La naissance d'un enfant entraîne une série de droits et de démarches administratives auxquels les futurs parents sont rarement bien préparés. Le congé maternité est l'un des plus importants : il protège la santé de la mère, garantit un revenu de remplacement pendant l'arrêt de travail et encadre légalement la relation avec l'employeur. En 2026, une nouveauté majeure est venue l'enrichir : le congé supplémentaire de naissance, applicable depuis le 1er juillet 2026.
Qui bénéficie du congé maternité ?
Le congé maternité est un droit ouvert à toutes les salariées du secteur privé qui attendent un enfant. Il concerne également les fonctionnaires, les indépendantes, les autoentrepreneures et les demandeuses d'emploi indemnisées. Les règles de durée sont identiques pour toutes, mais les modalités de calcul des indemnités varient selon le statut.
Pour percevoir les indemnités journalières de l'Assurance Maladie, la future mère doit :
- Avoir déclaré sa grossesse à la CPAM avant la fin du 3ème mois de grossesse ;
- Être affiliée à la Sécurité sociale depuis au moins 10 mois à la date prévue d'accouchement ;
- Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant l'arrêt de travail, ou avoir cotisé sur au moins 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 mois précédents.
La durée du congé maternité en 2026
La durée du congé varie selon le nombre d'enfants attendus et le nombre d'enfants déjà à charge. Le tableau ci-dessous présente les durées officielles :
| Situation | Congé prénatal | Congé postnatal | Total |
|---|---|---|---|
| 1er ou 2ème enfant, moins de 2 enfants à charge | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
| À partir du 3ème enfant, ou 2 enfants déjà à charge | 8 semaines | 18 semaines | 26 semaines |
| Grossesse de jumeaux | 12 semaines | 22 semaines | 34 semaines |
| Grossesse de triplés ou plus | 24 semaines | 22 semaines | 46 semaines |
Sources : CLEISS, tableau des durées de congé maternité en vigueur au 1er janvier 2026.
La flexibilité sur le congé prénatal
Avec l'accord du médecin, la salariée peut reporter jusqu'à 3 semaines du congé prénatal sur le congé postnatal (2 semaines pour une grossesse gémellaire). Cela lui permet de travailler plus longtemps avant l'accouchement, à condition que son état de santé le permette. En cas d'accouchement prématuré, les semaines non prises sur le prénatal sont automatiquement ajoutées au postnatal.
Le montant des indemnités journalières en 2026
Pendant le congé maternité, la salariée reçoit des indemnités journalières de maternité versées par la CPAM. Ces indemnités remplacent le salaire pendant toute la durée du congé, sans délai de carence.
Calcul des indemnités
Le montant brut est calculé sur la base du salaire moyen des 3 mois précédant le congé prénatal, divisé par 91,25 pour obtenir le salaire journalier de base. Un abattement forfaitaire de 21 % est ensuite appliqué pour représenter les cotisations sociales salariales.
Le salaire pris en compte est plafonné au plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 4 005 €/mois en 2026.
Le plafond des indemnités en 2026
L'indemnité journalière nette maximale est fixée à 104,02 € par jour à partir du 1er janvier 2026. Ce chiffre est publié par le CLEISS et correspond au calcul suivant :
- PMSS mensuel : 4 005 € ;
- PMSS sur 3 mois : 12 015 € ;
- Salaire journalier de base : 12 015 / 91,25 = 131,67 € ;
- Après abattement de 21 % : 131,67 × 0,79 = 104,02 €/jour net.
Ces indemnités sont versées tous les 14 jours, à partir du premier jour du congé prénatal, sans délai de carence.
Calcul pratique selon le salaire
| Salaire brut mensuel | Indemnité journalière nette (estimée) | Indemnité mensuelle nette (estimée) |
|---|---|---|
| 1 823 € (SMIC) | 47,25 € | 1 417 € |
| 2 500 € | 64,80 € | 1 944 € |
| 3 500 € | 90,73 € | 2 722 € |
| 4 005 € et plus | 104,02 € | 3 121 € |
Estimation basée sur PMSS = 4 005 €/mois et abattement forfaitaire de 21 %. Les indemnités sont soumises à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %) et sont imposables à l'impôt sur le revenu.
Le maintien de salaire par l'employeur
L'Assurance Maladie ne verse qu'une partie du salaire. Selon les conventions collectives et les accords d'entreprise, l'employeur peut être tenu de compléter les IJSS pour maintenir tout ou partie du salaire net. La loi n'impose pas de maintien de salaire pendant le congé maternité, mais de nombreuses branches et entreprises le prévoient.
Si votre convention collective prévoit un maintien à 100 % du salaire net, l'employeur procède par subrogation : il vous verse votre salaire habituel et perçoit les IJSS à votre place. Vérifiez les dispositions de votre convention collective ou de votre accord d'entreprise.
La grande nouveauté : le congé supplémentaire de naissance (depuis le 1er juillet 2026)
Une réforme d'ampleur est entrée en vigueur le 1er juillet 2026 : le congé supplémentaire de naissance. Ce nouveau dispositif permet aux jeunes parents, y compris les adoptants, de prendre 1 ou 2 mois supplémentaires après le congé maternité (ou paternité/accueil) principal, dans les conditions suivantes :
- Condition préalable : tout le congé maternité (ou paternité) principal doit avoir été intégralement pris avant de pouvoir bénéficier du congé supplémentaire ;
- Indemnisation du 1er mois : 70 % du salaire net de référence, plafonné au PMSS (4 005 €/mois en 2026) ;
- Indemnisation du 2ème mois : 60 % du salaire net de référence, plafonné au PMSS ;
- Partage possible : le congé supplémentaire peut être partagé entre les deux parents ;
- Gestion : les indemnités sont versées par la CAF et non par la CPAM.
