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Santé

Ebola en RDC : l'épidémie s'étend au-delà de son foyer initial, alerte Africa CDC

Africa CDC alerte sur la progression d'Ebola hors d'Ituri, notamment au Nord-Kivu et au Haut-Uele. La réponse sanitaire est freinée par le conflit, les déplacements et le manque de doses.

Par Antoine Descotes
Publié le 11/09/2026 à 14:08 · 4 min de lecture
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Matériel médical illustrant la réponse sanitaire à une épidémie
En bref
Sommaire
  1. L'Ituri reste le foyer, mais la géographie change
  2. La réponse sanitaire se heurte au conflit et aux déplacements
  3. Un vaccin utile, mais pas encore la solution à tout
  4. 70 000 doses, une réserve sous pression
  5. Sources

L'épidémie d'Ebola qui frappe l'est de la République démocratique du Congo ne se limite plus à son foyer initial. Africa CDC a alerté le 10 septembre sur une progression rapide au-delà de l'Ituri, alors que les nouveaux cas et les décès baissent dans cette province mais augmentent au Nord-Kivu et au Haut-Uele.

Les chiffres communiqués ce jour-là par les autorités congolaises font état de 6 843 cas signalés et de 3 310 décès. Ils décrivent une situation à une date donnée, dans un contexte où l'accès aux malades, les déplacements de population et la capacité de dépistage compliquent la surveillance. Ils ne constituent donc pas un bilan définitif.

L'Ituri reste le foyer, mais la géographie change

L'Ituri demeure la province la plus touchée, avec plus de 5 400 cas selon les données rapportées par Associated Press. Mais le déplacement de la dynamique épidémique inquiète les équipes de santé. Au Nord-Kivu, plus de 1 000 cas ont été recensés depuis la déclaration de l'épidémie en mai.

Yap Boum, responsable de la préparation et de la réponse aux urgences à Africa CDC, a indiqué que les nouveaux cas au Nord-Kivu avaient plus que doublé sur les trois dernières semaines observées : 381, contre 165 lors de la période précédente. Deux nouvelles zones sanitaires de cette province ont récemment été atteintes.

Cette évolution impose de répartir les équipes, les équipements et les doses là où l'épidémie avance. Elle rend aussi plus difficile l'objectif central d'une riposte Ebola : repérer vite les chaînes de transmission, retrouver les contacts, isoler et soigner les personnes malades, puis protéger les soignants et les communautés exposées.

La réponse sanitaire se heurte au conflit et aux déplacements

Les conditions de terrain ne sont pas celles d'une campagne de santé publique ordinaire. Africa CDC cite l'insécurité, les déplacements, les mouvements intenses de population et une grève de personnels de santé parmi les obstacles. Dans les sites accueillant des personnes déplacées, la promiscuité et la précarité ajoutent une difficulté supplémentaire.

Au Nord-Kivu, les combats entre les forces gouvernementales et les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda selon AP, compliquent la réponse. Le contrôle de Goma, capitale provinciale, par le M23 pèse sur les déplacements et l'accès de certains acteurs sanitaires. Chaque retard logistique compte davantage quand l'épidémie gagne de nouvelles zones.

Cette réalité explique pourquoi la baisse observée en Ituri ne peut pas être lue comme un signe de stabilisation générale. Une amélioration dans une province peut coexister avec une accélération ailleurs. C'est ce déplacement de l'épidémie, plus que le seul total national, qui motive l'alerte lancée par Africa CDC.

Un vaccin utile, mais pas encore la solution à tout

La RDC a commencé le mois dernier à vacciner des soignants et d'autres personnes en première ligne avec Ervebo. Ce vaccin a montré son efficacité lors d'épidémies antérieures liées à une autre souche plus fréquente du virus Ebola, dite Zaïre. L'épidémie actuelle est associée au virus Bundibugyo, ce qui limite la portée des comparaisons avec les campagnes précédentes.

Des essais cliniques sont donc menés pour obtenir un vaccin homologué contre le virus Bundibugyo. Ils ont débuté dans les provinces de Tshopo, du Haut-Uele et du Bas-Uele, selon Placide Mbala Kingebeni, directeur de la recherche, des essais cliniques et de l'innovation à Africa CDC.

La stratégie décrite par Africa CDC consistait d'abord à cibler les provinces nouvellement touchées afin de ralentir l'extension du virus. La vaccination devait commencer en Ituri la semaine suivante. Le calendrier reste dépendant de la disponibilité réelle des produits et de la possibilité de les acheminer jusqu'aux zones concernées.

70 000 doses, une réserve sous pression

La RDC avait reçu 70 000 doses au moment de l'alerte. C'est une ressource, mais Africa CDC souligne que l'approvisionnement demeure un défi. Dans une épidémie qui progresse vers plusieurs provinces, la question n'est pas seulement de disposer de doses : il faut décider où elles auront le plus d'effet, former les équipes, conserver les produits et maintenir le lien avec les populations.

L'Organisation mondiale de la santé a estimé que l'épidémie restait hors de contrôle et qu'elle pourrait dépasser celle d'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016, la plus meurtrière jamais enregistrée, qui avait causé plus de 11 000 morts. Cette projection est un avertissement sanitaire, pas une certitude sur le bilan à venir.

La priorité immédiate reste de contenir les nouveaux foyers, en particulier là où la guerre et les déplacements rendent les opérations plus risquées. Les données publiées le 10 septembre montrent surtout une chose : la riposte doit suivre une épidémie qui change de territoire au moment même où ses acteurs manquent de marge.

Sources

Article fondé sur le point de situation d'Associated Press du 10 septembre 2026, qui rapporte les données des autorités congolaises, d'Africa CDC et de l'Organisation mondiale de la santé.

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#Ebola#RDC#Africa CDC#santé#vaccination
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