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Économie Décryptage

Facturation électronique : près d’une entreprise sur deux n’est pas prête pour le 1er septembre

À quelques jours de la première échéance, près d’une entreprise concernée sur deux n’a pas encore choisi sa plateforme agréée pour la facturation électronique.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 26/08/2026 à 08:56 · 6 min de lecture
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Documents administratifs et calculatrice sur un bureau
Photo d’illustration, documents administratifs et calculatrice.
En bref
Sommaire
  1. Une réforme qui entre dans sa première phase
  2. Pourquoi autant d’entreprises sont encore en retard
  3. Ce qui va changer pour les professionnels
  4. Les démarches à effectuer sans attendre
  5. Une transition qui dépassera la seule question des factures

À quelques jours de l’entrée en application de la réforme, près d’une entreprise concernée sur deux n’a pas encore engagé les démarches nécessaires pour recevoir les factures électroniques. À partir du 1er septembre 2026, les entreprises assujetties à la TVA devront pouvoir recevoir des factures sous un format électronique conforme, en passant par une plateforme agréée par l’État. Le calendrier prévoit ensuite une généralisation progressive de l’émission des factures.

Une réforme qui entre dans sa première phase

La facturation électronique ne consiste pas simplement à envoyer un document PDF par courriel. Le nouveau dispositif repose sur des factures structurées, transmises par l’intermédiaire d’une plateforme agréée. Ces documents doivent contenir des informations exploitables automatiquement par les logiciels comptables et par l’administration fiscale. L’objectif est de réduire les ressaisies, les erreurs et les délais de traitement qui accompagnent encore une grande partie des échanges entre entreprises.

La première échéance concerne toutes les structures soumises à la TVA, y compris certaines associations qui réalisent des opérations entrant dans le champ de la taxe. Dès le 1er septembre 2026, les grandes entreprises, les entreprises de taille intermédiaire, les PME, les microentrepreneurs concernés et les travailleurs indépendants devront être capables de recevoir les factures électroniques de leurs fournisseurs. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire devront également commencer à les émettre à cette date.

Pour les PME, les microentrepreneurs et les entrepreneurs individuels, l’obligation d’émettre leurs propres factures électroniques interviendra le 1er septembre 2027. Cette différence entre réception et émission donne un délai supplémentaire aux plus petites structures, mais elle ne dispense pas les dirigeants de choisir rapidement une solution compatible.

Pourquoi autant d’entreprises sont encore en retard

Le retard s’explique d’abord par la complexité apparente de la réforme. Beaucoup de dirigeants savent qu’ils devront modifier leurs habitudes, sans toujours savoir quelle plateforme choisir, quel logiciel conserver ou comment vérifier la compatibilité de leur système actuel. Les très petites entreprises disposent rarement d’un service informatique ou d’un responsable administratif capable de piloter seul cette transition.

Le choix de la plateforme constitue une étape centrale. L’administration a agréé 148 plateformes chargées d’assurer la transmission et la réception des factures. Certaines sont intégrées directement aux logiciels de comptabilité ou de gestion commerciale. D’autres proposent une interface indépendante, adaptée aux structures qui émettent peu de factures. Cette diversité permet de répondre à des besoins différents, mais elle peut aussi rendre la décision plus difficile pour un entrepreneur qui ne connaît pas les différences entre les offres.

La réforme intervient également dans une période chargée pour les entreprises. La rentrée concentre déjà les déclarations, les renouvellements de contrats et la préparation des budgets. Pour beaucoup de dirigeants, la facturation électronique reste un projet important mais non urgent tant qu’aucun incident concret ne s’est produit. Le risque est alors de repousser la configuration jusqu’aux derniers jours, au moment où les prestataires et les experts comptables sont les plus sollicités.

Enfin, certaines entreprises utilisent encore des outils très simples, comme des modèles de facture ou des tableurs. Elles doivent comprendre que le passage à un format électronique conforme implique parfois une évolution de leur organisation, et pas seulement l’installation d’un nouveau logiciel.

