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Réfection de toiture en copropriété : étapes, devis et majorités requises en 2026

Réfection de toiture en copropriété : étapes, devis et majorités requises en 2026

Table des matières

À retenir

  • Avec le ravalement de façade, la réfection de toiture est le poste de travaux le plus lourd en copropriété — et souvent le plus redouté. Fuites, infiltrations, déperditions thermiques par le toit (jusqu'à 30 % des pertes de chaleur d'un immeuble), vétusté des matériaux : les raisons de s'y attaquer ne manquent pas. En 2026, les nouvelles exigences du DPE collectif et du Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) accélèrent encore les décisions. Ce guide détaille tout : diagnostic, choix techniques, budget, aides, vote en AG et suivi de chantier.
  • Chaque matériau a une espérance de vie différente. Connaître celle de votre toiture permet d'anticiper les travaux :
  • Ces durées sont indicatives : l'exposition au vent, la pollution, le manque d'entretien et les événements climatiques peuvent réduire significativement la longévité d'une toiture.

Avec le ravalement de façade, la réfection de toiture est le poste de travaux le plus lourd en copropriété — et souvent le plus redouté. Fuites, infiltrations, déperditions thermiques par le toit (jusqu'à 30 % des pertes de chaleur d'un immeuble), vétusté des matériaux : les raisons de s'y attaquer ne manquent pas. En 2026, les nouvelles exigences du DPE collectif et du Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) accélèrent encore les décisions. Ce guide détaille tout : diagnostic, choix techniques, budget, aides, vote en AG et suivi de chantier.

Pourquoi et quand refaire la toiture ?

La durée de vie selon le type de couverture

Chaque matériau a une espérance de vie différente. Connaître celle de votre toiture permet d'anticiper les travaux :

Type de couvertureDurée de vie moyenneFréquent en copropriété
Ardoise naturelle80 à 120 ansImmeubles haussmanniens, centres-villes historiques
Tuiles en terre cuite50 à 80 ansRésidences en province, maisons de ville
Tuiles béton30 à 50 ansCopropriétés des années 60-80
Zinc40 à 80 ansToitures parisiennes, immeubles récents
Étanchéité bitumineuse (toit-terrasse)20 à 30 ansImmeubles modernes, résidences récentes
Membrane PVC/EPDM (toit-terrasse)25 à 35 ansConstructions après 2000
Bac acier30 à 50 ansParties communes, garages, locaux techniques

Ces durées sont indicatives : l'exposition au vent, la pollution, le manque d'entretien et les événements climatiques peuvent réduire significativement la longévité d'une toiture.

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Les signes d'alerte qui imposent une intervention

N'attendez pas la fuite dans l'appartement du dernier étage. Voici les signaux à surveiller :

  • Infiltrations récurrentes : taches d'humidité au plafond des derniers étages, moisissures dans les combles
  • Tuiles ou ardoises manquantes/cassées : visibles depuis la rue ou lors d'une inspection
  • Mousse et végétation : invasion de mousse, lichens ou même arbustes qui poussent dans les gouttières
  • Zinguerie dégradée : gouttières percées, noues cassées, solins décollés autour des cheminées
  • Affaissement visible : déformation de la ligne de faîtage, ondulation de la couverture
  • Charpente fragilisée : bois attaqué par les insectes xylophages (capricorne, vrillette) ou la mérule
  • Consommation de chauffage excessive : un toit mal isolé peut représenter 25 à 30 % des déperditions thermiques
  • Étanchéité boursouflée (toit-terrasse) : cloques, fissures ou décollements de la membrane

Si vous observez 2 signes ou plus, faites réaliser un diagnostic toiture sans tarder.

Entretien vs réfection : quelle différence ?

