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Santé

Ebola en RDC : l'épidémie dépasse 2 500 morts, six membres de la Croix-Rouge blessés en une semaine

L'ONU alerte sur une épidémie d'Ebola qui « progresse de façon exponentielle » en République démocratique du Congo, avec plus de 2 500 morts. Des volontaires de la Croix-Rouge ont été blessés dans une série d'attaques.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 25/08/2026 à 08:07 · 6 min de lecture
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Personnel de santé s'entraînant au port d'équipements de protection contre Ebola
Photo d'illustration : formation de soignants au port d'équipements de protection individuelle contre Ebola (CDC Global, CC BY 2.0, Wikimedia Commons).
En bref
Sommaire
  1. Une épidémie qui « progresse de façon exponentielle »
  2. Un bilan qui dépasse déjà la pire épidémie de l'histoire du pays
  3. Des volontaires de la Croix-Rouge visés par des violences répétées
  4. Un convoi transfrontalier également pris pour cible
  5. La défiance d'une partie de la population, un obstacle supplémentaire
  6. Une souche sans vaccin homologué
  7. Une riposte internationale critiquée pour sa lenteur
  8. Un virus qui a déjà tué des milliers de personnes en Afrique

L'épidémie d'Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC) depuis le 15 mai a franchi la barre des deux mille cinq cents morts et « progresse de façon exponentielle », a averti l'Organisation des Nations unies. Dans le même temps, plusieurs organisations de la Croix-Rouge se sont dites « profondément préoccupées » après que six de leurs membres ont été blessés en une semaine dans des attaques visant le personnel humanitaire mobilisé sur le terrain.

Une épidémie qui « progresse de façon exponentielle »

« L'épidémie s'étend largement, elle couvre désormais une superficie supérieure à celle de la France », a averti Julien Harneis, coordinateur principal d'Ebola pour les Nations unies, lors d'une conférence de presse tenue à Genève. Selon lui, la moitié des décès recensés depuis le début de la flambée est survenue au cours des vingt derniers jours seulement, un rythme qui illustre l'accélération brutale de la propagation du virus. « Sa propagation dépasse la rapidité de notre réponse, elle s'intensifie et s'étend plus vite que les efforts déployés dans toute la région », a t il ajouté, soulignant l'ampleur inédite du défi sanitaire auquel doivent désormais faire face les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux.

Un bilan qui dépasse déjà la pire épidémie de l'histoire du pays

Déclarée officiellement le 15 mai et désormais étendue à six provinces du pays, l'épidémie actuelle a dépassé en seulement trois mois celle qui avait frappé l'est de la RDC entre 2018 et 2020, jusqu'alors considérée comme la plus meurtrière de l'histoire du pays avec deux mille deux cent quatre vingt dix neuf morts sur trois mille trois cent quatre vingt un cas confirmés, selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé. Cette comparaison donne la mesure de la gravité de la situation actuelle, alors que le bilan continue de s'alourdir chaque jour selon les autorités sanitaires locales et les organisations humanitaires présentes sur place, qui peinent à suivre le rythme des nouvelles contaminations.

Des volontaires de la Croix-Rouge visés par des violences répétées

« Cent jours après la déclaration officielle de l'épidémie, douze volontaires ont été blessés, des ambulances endommagées, dont une incendiée, et du matériel d'intervention détruit au cours de onze incidents violents », ont détaillé dans un communiqué commun les Croix-Rouge de la RDC et de l'Ouganda, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et le Comité international de la Croix-Rouge. Le 19 août, à Beni, dans la province du Nord-Kivu, trois volontaires participant à des activités humanitaires ont ainsi été violemment agressés et blessés par un groupe d'individus. Deux autres volontaires ont été blessés le 18 août alors qu'ils tentaient d'organiser un enterrement « digne et sécurisé » dans le village de Malikuti, dans le Haut-Uele voisin.

Un convoi transfrontalier également pris pour cible

Les organisations humanitaires ont également fait état d'une attaque distincte visée contre un convoi de la Croix-Rouge ougandaise intervenant dans le cadre de la riposte transfrontalière, à Aru, dans la province de l'Ituri. Un membre de l'équipe a été gravement blessé et deux ambulances ont été caillassées et vandalisées lors de cet incident. « Les attaques contre les volontaires et les intervenants humanitaires sont inacceptables », ont dénoncé les organisations, qui appellent « toutes les parties prenantes concernées à soutenir, respecter et protéger l'action humanitaire » dans une région où opèrent de nombreux groupes armés. A la mi-août, l'Organisation mondiale de la santé recensait déjà douze attaques distinctes contre des centres de santé depuis le début de cette épidémie.

La défiance d'une partie de la population, un obstacle supplémentaire

Au delà des violences directement liées aux groupes armés actifs dans l'est du pays, la riposte se heurte également à la méfiance d'une partie de la population locale et de certaines communautés, notamment concernant les rites funéraires. Les enterrements des victimes d'Ebola doivent en effet être strictement encadrés par des équipes spécialisées afin d'éviter toute contamination supplémentaire, ce qui prive les familles des rites traditionnels habituels et alimente des tensions récurrentes avec le personnel médical. Plusieurs incidents ont ainsi éclaté ces dernières semaines autour de la remise de dépouilles de victimes, certaines familles réclamant la restitution des corps pour organiser des funérailles selon les coutumes locales.

Une souche sans vaccin homologué

Particularité de cette flambée épidémique, il n'existe à ce jour aucun vaccin ni traitement spécifique homologué contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, à l'origine de cette épidémie. Des essais cliniques sont néanmoins en cours dans la région, et soixante dix mille doses du vaccin Ervebo, lui homologué contre la souche Zaïre du virus, ont été déployées en RDC afin d'évaluer son éventuel impact protecteur contre la souche Bundibugyo actuellement en circulation. L'Organisation mondiale de la santé espère que ces essais permettront de disposer rapidement d'un outil supplémentaire pour freiner la progression du virus, en complément des mesures classiques d'isolement et de traçage des cas contacts.

Une riposte internationale critiquée pour sa lenteur

Sous financée depuis plusieurs mois, la riposte internationale à cette épidémie fait l'objet de critiques croissantes pour sa lenteur et son manque de coordination entre les différents acteurs impliqués sur le terrain. Plusieurs tribunes publiées ces dernières semaines ont ainsi appelé à empêcher qu'Ebola ne devienne « une menace régionale et internationale », alertant sur le risque d'une propagation au delà des frontières congolaises si les moyens déployés ne sont pas rapidement renforcés. Le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe, codécouvreur du virus en 1976, a lui même averti qu'Ebola se propageait « à une vitesse que nous n'avions encore jamais observée » dans l'histoire de la maladie.

Un virus qui a déjà tué des milliers de personnes en Afrique

Le virus Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique souvent mortelle, a déjà tué plus de quinze mille personnes en Afrique au cours des cinquante dernières années, depuis sa découverte en 1976 près de la rivière Ebola, dans l'actuelle RDC. La région de l'est du pays, régulièrement en proie à l'instabilité et à la présence de multiples groupes armés, constitue un terrain particulièrement propice à la propagation de ce type d'épidémie, rendant la coordination entre acteurs sanitaires et sécuritaires d'autant plus indispensable pour espérer enrayer la progression du virus dans les mois à venir.

Source : d'après Le Monde.

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