Ce qui va changer pour les professionnels

La réforme doit permettre de transmettre davantage de données de manière automatique et sécurisée. Une facture électronique pourra être contrôlée plus rapidement, intégrée dans un logiciel comptable et rapprochée d’un paiement ou d’un bon de commande. Pour les entreprises, cela peut réduire le temps consacré aux tâches répétitives et limiter les erreurs de saisie.

Le nouveau système doit aussi améliorer la traçabilité des transactions. Une facture ne disparaîtra plus dans une boîte de réception ou dans un dossier mal classé. Son parcours sera mieux documenté, ce qui peut faciliter les recherches en cas de litige, de contrôle ou de demande d’un client. Les délais de paiement pourraient également diminuer si les documents sont reçus et traités plus rapidement.

Le dispositif poursuit enfin un objectif fiscal. En disposant d’informations plus standardisées sur les transactions, l’administration souhaite mieux lutter contre la fraude à la TVA. Bercy estime que la réforme pourrait faire entrer entre 2 et 3 milliards d’euros supplémentaires dans les caisses de l’État. Ce montant reste une estimation, car les bénéfices dépendront de l’adoption réelle du système et de la qualité des données transmises.

Les entreprises devront toutefois rester attentives à la protection de leurs données. Les factures contiennent des informations commerciales, bancaires et parfois personnelles. Le choix d’une plateforme doit donc prendre en compte la sécurité, les sauvegardes, la gestion des accès et la possibilité de récupérer ses données en cas de changement de prestataire.

Les démarches à effectuer sans attendre

La première action consiste à vérifier si l’entreprise est assujettie à la TVA et à identifier les flux concernés. Il faut ensuite interroger son expert comptable ou l’éditeur du logiciel utilisé pour connaître les solutions déjà compatibles. Une entreprise équipée d’un outil de gestion récent pourra parfois activer une fonction supplémentaire. Une structure qui travaille encore avec des documents manuels devra probablement choisir une plateforme proposant une interface simple.

Le dirigeant doit également recenser les personnes qui émettent, valident et paient les factures. Les droits d’accès devront être organisés pour éviter qu’un compte partagé permette de modifier ou de supprimer des informations importantes. Il est utile de prévoir une procédure interne pour les factures refusées, les avoirs et les demandes de correction.

Les premiers mois seront probablement une période d’adaptation. Le gouvernement a annoncé vouloir faire preuve de souplesse au début de la réforme, mais cette souplesse ne doit pas être interprétée comme une suspension des obligations. Les entreprises qui commencent maintenant auront le temps de tester leur plateforme, de corriger leurs réglages et d’accompagner leurs salariés.

Une transition qui dépassera la seule question des factures

La facturation électronique peut devenir un point d’entrée vers une gestion plus moderne de l’entreprise. Une fois les données mieux structurées, il devient plus facile de suivre les encaissements, d’anticiper les besoins de trésorerie et d’automatiser certains rapprochements. Les dirigeants pourront consacrer moins de temps à rechercher des documents et davantage à piloter leur activité.

La réussite de la réforme dépendra cependant de sa simplicité réelle. Une obligation comprise mais trop difficile à mettre en œuvre risque de créer des erreurs et de décourager les plus petites entreprises. À l’inverse, une transition accompagnée par les experts comptables, les éditeurs et les plateformes peut rapidement produire des gains concrets.

Pour les professionnels, le message est donc clair : il ne faut pas attendre septembre 2027 pour s’intéresser au sujet. La capacité à recevoir les factures devient obligatoire dès cette année. Choisir une plateforme, vérifier son logiciel et informer ses partenaires sont les trois premières étapes pour entrer dans la réforme sans subir l’urgence.

Source : d’après Le Monde, article de Béatrice Madeline publié le 26 août 2026.

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