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Technologie

Anthropic signe un contrat cloud de 35 milliards de dollars avec Lambda, soutenu par Nvidia

L'éditeur de l'assistant Claude a signé un contrat de six ans avec le fournisseur cloud Lambda pour sécuriser sa puissance de calcul, portant à plus de 130 milliards de dollars ses engagements cumulés.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 01/09/2026 à 12:34 · 7 min de lecture
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Logo de Claude, l'assistant d'intelligence artificielle d'Anthropic
Le logo de Claude, l'assistant conversationnel développé par Anthropic (domaine public).
En bref
Sommaire
  1. Un contrat de six ans autour d'un centre de données au Texas
  2. Une entreprise qui multiplie les partenariats
  3. Le rôle central de Nvidia dans ce financement
  4. Un investissement direct de dix milliards de dollars dans Anthropic
  5. Un rachat marquant : Nvidia s'offre Hugging Face
  6. Des enjeux de souveraineté numérique en toile de fond
  7. Une course sans fin à la puissance de calcul

La course à la puissance de calcul dans l'intelligence artificielle ne connaît aucun répit. Anthropic, l'éditeur de l'assistant conversationnel Claude, a signé un contrat de près de 35 milliards de dollars pour louer de la puissance de calcul auprès de Lambda, un fournisseur de services informatiques soutenu par Nvidia, selon une source proche du dossier citée par l'AFP lundi 31 août 2026.

Un contrat de six ans autour d'un centre de données au Texas

L'accord porte sur une durée de six ans et concerne un centre de données situé au Texas. Lambda y installera des serveurs équipés de puces graphiques Nvidia, avant d'en louer l'usage à Anthropic. L'objectif affiché est clair, selon la source citée par l'AFP : répondre à la demande croissante pour Claude, l'assistant d'intelligence artificielle développé par Anthropic, qui a reconnu dès le mois d'avril être en difficulté pour satisfaire ses clients, au point de devoir dégrader la qualité de son service aux heures de pointe.

Ce contrat s'ajoute à un autre accord d'environ 45 milliards de dollars, également sur six ans, signé la semaine précédente par Anthropic avec la société britannique Nscale, elle aussi soutenue par Nvidia, pour un site situé cette fois en Virginie-Occidentale. Au total, les seuls contrats dont le montant a été rendu public par Anthropic dépassent désormais 130 milliards de dollars, selon un décompte réalisé par l'AFP.

Une entreprise qui multiplie les partenariats

Depuis le printemps 2026, Anthropic a signé une dizaine d'accords auprès de fournisseurs de cloud et des grands concepteurs de puces d'intelligence artificielle, parmi lesquels Nvidia, Google, Amazon et AMD. Cette stratégie de multiplication des fournisseurs vise à sécuriser un accès suffisant à la puissance de calcul nécessaire à l'entraînement et au fonctionnement de ses modèles, dans un contexte de tension mondiale sur les capacités disponibles.

L'entreprise, dont la valorisation approche désormais les 1 000 milliards de dollars, prépare par ailleurs une entrée en Bourse prévue à l'automne 2026, potentiellement record pour le secteur de l'intelligence artificielle. Anthropic et son concurrent direct OpenAI, qui prépare lui aussi son introduction en Bourse, doivent convaincre les investisseurs qu'ils disposeront bien de la puissance de calcul nécessaire pour soutenir leur croissance future, un argument central dans les discussions avec les marchés financiers.

Le rôle central de Nvidia dans ce financement

Cette course, dont la facture se chiffre en centaines de milliards de dollars pour chaque concurrent, est plus que jamais financée par les fabricants de puces eux-mêmes. Selon le Wall Street Journal, c'est Nvidia qui est locataire du centre de données texan concerné par ce nouveau contrat, un site développé par Hut 8, un ancien mineur de bitcoin reconverti dans l'hébergement de serveurs d'intelligence artificielle. Lambda, dont Nvidia est actionnaire, y installera les puces du géant américain des semi-conducteurs avant de les sous-louer à Anthropic.

Nvidia, premier fournisseur mondial de puces d'intelligence artificielle, s'est par ailleurs alliée le 10 août 2026 à six géants de la finance nord-américaine pour tenter de réunir, à terme, plus de 500 milliards de dollars destinés à financer les achats de ses propres clients. Cet objectif ambitieux n'a toutefois pas encore débouché sur un accord définitif à ce stade. Une semaine plus tard, le groupe a également accordé une garantie pouvant atteindre 105 milliards de dollars sur le financement du méga centre de données qu'OpenAI doit louer dans l'Ohio.

