La loi de finances 2026, adoptée en décembre 2025 après un parcours parlementaire particulièrement tendu, apporte un ensemble de modifications substantielles à la fiscalité des particuliers. Barème de l'impôt sur le revenu actualisé, ajustements sur la flat tax, plafond du Plan d'Épargne Retraite relevé, fin définitive des dispositifs d'investissement locatif défiscalisés : voici ce qui change concrètement pour votre prochaine déclaration et pour vos décisions patrimoniales en 2026.

Le nouveau barème de l'impôt sur le revenu 2026

Le barème de l'impôt sur le revenu est revalorisé chaque année pour suivre l'inflation et éviter que les contribuables ne paient plus d'impôt du seul fait de la hausse des prix sans gain de pouvoir d'achat réel. Pour les revenus 2025 déclarés au printemps 2026, la revalorisation appliquée est de 2,1 %, correspondant à l'évolution de l'indice des prix à la consommation hors tabac retenu pour le calcul.

Tranche de revenu imposable (par part)Taux marginal
Jusqu'à 11 520 €0 %
De 11 520 € à 29 373 €11 %
De 29 373 € à 83 988 €30 %
De 83 988 € à 180 648 €41 %
Au-delà de 180 648 €45 %

La revalorisation de 2,1 % signifie concrètement qu'un contribuable dont les revenus ont augmenté dans la même proportion que l'inflation voit sa cotisation d'impôt rester stable en termes réels. Pour un foyer avec un revenu imposable de 40 000 euros par part, la différence de cotisation entre le barème 2025 et le barème 2026 est d'environ 80 à 100 euros en sa faveur.

La fin définitive du dispositif Pinel

Le dispositif Pinel de réduction d'impôt pour l'investissement locatif dans le neuf a officiellement pris fin le 31 décembre 2024. La loi de finances 2026 confirme cette extinction sans créer de dispositif de remplacement direct. Les investisseurs qui avaient souscrit un engagement Pinel avant cette date continuent de bénéficier de leur réduction d'impôt jusqu'au terme de leur engagement initial (6, 9 ou 12 ans) sous réserve de respecter les conditions de location.

Le Pinel+, variante avec critères énergétiques renforcés (DPE A obligatoire), avait survécu un an de plus mais s'est également éteint le 31 décembre 2024. Les particuliers qui cherchaient à réduire leur impôt via l'immobilier locatif doivent se tourner vers d'autres mécanismes en 2026 : le déficit foncier en rénovation (applicable aux logements anciens avec travaux déductibles des revenus fonciers), les monuments historiques pour les patrimoines les plus importants, ou l'investissement via des SCPI fiscales (Pinel historique terminé, mais Denormandie en zones éligibles peut encore être actionnable sous conditions).

Le Plan d'Épargne Retraite : plafonds 2026 et nouvelles règles

Le plafond annuel de déductibilité des versements volontaires sur le Plan d'Épargne Retraite (PER individuel, PERIN) est revalorisé pour 2026. Il est fixé à 10 % des revenus professionnels nets de l'année précédente, dans la limite de 35 194 euros (contre 34 308 euros en 2025). Pour les personnes qui n'ont pas utilisé l'intégralité de leur plafond au cours des trois années précédentes, le report des plafonds non consommés reste applicable et permet de réaliser un versement unique important avec un effet fiscal immédiat significatif.

La loi de finances 2026 assouplit légèrement les conditions de déblocage anticipé du PER pour les primoaccédants à la propriété. Le montant déblocable reste plafonné à la part constituée par les versements volontaires (hors abondement employeur pour les PER entreprises), et le déblocage est exonéré d'impôt sur la plus-value réalisée. Ce mécanisme peut représenter une aide substantielle pour les jeunes épargnants qui ont alimenté leur PER depuis plusieurs années et souhaitent financer l'apport d'une première acquisition immobilière.

La flat tax sur les revenus du capital en 2026

Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % reste inchangé dans son taux global pour 2026. Il se décompose toujours en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. La loi de finances 2026 modifie cependant certaines règles d'assiette sur les plus-values de cession réalisées par des dirigeants de PME partant à la retraite. L'abattement pour durée de détention applicable à ces cessions est ajusté à la hausse, rendant plus avantageux le régime pour les fondateurs qui cèdent leur entreprise après 30 ans de détention.

L'option pour l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu (au lieu du PFU) reste disponible pour les contribuables dont le taux marginal d'imposition est inférieur à 30 %. Elle s'applique globalement à l'ensemble des revenus du capital de l'année et peut s'avérer avantageuse pour les foyers à revenus modestes qui perçoivent des dividendes ou réalisent des plus-values mobilières.

Assurance vie : les règles inchangées mais les seuils revalorisés

L'assurance vie conserve en 2026 son cadre fiscal avantageux inchangé dans ses grands principes. Les rachats sur des contrats de plus de 8 ans bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune sur les produits perçus. Au-delà de ces abattements, le PFU de 30 % s'applique (ou le taux réduit de 7,5 % pour les primes versées avant 2017 jusqu'à 150 000 euros d'encours net). Ces seuils ne sont pas revalorisés par la loi de finances 2026.

Taxe foncière et logements vacants : ce qui change

La taxe foncière est fixée par les collectivités locales et non par la loi de finances nationale, mais la loi de finances 2026 modifie les règles de revalorisation des valeurs locatives cadastrales qui servent de base au calcul. La revalorisation forfaitaire pour 2026 suit l'indice des prix à la consommation harmonisé de novembre 2025, ce qui se traduit par une augmentation mécanique de la base de calcul avant application des taux communaux.

Les propriétaires de logements vacants dans les zones tendues sont concernés par un renforcement de la taxe sur les logements vacants (TLV). Le délai de vacance déclenchant la taxation est réduit dans les communes qui ont délibéré en ce sens : dans certaines agglomérations, la TLV peut désormais être déclenchée après 12 mois de vacance au lieu de 2 ans. L'objectif est d'inciter les propriétaires à remettre sur le marché locatif les biens inoccupés dans les zones où la demande de logement est structurellement supérieure à l'offre.

Crédit d'impôt emploi à domicile et frais de garde

Le crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile reste fixé à 50 % des dépenses éligibles dans la limite d'un plafond de 12 000 euros par an, majoré selon la composition du foyer (enfants à charge, personne invalide). Ce crédit, partiellement remboursable via l'avance immédiate de crédit d'impôt pour les particuliers employeurs, ne fait l'objet d'aucune modification dans la loi de finances 2026.

Le crédit d'impôt pour frais de garde d'enfants de moins de 6 ans hors du domicile (crèche, assistante maternelle agréée) est maintenu à 50 % des dépenses dans la limite de 3 500 euros par enfant. Ce crédit est entièrement remboursable : même un foyer dont l'impôt à payer est nul perçoit le crédit sous forme de remboursement du Trésor public, ce qui en fait une aide concrète pour les familles à revenus modestes ou moyens.

MaPrimeRénov' 2026 : le volet fiscal de la rénovation énergétique

La loi de finances 2026 ajuste le périmètre fiscal de la rénovation énergétique. Les travaux de rénovation globale visant plusieurs postes simultanément (isolation, chauffage, ventilation) bénéficient d'une bonification des aides renforcée, avec un plafond de dépenses éligibles relevé pour les propriétaires occupants aux revenus modestes et intermédiaires. Les travaux mono-geste, comme le simple remplacement d'une chaudière au gaz par un système géothermique, voient leurs conditions d'éligibilité resserrées : le gain énergétique minimal exigé est relevé pour décourager les remplacements peu efficaces en termes de réduction des émissions réelles.