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International

Limogé par Zelensky, l'ex-ministre ukrainien Fedorov devient conseiller du ministre italien de la Défense

Limogé en juillet par Volodymyr Zelensky lors d'un remaniement gouvernemental controversé, Mykhaïlo Fedorov annonce devenir conseiller à l'innovation défense du ministre italien Guido Crosetto.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 29/08/2026 à 12:20 · 5 min de lecture
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Portrait de Mykhaïlo Fedorov, homme politique ukrainien
Mykhaïlo Fedorov, ancien ministre ukrainien. Photo Reda Raouchaia, licence CC BY SA 4.0, Wikimedia Commons.
En bref
Sommaire
  1. Une reconversion inattendue à Rome
  2. Un remaniement qui avait fait polémique en juillet
  3. Un rôle inédit de conseiller à l'innovation défense
  4. Fedorov assure continuer de travailler pour l'Ukraine
  5. Guido Crosetto, un ministre en quête de modernisation
  6. Une guerre qui continue de faire rage en toile de fond
  7. Des tractations diplomatiques en arrière plan
  8. Un symbole de la circulation des expertises ukrainiennes

Limogé en juillet par Volodymyr Zelensky lors d'un remaniement gouvernemental controversé, l'ancien ministre ukrainien Mykhaïlo Fedorov rebondit en devenant conseiller à l'innovation défense du ministre italien Guido Crosetto.

Une reconversion inattendue à Rome

C'est sur son compte Facebook que Mykhaïlo Fedorov a annoncé, vendredi, sa nouvelle mission. L'ancien ministre ukrainien, limogé en juillet dans le cadre d'un remaniement gouvernemental qui avait fait grand bruit à Kiev, va devenir conseiller du ministre italien de la Défense Guido Crosetto. Une reconversion qui surprend par sa rapidité, moins de deux mois après son départ du gouvernement ukrainien, et qui illustre la manière dont certaines figures écartées du pouvoir à Kiev trouvent aujourd'hui à se recaser au sein d'administrations alliées, désireuses de profiter de leur expertise acquise dans le contexte si particulier de la guerre.

Un remaniement qui avait fait polémique en juillet

Le limogeage de Mykhaïlo Fedorov, cet été, s'était inscrit dans un contexte de tensions politiques internes en Ukraine, à un moment où Volodymyr Zelensky procédait à plusieurs ajustements au sein de son gouvernement. Ce remaniement avait suscité des critiques, certains y voyant une manière pour le président ukrainien de reprendre la main sur des figures devenues trop indépendantes ou trop populaires à son goût, dans un pays où la question de la gestion de l'effort de guerre reste un sujet extrêmement sensible, quatre ans après le début de l'invasion russe. Des manifestations avaient même été organisées à Dnipro pour protester contre son éviction, signe de la popularité dont jouissait Fedorov auprès d'une partie de l'opinion ukrainienne.

Un rôle inédit de conseiller à l'innovation défense

Dans son message publié sur Facebook, Mykhaïlo Fedorov a précisé les contours de sa nouvelle mission auprès du gouvernement italien. « À ce titre, j'aiderai l'Italie à développer des technologies adaptées à la guerre moderne, à améliorer son secteur de la défense et à s'adapter aux nouveaux défis mondiaux en matière de sécurité », a t il expliqué. Une fonction qui s'appuie directement sur son expérience ukrainienne, acquise dans un pays devenu malgré lui un vaste laboratoire d'innovation militaire depuis le début du conflit, notamment dans les domaines des drones, de la guerre électronique et des outils numériques appliqués au champ de bataille.

Fedorov assure continuer de travailler pour l'Ukraine

Conscient sans doute des critiques que pourrait susciter ce départ vers un poste consultatif à l'étranger, Mykhaïlo Fedorov a tenu à préciser qu'il continuait de travailler pour son pays d'origine. Il affirme ainsi poursuivre son engagement « sur des projets qui renforcent la défense de l'Ukraine et contribuent à attirer des ressources internationales », suggérant que sa nouvelle position à Rome pourrait justement servir de relais pour renforcer les liens entre l'industrie de défense italienne et les besoins ukrainiens, dans un moment où le soutien matériel des pays européens à Kiev reste un enjeu déterminant pour la suite du conflit.

Guido Crosetto, un ministre en quête de modernisation

Le choix de Guido Crosetto de s'entourer d'un profil comme celui de Mykhaïlo Fedorov n'est sans doute pas anodin. Le ministre italien de la Défense a multiplié ces derniers mois les initiatives visant à moderniser les capacités militaires de son pays, dans un contexte européen marqué par une pression croissante pour augmenter les budgets de défense et rattraper un retard technologique jugé préoccupant face à la Russie. S'attacher les services d'un homme identifié comme l'un des artisans de la résistance technologique ukrainienne face à une armée pourtant considérée, au départ du conflit, comme largement supérieure, envoie un signal clair sur les ambitions italiennes en matière d'innovation militaire.

Une guerre qui continue de faire rage en toile de fond

Cette annonce intervient alors que le conflit entre la Russie et l'Ukraine continue de s'intensifier sur le terrain. Ce même vendredi, les forces ukrainiennes affirmaient avoir frappé une raffinerie de pétrole dans la région russe de Iaroslavl, à mille kilomètres de la ligne de front, ainsi qu'un avion lanceur de missiles dans la zone russe d'Engels. De son côté, la Russie poursuivait ses frappes de drones et de missiles sur le territoire ukrainien, avec des habitants de Kherson appelés une nouvelle fois à évacuer face à l'intensification des bombardements visant les infrastructures énergétiques de la ville, à l'approche de l'hiver.

Des tractations diplomatiques en arrière plan

Le contexte diplomatique reste lui aussi particulièrement mouvant. Kiev a indiqué avoir été informée par Washington des échanges menés ces derniers jours à Moscou par le directeur de la CIA, dans le cadre d'efforts diplomatiques américains visant à faire cesser la guerre. Le Kremlin a de son côté rejeté comme « alarmistes » des informations parues dans la presse américaine évoquant un risque d'attaque russe contre un pays membre de l'Otan, des propos rapidement relayés par Donald Trump lui même, qui a assuré que son homologue russe Vladimir Poutine n'avait pas l'intention de s'en prendre à un territoire de l'Alliance atlantique.

Un symbole de la circulation des expertises ukrainiennes

Au delà du seul cas de Mykhaïlo Fedorov, cette nomination illustre un phénomène plus large observé depuis le début du conflit : la circulation croissante, au sein des pays alliés de l'Ukraine, d'experts et de responsables ukrainiens formés dans l'urgence à des problématiques de défense et d'innovation militaire que peu de nations européennes maîtrisaient jusqu'ici avec une telle intensité. Cette expertise, forgée dans la douleur d'un conflit qui dure depuis plus de quatre ans, devient progressivement une ressource recherchée par des gouvernements européens soucieux de combler leurs propres lacunes technologiques, quitte à recruter des figures récemment écartées du pouvoir à Kiev pour bénéficier de leur savoir faire.

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#Ukraine#Volodymyr Zelensky#Mykhaïlo Fedorov#Italie#Guido Crosetto#guerre en Ukraine
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