Un investissement direct de dix milliards de dollars dans Anthropic

Nvidia avait par ailleurs investi jusqu'à dix milliards de dollars directement dans Anthropic en novembre 2025, renforçant encore les liens financiers entre le fabricant de puces et l'un de ses plus gros clients dans le domaine de l'intelligence artificielle générative. Cette imbrication croissante entre le fournisseur de puces et ses propres clients alimente depuis plus d'un an des craintes grandissantes autour d'une possible bulle spéculative dans le secteur de l'IA, ainsi que des accusations de « financement circulaire », un mécanisme dans lequel Nvidia finance indirectement l'achat de ses propres produits par ses clients.

Ce phénomène n'est pas propre à Anthropic. Nvidia a également investi massivement dans OpenAI, à hauteur de 100 milliards de dollars annoncés plus tôt cette année, tout en garantissant une partie du financement de méga centres de données destinés à héberger les modèles de ces mêmes clients. Cette stratégie permet à Nvidia de sécuriser des débouchés commerciaux de long terme pour ses puces, tout en assumant une part croissante du risque financier lié à la rentabilité future de ces entreprises d'intelligence artificielle.

Un rachat marquant : Nvidia s'offre Hugging Face

Ce contrat avec Lambda intervient quelques jours seulement après une autre opération majeure impliquant Nvidia dans l'écosystème de l'intelligence artificielle : le rachat de la pépite française Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars, une opération qui a fait passer sous pavillon américain l'une des plateformes les plus utilisées au monde pour héberger et partager des modèles d'intelligence artificielle open source. Ces deux annonces, survenues à quelques jours d'intervalle, illustrent la vitesse à laquelle Nvidia consolide son emprise sur l'ensemble de la chaîne de valeur de l'intelligence artificielle, des puces jusqu'aux plateformes logicielles.

Cette accélération des investissements de Nvidia intervient alors que l'entreprise a publié, quelques semaines plus tôt, un chiffre d'affaires trimestriel record de 96,2 milliards de dollars, porté notamment par la demande explosive pour ses puces destinées aux centres de données d'intelligence artificielle. Cette performance financière exceptionnelle donne à Nvidia des moyens considérables pour continuer à financer, directement ou indirectement, la croissance de ses principaux clients comme Anthropic et OpenAI.

Des enjeux de souveraineté numérique en toile de fond

Cette concentration des investissements autour d'un nombre restreint d'acteurs américains, Nvidia en tête, pose également la question de la souveraineté numérique européenne dans le domaine de l'intelligence artificielle. Alors que des entreprises françaises comme Mistral AI tentent de développer une alternative européenne, les montants engagés par Anthropic et OpenAI, qui se chiffrent en centaines de milliards de dollars, restent hors de portée pour la plupart des acteurs européens du secteur, malgré des levées de fonds significatives ces derniers mois.

Le rachat de Hugging Face par Nvidia a d'ailleurs ravivé ce débat en France, la plateforme ayant été fondée par des entrepreneurs français avant de s'installer à New York et de devenir une référence mondiale de l'IA open source. Sa vente à un acteur américain a été perçue par certains observateurs comme une nouvelle illustration de la difficulté, pour l'Europe, à conserver le contrôle de ses pépites technologiques les plus prometteuses face à la puissance financière des géants américains du secteur.

Une course sans fin à la puissance de calcul

Au total, avec ce nouveau contrat de 35 milliards de dollars conclu avec Lambda, Anthropic confirme que la disponibilité de puissance de calcul est devenue le principal facteur limitant de la croissance des entreprises d'intelligence artificielle générative, davantage encore que la qualité de leurs modèles ou la taille de leur base d'utilisateurs. Cette course, engagée depuis plusieurs années, ne montre aucun signe de ralentissement, chaque nouvel accord semblant en appeler un autre, dans un secteur où les besoins en calcul augmentent plus vite encore que les capacités mondiales de production de puces.

Reste à savoir si cette fuite en avant financière, portée par des montages où les fabricants de puces financent eux-mêmes une partie de la demande de leurs clients, pourra se poursuivre indéfiniment sans provoquer de correction brutale sur les marchés, un scénario que plusieurs analystes financiers évoquent désormais ouvertement à mesure que les montants engagés continuent de battre des records mois après mois.

Source : d'après Capital avec AFP.

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#Anthropic#Intelligence artificielle#Nvidia#Claude#Cloud#Lambda
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