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Suède : dernière ligne droite avant des législatives au résultat incertain

En Suède, les derniers sondages donnent une légère avance au centre gauche avant le vote du 13 septembre. Les alliances, et la place des Démocrates de Suède, seront décisives.

Par Antoine Descotes
Publié le 11/09/2026 à 14:08 · 5 min de lecture
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Drapeau suédois illustrant les élections législatives en Suède
En bref
Sommaire
  1. Un duel de blocs, mais pas une simple alternance
  2. La question qui dépasse le score des Démocrates de Suède
  3. Une polémique russe dans les dernières heures
  4. Dimanche, puis les négociations
  5. Sources

Dimanche 13 septembre, les électeurs suédois choisiront entre deux blocs séparés par une marge étroite dans les sondages. A Stockholm, la campagne s'est achevée dans une atmosphère plus tendue que ne le laisserait croire l'image, souvent lisse, de la vie politique suédoise. Le pouvoir d'achat, les violences liées aux réseaux criminels et la place que pourrait prendre l'extrême droite au gouvernement ont fini par se rejoindre dans les mêmes débats.

Le dernier sondage Novus cité par l'AFP donne aux quatre partis de gauche et du centre 50,7 % des intentions de vote, contre 48,1 % aux quatre formations de droite. Ce n'est pas un résultat. C'est la photographie d'une campagne à quelques jours du scrutin, dans un pays où le vote anticipé est largement pratiqué et où quelques points peuvent décider de la composition du prochain gouvernement.

Un duel de blocs, mais pas une simple alternance

La sociale-démocrate Magdalena Andersson conduit l'opposition de centre gauche. Ancienne Première ministre, elle a choisi de parler du quotidien : prix qui montent, services publics, logement et sentiment que la vie ordinaire coûte davantage. Lors d'un débat télévisé, elle a résumé sa ligne par une phrase directe : « Le mode de vie de Monsieur Tout le monde est devenu trop cher. »

Face à elle, le conservateur Ulf Kristersson défend le bilan de la coalition arrivée au pouvoir en 2022. La lutte contre la criminalité est au coeur de son argumentaire. Dans un pays où les fusillades et les règlements de comptes ont marqué le débat public ces dernières années, le sujet ne se traite pas comme un thème parmi d'autres. Il pèse sur l'appréciation du mandat, particulièrement chez les électeurs de droite.

Le Premier ministre sortant insiste aussi sur l'emploi et sur la capacité de l'économie suédoise à rester compétitive. Sa réponse à l'opposition consiste à rappeler que des Suédois travaillent et que les entreprises technologiques du pays s'exportent. Deux manières de raconter la même période s'affrontent : l'une met l'accent sur le coût de la vie, l'autre sur les indicateurs de l'activité et de l'emploi.

La question qui dépasse le score des Démocrates de Suède

Le point le plus sensible de cette élection n'est pas seulement le niveau atteint par les Démocrates de Suède. Le parti, classé à l'extrême droite, était devenu la deuxième force politique du pays en 2022 avec environ un cinquième des voix. Il soutient déjà la droite au Parlement. Cette fois, il réclame des portefeuilles ministériels si le bloc de droite conserve le pouvoir.

Cette perspective change la nature des négociations qui suivraient une victoire de la droite. Une majorité parlementaire appuyée de l'extérieur et une entrée de ministres issus de ce parti ne produisent pas la même coalition, ni le même signal politique. Magdalena Andersson en a fait un axe de campagne. Ulf Kristersson a, de son côté, laissé entendre que cette demande pouvait être satisfaite.

L'immigration reste un sujet important dans le pays, mais elle n'écrase pas tous les autres. Les débats de la dernière semaine ont aussi porté sur l'école, le climat, l'emploi, le logement et la sécurité. Cette pluralité explique en partie la volatilité de la campagne : chaque bloc doit garder son socle tout en parlant à des électeurs préoccupés par des réalités parfois très différentes.

Une polémique russe dans les dernières heures

La fondation Expo, qui suit l'évolution de l'extrême droite suédoise, a ajouté un sujet de crispation en révélant qu'une employée des Démocrates de Suède au Parlement avait partagé à plusieurs reprises de la propagande prorusse. La proximité géographique de la Russie et le contexte sécuritaire européen donnent à cette affaire une résonance particulière.

Lors d'un débat, Magdalena Andersson a utilisé cette révélation pour alerter sur la possibilité de voir les Démocrates de Suède obtenir des responsabilités, notamment dans les domaines régaliens. Jimmie Akesson, leur dirigeant, a répondu que ce type d'attaque abaissait le niveau du débat. Il a aussi déclaré ne pas avoir eu connaissance des éléments au moment de la publication de l'enquête.

La séquence ne permet pas, à elle seule, de prédire un déplacement de voix. Elle dit toutefois ce que cette élection met en jeu : au-delà des programmes, les électeurs arbitreront aussi sur la forme que doit prendre une majorité de droite et sur les alliances qu'ils acceptent de voir entrer au gouvernement.

Dimanche, puis les négociations

Le vote donnera un rapport de forces, pas nécessairement un gouvernement prêt à fonctionner dès le lendemain. En Suède, les équilibres entre partis comptent autant que la couleur du bloc arrivé devant. Une avance réduite peut compliquer la formation d'une majorité stable, surtout lorsqu'un allié réclame une place nouvelle dans l'exécutif.

Les deux camps ont donc passé les derniers jours à parler au plus grand nombre sans perdre leurs électorats respectifs. A gauche, le défi est de transformer l'inquiétude sur le niveau de vie en majorité. A droite, il est de convaincre que la fermeté sur la sécurité et l'immigration peut coexister avec une coalition assumée avec les Démocrates de Suède.

Les chiffres de Novus donnent une légère avance au centre gauche. Ils ne dispensent ni d'attendre le dépouillement ni de regarder la mécanique des alliances. C'est précisément là que se jouera l'après scrutin.

Sources

Article fondé sur la dépêche AFP publiée par France 24 le 11 septembre 2026, notamment pour le sondage Novus, les déclarations de campagne et les éléments rapportés par la fondation Expo.

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#Suède#élections#Ulf Kristersson#Magdalena Andersson#Europe
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