L'astronaute française Sophie Adenot doit effectuer, mardi 25 août, sa deuxième sortie extravéhiculaire à l'extérieur de la Station spatiale internationale (ISS), une semaine après une première sortie historique restée inachevée. Objectif de cette nouvelle mission : terminer l'installation d'une nouvelle antenne de communication.
Une mission restée inachevée à terminer
Le 18 août, Sophie Adenot était devenue la première Française à effectuer une sortie dans l'espace, en binôme avec l'astronaute américain Anil Menon. Les deux coéquipiers avaient alors passé plus de six heures à l'extérieur de l'ISS pour démonter une antenne défectueuse baptisée Space to Ground, utilisée pour transmettre des données et permettre des communications à haut débit entre le centre de contrôle des missions à Houston, aux Etats Unis, et la station spatiale.
Retardés par des boulons et des connecteurs récalcitrants, les deux astronautes n'avaient toutefois pas eu le temps d'installer la nouvelle antenne comme cela était initialement prévu. « Les bricoleurs, les mécaniciens et toutes celles et ceux qui exercent un métier manuel le savent : entre la théorie et la pratique, il y a parfois un écart », avait commenté Sophie Adenot avec philosophie. La NASA a de son côté expliqué que ce scénario avait été « anticipé », saluant le « super travail » des deux astronautes ainsi que leur « persévérance et leur résilience » face aux difficultés rencontrées.
Une combinaison testée, une équipe mobilisée en soutien
Selon une vidéo publiée sur son compte Instagram, Sophie Adenot a passé un dimanche qualifié de « studieux » pour préparer cette nouvelle sortie, en testant sa combinaison et en vérifiant son équipement aux côtés de son coéquipier Anil Menon. La sortie extravéhiculaire, destinée à remplacer l'antenne de communications, doit débuter à 14 h 35, heure de Paris, et durer environ six heures et demie.
Comme lors de leur première mission, les deux astronautes seront assistés depuis l'intérieur de l'ISS par leurs coéquipiers Jessica Meir et Jack Hathaway, chargés de piloter le bras robotique Canadarm2 pendant l'opération. Lors de cette nouvelle sortie, Sophie Adenot et Anil Menon devront achever l'installation de la nouvelle antenne et recueillir des données. S'ils disposent de temps supplémentaire, les deux astronautes tenteront également de remplacer un dispositif appelé rétroréflecteur à l'extérieur de la station.
Sophie Adenot, une pionnière de l'espace au féminin
Ingénieure de formation et ancienne pilote d'essai, Sophie Adenot, 44 ans, est devenue en février la deuxième Française de l'histoire à effectuer un vol dans l'espace, après la pionnière Claudie Haigneré, qui avait volé en 1996 puis en 2001. Avant sa sortie du 18 août, seuls quatre astronautes français, tous des hommes, avaient déjà « marché » dans le vide spatial. Elle en est donc la première représentante féminine du pays.
Le président de la République, Emmanuel Macron, avait qualifié sa première sortie extravéhiculaire de « fierté française », voyant en elle « le visage de tous les possibles ». Sur Instagram, l'astronaute avait quant à elle confié avoir « adoré » travailler dans le vide spatial, décrivant cette expérience comme « une véritable aventure dans l'aventure », d'autant plus belle qu'elle se vit en équipe.
Une nouvelle sortie déjà programmée début septembre
Si le remplacement du rétroréflecteur ne peut être achevé mardi, cette opération pourra être menée lors d'une autre sortie de maintenance déjà prévue le 1er septembre, selon la NASA. Cette succession de sorties extravéhiculaires illustre l'intensité du programme de maintenance de l'ISS, une station vieillissante qui nécessite des interventions régulières de ses équipages pour rester pleinement opérationnelle.
Sophie Adenot doit encore passer plusieurs mois à bord de la station avant son retour sur Terre, dans le cadre d'une mission de longue durée menée pour le compte de l'Agence spatiale européenne. Chacune de ses sorties dans l'espace est suivie avec un intérêt particulier en France, où son parcours est régulièrement mis en avant comme un exemple destiné à encourager les vocations scientifiques, notamment chez les jeunes filles.
Une longue tradition spatiale française prolongée par une nouvelle génération
La France dispose d'une longue tradition dans le domaine des vols habités. Jean-Loup Chrétien avait été, en 1982, le premier astronaute français à rejoindre l'espace, à bord d'une mission soviétique. Claudie Haigneré était devenue en 1996 la première Française à voler dans l'espace, avant d'y retourner en 2001. Plus récemment, l'astronaute Thomas Pesquet s'est imposé comme l'une des figures les plus populaires du programme spatial européen, avec deux séjours à bord de l'ISS.
Sophie Adenot s'inscrit dans la continuité de ces parcours, tout en marquant une étape supplémentaire en devenant la première femme française à réaliser une sortie extravéhiculaire. Sa mission actuelle s'effectue dans le cadre du programme de la Station spatiale internationale, un laboratoire orbital qui accueille en permanence plusieurs équipages internationaux menant des expériences scientifiques, tout en assurant l'entretien technique régulier de la station, comme l'illustre cette opération de remplacement d'antenne.
Un équipage international mobilisé autour de la même mission
Anil Menon, coéquipier américain de Sophie Adenot lors des deux sorties, est un médecin devenu astronaute au sein de la NASA, connu notamment pour son travail antérieur au soutien médical des équipages de vols habités. Sa collaboration étroite avec Sophie Adenot lors de ces deux sorties extravéhiculaires illustre la dimension profondément internationale des équipages qui se relaient à bord de l'ISS, où cohabitent en permanence des astronautes américains, européens, japonais ou encore canadiens.
Cette coopération se retrouve également dans le pilotage du bras robotique Canadarm2, conçu et fourni par l'Agence spatiale canadienne, qui reste l'un des outils les plus utilisés lors des opérations de maintenance extérieure de la station. Chaque sortie extravéhiculaire mobilise ainsi, en réalité, bien plus que les deux astronautes directement exposés au vide spatial : des équipes entières au sol et à bord de la station travaillent de concert pour en garantir la réussite et la sécurité.
Au sol, les équipes de contrôle installées à Houston suivent en direct chaque étape de la sortie, prêtes à ajuster la procédure en cas d'imprévu, comme cela avait été le cas lors de la première tentative de remplacement de l'antenne le 18 août. Cette capacité à réagir et à replanifier les opérations en fonction des aléas rencontrés en orbite est considérée comme l'une des grandes forces du programme de la Station spatiale internationale, plus de deux décennies après son lancement.
Source : d'après Le Monde et l'Agence France Presse.
