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International

Guerre en Ukraine: des élections seraient un tsunami qui fracturerait le pays, affirme Zelensky

Le président ukrainien juge qu'organiser un scrutin en pleine guerre représenterait un risque énorme pour la cohésion du pays.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 23/08/2026 à 11:06 · 4 min de lecture
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Volodymyr Zelensky en discussion avec Ursula von der Leyen et Mark Carney
Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine, en marge d'un sommet européen. European Union, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons
En bref
Sommaire
  1. Un pays sous loi martiale depuis 2022
  2. Le risque d'une fracture nationale
  3. Une pression diplomatique persistante
  4. Un front qui reste sous tension
  5. Vers une consultation après la guerre
  6. Le soutien européen sous surveillance
  7. Une opinion publique divisée sur la question

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que la tenue d'élections en pleine guerre représenterait « un tsunami » susceptible de « fracturer » son pays. Cette déclaration, rapportée dimanche par plusieurs médias internationaux, intervient alors que la question d'un éventuel scrutin présidentiel ou législatif en Ukraine revient régulièrement dans les discussions diplomatiques, certains partenaires occidentaux et la Russie elle même y voyant une condition à toute sortie de crise durable.

Un pays sous loi martiale depuis 2022

Depuis le début de l'invasion russe en février 2022, l'Ukraine vit sous le régime de la loi martiale, qui a entraîné le report de plusieurs échéances électorales, dont l'élection présidentielle initialement prévue en 2024. La Constitution ukrainienne interdit en effet l'organisation d'un scrutin national tant que la loi martiale demeure en vigueur, une règle destinée à garantir la stabilité des institutions en temps de conflit. Volodymyr Zelensky, dont le mandat est ainsi prolongé de facto, a souvent été accusé par Moscou et certains relais pro russes de ne plus disposer de légitimité démocratique, une accusation fermement rejetée par Kiev et ses alliés occidentaux.

Le risque d'une fracture nationale

Selon le chef de l'État ukrainien, organiser des élections dans le contexte actuel reviendrait à prendre un risque considérable pour la cohésion du pays. Des millions de citoyens ukrainiens vivent aujourd'hui hors du territoire national, réfugiés en Europe ou ailleurs, tandis que d'autres se trouvent sous occupation russe dans l'est et le sud du pays. Organiser un scrutin fiable et représentatif dans ces conditions poserait, selon lui, d'immenses difficultés logistiques et politiques, sans compter le risque d'ingérence et de manipulation de l'information par la Russie, qui pourrait chercher à exploiter la période électorale pour déstabiliser davantage le pays.

Une pression diplomatique persistante

La question électorale s'inscrit dans un contexte diplomatique tendu, alors que plusieurs capitales occidentales cherchent à faire avancer des discussions de paix entre Kiev et Moscou. Certaines propositions évoquées lors de précédentes négociations incluaient la tenue d'un scrutin comme étape vers un règlement politique du conflit, une idée soutenue par le Kremlin qui espère ainsi voir émerger une nouvelle direction ukrainienne plus favorable à ses intérêts. Les autorités ukrainiennes dénoncent régulièrement cette approche, qu'elles considèrent comme une tentative d'ingérence dans les affaires intérieures du pays sous couvert de processus démocratique.

Un front qui reste sous tension

Cette déclaration de Volodymyr Zelensky intervient alors que le pays continue de subir des frappes russes meurtrières sur son territoire, y compris loin de la ligne de front. Ces derniers jours, plusieurs villes ukrainiennes ont été visées par des drones et des missiles, provoquant morts et blessés parmi la population civile. Le président français Emmanuel Macron a d'ailleurs exprimé son « horreur » après une attaque récente contre un centre commercial, annonçant l'envoi de nouveaux systèmes de défense antiaérienne pour aider Kiev à se protéger de ces bombardements.

Vers une consultation après la guerre

Malgré son opposition à un scrutin immédiat, Volodymyr Zelensky a réaffirmé son attachement au principe démocratique, assurant que des élections seraient bien organisées une fois la loi martiale levée, c'est à dire après la fin des hostilités ou la conclusion d'un accord de paix durable. Il a par ailleurs souligné que la priorité de son gouvernement demeurait la défense du territoire national et la protection de la population, plutôt que l'organisation d'un débat électoral qui, selon lui, diviserait inutilement la société ukrainienne à un moment critique de son histoire récente.

Le soutien européen sous surveillance

Cette prise de position du président ukrainien intervient alors qu'une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine est prévue prochainement, coprésidée notamment par Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Andy Burnham. Cette rencontre doit notamment porter sur le renforcement de la défense antiaérienne du pays, un sujet devenu particulièrement sensible face à la multiplication des frappes russes contre des infrastructures civiles. Les partenaires occidentaux de Kiev cherchent également à clarifier les conditions dans lesquelles un futur processus de paix pourrait être envisagé, sans que la question électorale ne devienne un point de blocage supplémentaire dans des négociations déjà particulièrement complexes.

Une opinion publique divisée sur la question

Au sein même de la société ukrainienne, la question d'un retour aux urnes suscite des avis partagés. Une partie de la population estime que la démocratie doit continuer à fonctionner normalement, y compris en temps de guerre, tandis qu'une autre partie considère que la priorité absolue doit rester la défense du territoire face à l'agression russe. Plusieurs sondages menés ces derniers mois montrent que la confiance envers les institutions demeure globalement élevée, mais que la lassitude face à la durée du conflit commence également à se faire sentir dans certaines franges de la population, un facteur que le gouvernement ukrainien surveille de près.

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