Un tirage au sort qui n'épargne pas les clubs français
Le tirage au sort de la phase de ligue de l'Europa League 2026-2027, effectué vendredi à Monaco, a réservé un programme dense et exigeant à l'Olympique de Marseille et à l'Olympique lyonnais. Seul le Stade Rennais, de retour sur la scène européenne après deux saisons d'absence, peut se targuer d'avoir hérité d'un groupe plus abordable.
Placés dans le premier chapeau, les deux clubs phocéen et rhodanien ont certes évité les deux épouvantails italiens du plateau, la Juventus Turin et l'AC Milan, mais ils n'ont pas été épargnés pour autant. Leurs adversaires respectifs promettent des déplacements et des réceptions particulièrement disputés tout au long de l'automne et de l'hiver.
Un calendrier corsé pour l'Olympique de Marseille
Les Marseillais, finalistes de la compétition en 1999, 2004 et 2018, devront afficher des nerfs solides pour résister à des déplacements difficiles, notamment sur les pelouses du Bayer Leverkusen en Allemagne, du Celtic Glasgow en Écosse et du Besiktas en Turquie. Trois adversaires réputés pour leur ferveur populaire et la qualité de leurs infrastructures.
L'OM aura toutefois l'avantage de recevoir au Vélodrome quatre équipes a priori plus abordables sur le papier : les Grecs de l'Olympiacos, les Belges d'Anderlecht, les Espagnols du Celta Vigo et les Bulgares du Levski Sofia. Un calendrier équilibré entre confrontations redoutables et rencontres plus favorables à domicile.
Un effectif marseillais fragilisé par le mercato
Ce tirage relevé intervient dans un contexte compliqué pour le club phocéen, qui n'a toujours pas recruté durant le mercato estival. L'opération de dégraissage de l'effectif n'est peut être pas encore terminée non plus, ce qui inquiète une partie des observateurs à l'approche d'une campagne européenne exigeante.
Le président de l'OM, Stéphane Richard, a justifié cette prudence sur le marché des transferts par des contraintes financières strictes. "On a un objectif de masse salariale. Cet objectif a été soumis et validé par la DNCG. Tant que vous n'êtes pas arrivés proche de cet objectif, vous ne pouvez pas recruter", a t il expliqué, tout en qualifiant le tirage de "relevé".
Lyon face à un adversaire familier après l'échec en Ligue des champions
L'Olympique lyonnais, qui avait terminé premier de sa phase de ligue l'an passé, connaît lui aussi un parcours européen consistant après avoir manqué de peu sa qualification pour la Ligue des champions en barrages, battu par le Fenerbahçe mercredi dernier.
Les Lyonnais se déplaceront chez les Espagnols de la Real Sociedad, les Belges d'Anderlecht, les Allemands de l'Hoffenheim et les Polonais du Jagiellonia Bialystok. À domicile, ils accueilleront un autre club belge, l'Union Saint-Gilloise, ainsi que les Norvégiens du Lillestrom et les Allemands du Bayer Leverkusen, également adversaires de l'OM dans cette phase de ligue.
Les retrouvailles entre l'OL et son ancien entraîneur
Un choc particulier attend également les Lyonnais, qui affronteront à domicile les Anglais de Crystal Palace. Ce match sera l'occasion de retrouvailles avec Pierre Sage, ancien entraîneur de l'Olympique lyonnais, qui a pris les commandes de l'équipe londonienne après son départ du Racing Club de Lens à l'intersaison.
Le directeur général de l'OL, Michael Gerlinger, a reconnu que cette rencontre revêtirait une saveur toute particulière. "Ce sera un match particulier. Sur le plan sportif, c'est faisable. On aurait pu disputer une autre compétition mais on va jouer avec le même élan et la même envie. On va essayer d'accéder aux matches à élimination directe", a t il ajouté, déterminé à faire bonne figure malgré la déception de l'élimination en barrages de la Ligue des champions.
Rennes, le grand gagnant du tirage au sort
Pour son retour sur la scène européenne après deux ans d'absence, le Stade Rennais peut au contraire respirer. Les Bretons se frotteront certes à la Juventus Turin, seule "vieille dame" de leur groupe, mais ils s'en sortent globalement plutôt bien sur le reste de leur calendrier.
Rennes jouera à domicile contre l'Olympiacos, le Dinamo Zagreb, l'Omonia Nicosie et l'OFI Crète, et se déplacera face au Sparta Prague, au Sturm Graz et au NEC Nimègue. Un programme jugé nettement plus abordable que celui réservé à l'OM et à l'OL.
Les ambitions affichées par les dirigeants rennais
Le président exécutif du Stade Rennais, Arnaud Pouille, s'est réjoui du retour de son club sur la scène continentale. "C'est un plaisir de revenir sur la scène européenne. Le tirage aurait pu être pire. L'ambition sera de bien figurer, l'objectif sera de sortir de la phase de ligue et après on verra notre tirage", a t il déclaré au sortir de la cérémonie monégasque.
Cette philosophie prudente, qui consiste à viser d'abord la qualification pour les seizièmes de finale avant de se projeter plus loin, reflète une approche pragmatique après deux saisons passées loin des compétitions européennes, à l'image du tirage tout aussi scruté de la Ligue des champions qui avait désigné les adversaires du PSG, de Lens et de Lille quelques jours plus tôt. Les Bretons espèrent capitaliser sur cette dynamique retrouvée pour installer durablement le club parmi les habitués de la scène continentale.
Calendrier et échéances de la compétition
La première journée de la phase de ligue de l'Europa League se déroulera les 16 et 17 septembre prochains. La finale de l'édition 2026-2027 est quant à elle programmée à Francfort, en Allemagne, le 26 mai 2027, une échéance encore lointaine pour les trois clubs français engagés dans la compétition.
À noter qu'en parallèle, le tirage de la Ligue Conference a également désigné les principaux adversaires de l'AS Monaco pour sa phase de ligue, qui débutera le 15 octobre, avec notamment Brighton et Fribourg au programme. La finale de cette troisième compétition européenne est prévue à Istanbul le 2 juin 2027.
Trois clubs français, trois objectifs distincts
Au delà des chiffres et des adversaires désignés par l'urne monégasque, cette phase de ligue illustre surtout la diversité des situations dans lesquelles se trouvent les trois représentants français. L'Olympique de Marseille aborde la compétition avec un effectif resserré et des ambitions financières contraintes, tandis que l'Olympique lyonnais y voit une occasion de rebondir rapidement après la désillusion des barrages de la Ligue des champions.
Le Stade Rennais, de son côté, mise avant tout sur la découverte et la progression collective, avec l'espoir d'installer durablement le club parmi les habitués des soirées européennes. Ces trois trajectoires distinctes donneront à la campagne 2026-2027 d'Europa League une saveur particulière pour les observateurs du football français, entre exigence de résultats immédiats et projets de plus long terme.