Pour une salariée au PMSS (4 005 €/mois brut), le congé supplémentaire de naissance représente :
- 1er mois : environ 70 % × (4 005 × 0,79) = 70 % × 3 164 = 2 215 € net ;
- 2ème mois : environ 60 % × 3 164 = 1 898 € net.
Pour en savoir plus et effectuer la demande, consultez le site caf.fr.
Le congé paternité et d'accueil de l'enfant
Le père ou le second parent (PACS ou concubin) bénéficie d'un congé paternité et d'accueil de l'enfant de :
- 25 jours calendaires pour une naissance simple ;
- 32 jours calendaires pour une naissance multiple.
Ce congé se décompose en deux parties :
- Une période obligatoire de 4 jours prise immédiatement après les 3 jours de congé de naissance payés par l'employeur ;
- Une période optionnelle de 21 jours (28 pour naissances multiples), à prendre dans les 6 mois suivant la naissance, en une ou deux fois.
Les indemnités du congé paternité sont calculées sur la même base que le congé maternité : même plafond, même abattement de 21 %, même maximum de 104,02 €/jour net en 2026.
Les démarches à effectuer
Déclarer la grossesse
La déclaration de grossesse doit être effectuée avant la fin du 3ème mois. Le médecin ou la sage-femme remplit un formulaire cerfa qui est adressé à la CPAM et à la CAF simultanément. Cette déclaration déclenche :
- La prise en charge à 100 % de tous les soins liés à la grossesse et l'accouchement ;
- L'envoi du calendrier des examens obligatoires ;
- L'ouverture des droits aux allocations familiales à la naissance.
Informer l'employeur
La salariée n'est pas légalement obligée d'informer son employeur de sa grossesse avant le congé prénatal. Elle doit lui notifier la date de début du congé au moins 1 mois avant le départ. En pratique, il est conseillé de prévenir plus tôt pour organiser la continuité de service.
Envoyer le certificat de grossesse à la CPAM
La CPAM est informée automatiquement via la déclaration de grossesse. Pour le versement des IJSS, la salariée n'a pas à faire de démarche supplémentaire : la prescription de congé maternité par le médecin suffit, à condition d'avoir mis à jour son espace ameli.fr avec son RIB.
La protection contre le licenciement
La loi française offre une protection renforcée contre le licenciement pendant la grossesse et le congé maternité :
- L'employeur ne peut pas notifier un licenciement pendant la grossesse et pendant les 10 semaines suivant le retour de congé maternité ;
- Seules deux exceptions permettent un licenciement : la faute grave non liée à la grossesse ou l'accouchement, ou l'impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse (par exemple, la fermeture complète de l'entreprise) ;
- Toute rupture de contrat intervenue en méconnaissance de cette protection est nulle de plein droit.
Le retour au travail après le congé maternité
À l'issue du congé maternité, la salariée a le droit de retrouver son poste précédent ou un poste similaire, avec une rémunération au moins équivalente à celle qu'elle percevait avant son départ. Elle bénéficie également de tous les avantages acquis avant son départ (ancienneté, augmentations générales négociées pendant son absence, etc.).
Un entretien de retour doit être proposé par l'employeur pour faire le point sur les conditions de reprise du travail, les éventuelles formations nécessaires et les évolutions professionnelles.
Les droits spécifiques pendant la grossesse au travail
- Aménagement du poste : la salariée enceinte peut demander un aménagement de son poste si ses conditions de travail présentent un risque pour sa santé ou celle de l'enfant. Le médecin du travail établit les restrictions ;
- Autorisations d'absence : les examens prénataux obligatoires (au moins 7 consultations) donnent lieu à des autorisations d'absence payées par l'employeur, sans déduction de salaire ;
- Interdiction du travail de nuit : une femme enceinte peut être affectée à un poste de jour si son état de santé le justifie, avec maintien de salaire ;
- Allaitement : pendant un an après l'accouchement, la salariée dispose d'une heure par jour dédiée à l'allaitement dans l'entreprise, ou peut réduire son temps de travail.
Les salariées en CDD, intérimaires et non salariées
Le CDD
Une salariée en CDD qui tombe enceinte bénéficie des mêmes droits que les CDI concernant la protection contre le licenciement pendant la grossesse. En revanche, si son CDD se termine normalement pendant ou après le congé maternité, l'employeur peut ne pas le renouveler, sauf clause expresse de renouvellement. Les IJSS continuent d'être versées jusqu'à la fin du congé maternité légal.
Les indépendantes et autoentrepreneures
Les travailleuses indépendantes et les autoentrepreneures bénéficient d'un congé maternité depuis la réforme de 2018. Leurs IJSS sont calculées sur la base du revenu d'activité moyen des 3 dernières années, avec un plancher (environ 10 % du PASS journalier, soit ~13 €/jour en 2026 pour les revenus très faibles). La durée minimale de repos est de 8 semaines.
Les demandeuses d'emploi
Les allocataires ARE (allocation de retour à l'emploi) enceintes ont droit aux mêmes IJSS que les salariées pendant le congé maternité. Les IJSS se substituent alors à l'ARE pendant toute la durée du congé.