Le maire de Cannes David Lisnard, président du parti Nouvelle Energie et candidat déclaré à la présidentielle de 2027, a appelé ses concurrents de droite et du centre à accepter l'organisation d'une grande primaire ouverte. Dans une tribune publiée dans Le Monde, il affirme que sans ce processus, ce camp politique ne sera pas en mesure de l'emporter face à ses adversaires.
Un constat de lucidité à huit mois du scrutin
« A huit mois de l'élection présidentielle, regardons la situation avec lucidité », écrit David Lisnard en ouverture de sa tribune. Selon lui, aucun candidat naturel ne s'impose actuellement à droite et au centre, et personne ne dispose d'une légitimité présidentielle incontestable au sein de cette famille politique. Loin d'y voir un motif de découragement, il présente ce constat comme un simple fait politique qu'il convient de traiter méthodiquement plutôt que d'ignorer. Cette entrée en matière, dépourvue de tout triomphalisme, tranche avec le ton habituel des prises de parole de personnalités se présentant elles mêmes comme candidates à la magistrature suprême.
Aucune dynamique sondagière suffisante
Le maire de Cannes estime qu'aucune dynamique sondagière ne permettra à elle seule de propulser un candidat vers la victoire. Il en tire la conclusion qu'il devient incontournable d'organiser, avant la demi finale que constituerait le premier tour de la présidentielle, un véritable quart de finale sous la forme d'une grande primaire ouverte à tous ceux qui se réclament de la droite et du centre, quelle que soit leur étiquette partisane actuelle.
Eviter la division qui fait perdre les élections
Cet appel s'inscrit dans la continuité d'une démarche engagée dès le mois de mars, lorsque quatre vingt dix élus de droite et du centre avaient déjà appelé à un sursaut d'unité et à une candidature unique pour éviter la dispersion des voix. David Lisnard reprend cette préoccupation à son compte, estimant que la multiplication des candidatures et les compromissions programmatiques destinées à éviter la confrontation ne peuvent conduire qu'à l'échec collectif de ce camp lors du premier tour.
Une primaire pensée comme confrontation des projets
Pour l'ancien élu Les Républicains, la primaire ouverte doit être comprise comme une confrontation de personnalités et de projets, et non comme un simple ralliement de façade. Elle permettrait, selon lui, de découvrir le caractère de chaque candidat et contraindrait chacun à exposer ses idées, ses propositions et ses réformes directement devant les Français, plutôt que de laisser ces choix se décider dans ce qu'il appelle des « manœuvres d'alcôves » entre appareils partisans.
Affronter les concurrents plutôt que les rejoindre
David Lisnard prend soin de préciser qu'il ne s'agit pas, pour les participants, d'embrasser le programme ou les valeurs de leurs concurrents, mais bien de les affronter pour les départager en amont du scrutin national. Cette compétition interne viserait à maximiser les chances du camp tout entier d'accéder au second tour. Il ajoute que ceux qui réclament cette confrontation démocratique le font parce qu'ils ont confiance dans la solidité de leur propre projet, tandis que ceux qui chercheraient à s'y soustraire devraient, selon lui, expliquer publiquement ce qu'ils redoutent d'un tel exercice.
L'exemple de la primaire de 2016 comme argument de légitimité
Pour étayer sa démonstration, le président de Nouvelle Energie s'appuie sur l'expérience de la primaire de la droite et du centre organisée en 2016, lors de laquelle plus de quatre millions de Français s'étaient déplacés pour choisir leur candidat. Cette participation massive avait conféré au vainqueur de l'époque une autorité qu'aucune désignation interne réalisée entre responsables de partis n'aurait pu lui donner, rappelle t il, y voyant la preuve qu'une démocratie fondée sur la participation populaire directe est plus saine et plus efficace que des arrangements conclus entre notables.
Une candidature qui cherche encore sa place
Maire de Cannes depuis 2014 et ancienne figure des Républicains, David Lisnard a fondé son propre mouvement, Nouvelle Energie, avant d'annoncer sa candidature à la présidentielle de 2027. Il fait partie d'une longue liste de personnalités de droite et du centre qui se positionnent en vue du scrutin, aux côtés de figures comme Edouard Philippe, qui a récemment promis d'augmenter de vingt pour cent la rémunération moyenne des enseignants sur un quinquennat s'il était élu. Cette multiplication des candidatures potentielles illustre précisément la fragmentation que David Lisnard entend combattre par sa proposition de primaire commune.
Un profil de gestionnaire local mis en avant
David Lisnard s'est construit une image de gestionnaire pragmatique durant ses mandats successifs à la mairie de Cannes, une commune qu'il présente souvent comme un laboratoire de politiques locales en matière de sécurité, de finances publiques ou de gestion urbaine. Il met régulièrement en avant cette expérience de terrain pour justifier sa légitimité à porter un discours de rassemblement national, en contraste avec des figures plus installées dans le paysage parlementaire ou gouvernemental qui pourraient, selon lui, apparaître davantage associées aux échecs passés de leur camp politique.
Un pari sur la démocratie interne face à la fragmentation
En creux, cette tribune traduit l'inquiétude d'une partie de la droite et du centre face au risque de voir leurs voix éclatées entre plusieurs candidatures concurrentes lors du premier tour de la présidentielle de 2027, un scénario qui avait déjà pénalisé ce camp lors de précédents scrutins nationaux. Reste à savoir si les autres prétendants de cette famille politique, dont certains bénéficient déjà d'une notoriété ou d'un socle électoral propre, accepteront de se plier à l'exercice d'une primaire ouverte dont l'issue reste par définition incertaine pour chacun d'entre eux.
Une proposition qui devra convaincre les principaux intéressés
Pour l'heure, aucune réponse officielle des principaux responsables de droite et du centre n'a été apportée à cette proposition. Les précédents appels à l'unité, notamment celui porté en mars par plusieurs dizaines d'élus, n'avaient pas encore débouché sur un accord concret concernant les modalités d'une candidature commune. La proposition de David Lisnard, en misant explicitement sur le modèle de 2016, remet la question de la primaire au centre du débat interne à quelques mois d'un scrutin présidentiel qui s'annonce particulièrement disputé pour l'ensemble des familles politiques françaises.
