L'agence spatiale japonaise JAXA a confirmé qu'elle lancera au mois d'octobre une sonde baptisée Martian Moons eXploration en direction des lunes de la planète Mars, avec pour objectif de collecter des échantillons de l'une d'entre elles avant de les rapporter sur Terre. Cette mission ambitieuse s'inscrit dans un contexte de compétition internationale croissante autour de l'exploration du système martien.
La sonde doit se diriger vers Phobos, la plus grande des deux lunes de Mars, afin d'y prélever des échantillons de sa surface, une opération technique délicate qui n'a encore jamais été réalisée avec succès sur ce corps céleste par aucune agence spatiale dans le monde.
Une mission scientifique d'une ampleur inédite pour le Japon
Ce projet représente l'une des missions les plus ambitieuses jamais entreprises par l'agence spatiale japonaise, qui espère ainsi confirmer son savoir faire en matière de retour d'échantillons extraterrestres, après le succès de ses précédentes missions vers des astéroïdes proches de la Terre au cours de la dernière décennie.
Les scientifiques japonais espèrent que l'analyse des échantillons prélevés sur Phobos permettra de mieux comprendre l'origine de cette lune, dont la nature exacte reste encore débattue au sein de la communauté scientifique internationale, entre un possible astéroïde capturé par la gravité martienne et un fragment issu de la planète elle même.
Deux hypothèses concurrentes sur l'origine des lunes martiennes
Phobos et Deimos, les deux satellites naturels de Mars, intriguent depuis longtemps les astronomes en raison de leur taille modeste et de leur forme irrégulière, des caractéristiques qui les distinguent nettement de la Lune terrestre et qui alimentent depuis des décennies un débat scientifique sur leur véritable origine.
Certains chercheurs estiment que ces deux lunes pourraient être d'anciens astéroïdes capturés par le champ gravitationnel de Mars, tandis que d'autres avancent l'hypothèse qu'elles se seraient formées à partir de débris projetés en orbite à la suite d'un impact violent survenu à la surface de la planète rouge il y a plusieurs milliards d'années.
Un défi technique majeur pour les ingénieurs japonais
La mission nécessitera plusieurs années de voyage avant que la sonde n'atteigne son objectif, suivies d'une phase délicate de prélèvement d'échantillons dans un environnement à très faible gravité, particulièrement complexe à maîtriser pour les ingénieurs chargés de concevoir les instruments de collecte embarqués à bord de l'engin spatial.
Une fois les échantillons collectés, la sonde devra ensuite entamer un long voyage de retour vers la Terre, une étape tout aussi critique qui nécessitera une précision de navigation extrême pour garantir la récupération en toute sécurité de sa capsule contenant les précieux échantillons martiens.
Une compétition internationale autour de l'exploration martienne
Ce projet japonais s'inscrit dans un contexte de compétition croissante entre les grandes puissances spatiales autour de l'exploration de Mars et de son environnement proche, plusieurs agences spatiales ayant multiplié ces dernières années les missions robotiques vers la planète rouge, dans la perspective à plus long terme d'une exploration humaine du système martien.
Les résultats attendus de cette mission japonaise pourraient ainsi apporter des éléments précieux non seulement sur l'histoire de Mars elle même, mais également sur les conditions générales de formation des lunes autour des planètes telluriques de notre système solaire, un sujet d'intérêt majeur pour l'ensemble de la communauté astronomique internationale.
Des retombées attendues pour la compréhension du système solaire
Au delà de la question spécifique de l'origine de Phobos et Deimos, les scientifiques espèrent que cette mission permettra également de mieux comprendre les processus généraux de formation et d'évolution des petits corps célestes présents dans le système solaire, un domaine de recherche en plein essor depuis plusieurs décennies.
Les prochaines années seront donc décisives pour cette mission d'exploration, dont le lancement prévu en octobre marquera le début d'un voyage de plusieurs années qui pourrait, à terme, permettre de résoudre l'une des énigmes persistantes de notre système solaire concernant l'origine véritable des lunes de Mars.
Un rendez vous très attendu par la communauté spatiale mondiale
Le lancement de cette sonde sera suivi avec une attention particulière par l'ensemble de la communauté spatiale internationale, plusieurs agences partenaires ayant contribué à la conception de certains instruments scientifiques embarqués à bord de l'engin japonais, dans le cadre d'une collaboration technique associant plusieurs pays.
Cette coopération internationale illustre la volonté croissante des grandes agences spatiales de mutualiser leurs ressources et leurs compétences pour mener à bien des missions d'exploration toujours plus ambitieuses, à mesure que les objectifs scientifiques fixés deviennent techniquement plus exigeants et coûteux à atteindre de manière isolée.
