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Sport Reportage

Badminton : Alex Lanier sacré champion du monde à New Delhi, la France en fête

Le badiste français de 21 ans a remporté le titre mondial en simple messieurs face au Japonais Kodai Naraoka, quelques heures après le sacre historique de Delphine Delrue et Thom Gicquel en double mixte.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 24/08/2026 à 18:23 · 6 min de lecture
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Le badiste français Alex Lanier en 2026
En bref
Sommaire
  1. Une victoire nette en deux manches sèches
  2. Une progression fulgurante depuis deux ans
  3. « J'étais persuadé qu'on allait l'emporter »
  4. Un heureux concours de circonstances pour le double mixte
  5. Un heureux concours de circonstances pour le badminton tricolore
  6. Une discipline en pleine ascension en France
  7. Une compétition suivie de près par tout un pays

Quelques heures après le sacre de Delphine Delrue et Thom Gicquel en double mixte aux dépens des numéros 1 mondiaux, Alex Lanier a offert à la délégation française un nouveau titre aux Championnats du monde de badminton 2026, à New Delhi. Le badiste normand de 21 ans s'est imposé face au Japonais Kodai Naraoka en finale du simple messieurs, offrant à la France son tout premier sacre mondial dans cette catégorie et parachevant une édition 2026 exceptionnelle pour le badminton tricolore.

Une victoire nette en deux manches sèches

Quelque 950 kilomètres séparent l'Indira Gandhi Arena, à New Delhi, du Mahalangur Himal, mais c'est bien dans le complexe sportif couvert de la capitale indienne que l'équipe de France de badminton a, à certains égards, conquis son Everest. S'il avait dû remonter un handicap d'un set lors des deux matchs précédents, Alex Lanier a cette fois fait montre d'une maîtrise remarquable tout au long de la partie, s'imposant en deux manches sèches avec un jeu très offensif, sur les scores de 21 à 11 et 21 à 11. Jamais avant cette édition 2026 les Bleus n'avaient disputé de finale dans ce tournoi. Dans l'histoire de la compétition, créée en 1977, la France n'avait jusque là décroché que deux podiums, avec la troisième place de Hongyan Pi chez les dames en 2008, et celle du duo Delphine Delrue et Thom Gicquel en 2025.

Une progression fulgurante depuis deux ans

Voir Alex Lanier avec l'or mondial autour du cou semblait difficilement imaginable il y a deux ans. Non qualifié pour les Jeux olympiques de Paris, le natif du Calvados ne pointait alors qu'au 48e rang mondial. Mais le badiste, réputé autant pour la puissance de son smash que pour l'exigence dont il fait preuve envers lui même, a connu une progression fulgurante. En mars 2025, il est devenu le premier Français à intégrer le top 10 mondial en simple hommes, avant de remporter, un mois plus tard, les championnats d'Europe à Horsens, au Danemark. A New Delhi, le 9e joueur au classement international a fait preuve d'une ténacité remarquable, en renversant notamment le Thaïlandais Kunlavut Vitidsarn, vice champion olympique et numéro 2 mondial, ainsi que le Canadien Victor Lai pour se qualifier pour la finale.

« J'étais persuadé qu'on allait l'emporter »

Alex Lanier a su se servir du parcours de ses compatriotes pour y puiser un regain de motivation tout au long de la compétition. « Dans un coin de ma tête j'en rigolais, je me suis dit : j'aurais un peu honte de perdre après eux », a t il expliqué après sa qualification pour la finale. Cette saine émulation, la paire Delphine Delrue et Thom Gicquel s'en est elle aussi nourrie plus tôt dans la journée. « On voulait vraiment gagner en premier, car on sait qu'Alex, derrière, veut gagner et on le sent bien », s'amusait Delphine Delrue après son propre titre. Le duo, tête de série numéro 5, a eu fort à faire face aux numéros 1 mondiaux Dong Ping Huang et Yan Zhe Feng, qu'ils n'avaient jamais battus avant ce dimanche. « Pendant La Marseillaise, j'ai pensé à ma famille, à ma fiancée, qui m'a dit que j'allais être champion du monde. Elle ne m'avait jamais dit ça, donc j'étais persuadé qu'on allait l'emporter », a raconté de son côté Thom Gicquel.

Un heureux concours de circonstances pour le double mixte

Le titre de Delphine Delrue et Thom Gicquel récompense la régularité d'une paire habituée à occuper le top 10 international, formée grâce à un heureux concours de circonstances. Tout commence à l'été 2016, lorsque les deux badistes intègrent l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance sans avoir de partenaire. Malgré des parcours assez différents, Delphine Delrue ayant découvert la discipline presque par hasard tandis que Thom Gicquel a grandi dans une famille de pratiquants, leur entente a été aussi immédiate que les bons résultats. Une victoire aux championnats d'Europe 2024 à Sarrebruck, en Allemagne, puis à l'Open d'Indonésie en juin 2025, un tournoi Super 1000 équivalent d'un Grand Chelem en tennis, et une médaille de bronze mondiale historique à l'été 2025 à Paris, avaient déjà installé la paire parmi les références de la discipline avant ce sacre à New Delhi.

Un heureux concours de circonstances pour le badminton tricolore

Ce titre récompense également la solidité collective du badminton français sur la scène internationale. Derrière la Chine et la Corée du Sud, la France a été le troisième pays le plus représenté en demi finales des Mondiaux 2026. Ces performances révèlent la qualité de la formation locale, alors que Hongyan Pi, seule autre médaillée française dans l'histoire de la compétition, avait fait ses gammes en Chine, dont elle a un temps porté les couleurs. Cerise sur le gâteau, la réussite des nouveaux champions profite même à leurs compatriotes : grâce au beau parcours d'Alex Lanier, Christo Popov est désormais numéro 2 mondial, le classement le plus haut jamais occupé par un badiste français, malgré son élimination précoce dans le tournoi.

Une discipline en pleine ascension en France

Si les Bleus brillaient déjà sur la scène continentale ces dernières années, les succès de New Delhi viennent parachever l'essor du badminton tricolore, longtemps considéré comme une discipline confidentielle en France par rapport à des nations comme la Chine, l'Indonésie, le Danemark ou le Japon. Reste désormais à l'équipe de France à densifier son réservoir de talents dans les autres catégories, à l'image du simple femmes, où l'unique représentante du pays engagée en Inde, Anna Tatranova, a été sortie dès le premier tour. Les dirigeants de la Fédération française de badminton espèrent que la médiatisation de ces deux titres mondiaux permettra d'attirer de nouveaux pratiquants vers cette discipline olympique, en vue notamment des prochaines échéances internationales.

Une compétition suivie de près par tout un pays

Ces deux titres mondiaux, obtenus le même jour à quelques heures d'intervalle, ont suscité un engouement inhabituel pour une discipline qui peine généralement à s'attirer une large couverture médiatique en France, loin de l'exposition dont bénéficient le football, le rugby ou le tennis. De nombreux clubs amateurs à travers le pays ont rapporté un afflux de demandes d'inscription dès le lendemain de la finale, illustrant l'effet immédiat que peut avoir un sacre mondial sur la pratique amateur d'un sport encore considéré comme confidentiel. Les prochains grands rendez-vous du badminton tricolore seront désormais suivis avec une attention renouvelée, notamment les championnats d'Europe et les qualifications pour les prochains Jeux olympiques, où la France espère confirmer cette dynamique exceptionnelle amorcée à New Delhi.

Source : d'après Le Monde.

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