d'Ahmed Al Charaa selon lesquelles la Syrie ne soutiendrait pas d'actes de terrorisme international à l'avenir.

Une rencontre décisive en marge du sommet de l'OTAN

L'annonce initiale de ce futur retrait avait été faite à la suite d'une rencontre entre Donald Trump et Ahmed Al Charaa, organisée en marge du sommet de l'OTAN en Turquie. Le président américain avait alors salué le travail de son homologue syrien, le qualifiant d'« incroyable » pour unifier la Syrie. Cet adoubement intervient malgré les réticences affichées par Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes sur le sol syrien, et malgré l'absence de progrès concret dans les négociations pour un accord de paix entre Israël et la Syrie que Donald Trump avait pourtant publiquement encouragé.

Une vague de reconnaissance internationale depuis 2025

Depuis 2025, de nombreux pays occidentaux ont progressivement levé les sanctions imposées à la Syrie, à commencer par le Canada et le Royaume Uni. L'Union européenne avait quant à elle levé les siennes dès le mois de mai 2025. Lors de sa visite à Damas fin juillet, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avait appelé les Etats à lever immédiatement les dernières sanctions visant encore la Syrie, afin de soutenir la reconstruction et la relance de son économie exsangue après plus d'une décennie de guerre civile.

Damas parle d'une étape historique

Le chef de la diplomatie syrienne, Assad Hassan Al Chibani, a qualifié la décision américaine d'« étape historique », affirmant qu'elle reflétait l'engagement du nouvel Etat syrien en faveur de la paix et de la sécurité internationale. Le président Ahmed Al Charaa a lui même déclaré, dans un discours prononcé mardi matin, que « la Syrie se débarrasse d'un lourd fardeau et tourne la page douloureuse de son passé pour s'engager sur la voie du développement et de la reconstruction ». Le ministre des finances syrien, Mohammed Yisr Barnieh, a évoqué de son côté un « succès majeur et historique de la diplomatie syrienne ».

Des espoirs économiques pour la reconstruction

Le gouverneur de la banque centrale syrienne s'est félicité que ce retrait de la liste permette à son pays de « retrouver sa place naturelle au sein du système économique mondial » et de « bâtir un système financier moderne et fiable ». Sur le terrain, cette décision devrait faciliter l'arrivée d'investisseurs internationaux, jusque là dissuadés par les risques juridiques et financiers liés au statut de la Syrie, dans un pays où les besoins de reconstruction restent immenses après plus de dix années de conflit qui ont ravagé les infrastructures, l'économie et le tissu social du pays.

Les zones d'ombre qui subsistent

Cette normalisation ne dissipe pas pour autant toutes les inquiétudes. Israël continue d'exprimer des réserves sur la nature exacte du pouvoir installé à Damas et poursuit ponctuellement des frappes aériennes sur le territoire syrien. Plusieurs organisations de défense des droits humains rappellent également que le passé djihadiste d'Ahmed Al Charaa continue de susciter des interrogations sur la solidité réelle des garanties données à Washington, même si l'administration américaine a choisi de miser sur ce pari diplomatique malgré l'absence d'accord de paix formel entre Israël et la Syrie.

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