Toutes les interventions sur une toiture ne relèvent pas de la réfection complète :

Type d'interventionNatureCoût indicatifMajorité AG
Entretien courantNettoyage, démoussage, remplacement de quelques tuiles, curage des gouttières5 à 15 €/m²Budget courant (art. 24)
Réparation ponctuelleReprise d'étanchéité localisée, remplacement d'une noue, réparation de cheminée50 à 150 €/mlArt. 24 ou 25 selon ampleur
Réfection partielleRemplacement d'un versant, réfection d'une terrasse80 à 200 €/m²Art. 25
Réfection complèteDépose totale + repose couverture + isolation + zinguerie150 à 350 €/m²Art. 25

L'entretien régulier (tous les 5 à 10 ans) permet de repousser la réfection de plusieurs années et d'éviter les dégâts coûteux. Un démoussage + traitement hydrofuge revient à 15-25 €/m² — bien moins qu'une réfection complète.

Le diagnostic toiture : première étape indispensable

Qui réalise le diagnostic ?

Faites appel à un expert couvreur indépendant ou à un bureau d'études techniques (BET) spécialisé en enveloppe du bâtiment. Évitez de confier le diagnostic à l'entreprise qui réalisera les travaux : le risque de conflit d'intérêts est évident.

Le diagnostic coûte entre 1 500 et 4 000 € selon la superficie et la complexité de la toiture. C'est un investissement qui permet d'éviter des travaux surdimensionnés ou, à l'inverse, de détecter un problème structurel invisible.

Que contient le diagnostic ?

Un diagnostic toiture complet couvre :

  • Inspection visuelle : état de la couverture, des rives, du faîtage, de la zinguerie
  • État de la charpente : contrôle des bois (sondage, détection d'insectes ou champignons), vérification de la structure porteuse
  • Bilan thermique : évaluation de l'isolation existante (épaisseur, type, performance)
  • Contrôle de l'étanchéité : repérage des points faibles (pénétrations, relevés d'étanchéité, joints)
  • État des évacuations d'eau : gouttières, descentes, chéneaux, trop-pleins
  • Rapport photographique : documentation exhaustive de l'état constaté
  • Préconisations chiffrées : travaux recommandés avec estimation budgétaire et degré d'urgence

Le lien avec le DPE collectif et le PPT

Depuis 2024-2025, les copropriétés doivent progressivement disposer d'un DPE collectif et d'un Plan Pluriannuel de Travaux (PPT). La toiture est systématiquement évaluée dans ces deux documents. Si le DPE classe l'immeuble en F ou G, l'isolation du toit fera partie des travaux prioritaires du PPT. Le diagnostic toiture peut être intégré au DTG (Diagnostic Technique Global) pour mutualiser les coûts.

Combien coûte une réfection de toiture ?

Les prix détaillés par type de travaux

PostePrix au m² (HT)Détail
Dépose de l'ancienne couverture15 à 30 €Inclut évacuation des déchets, tri et recyclage
Reprise/traitement de charpente40 à 120 €Traitement insectes, remplacement pièces, renforcement
Isolation sous rampants (laine de verre/roche)40 à 80 €R ≥ 6 pour respecter la RT/RE2020
Isolation par sarking (panneaux rigides au-dessus de la charpente)80 à 150 €Solution performante, sans perte de volume intérieur
Écran sous-toiture HPV8 à 15 €Haute Perméabilité à la Vapeur, indispensable
Couverture en tuiles terre cuite40 à 80 €Pose comprise, selon modèle et région
Couverture en ardoise naturelle80 à 160 €Matériau noble, pose au crochet
Couverture zinc à joint debout70 à 130 €Technique traditionnelle parisienne
Étanchéité toit-terrasse (membrane)50 à 100 €Bitume, PVC ou EPDM selon usage
Zinguerie complète30 à 60 €/mlGouttières, descentes, noues, solins, chéneaux
Fenêtres de toit (Velux)800 à 2 500 €/unitéFourniture + pose, selon dimensions

Estimation globale pour une copropriété type

Prenons l'exemple d'une résidence de 30 lots, toiture de 500 m² en tuiles terre cuite, avec isolation à refaire :

PosteMontant estimé (HT)
Dépose ancienne couverture10 000 à 15 000 €
Traitement charpente5 000 à 12 000 €
Isolation sous rampants (R=6)20 000 à 40 000 €
Écran sous-toiture4 000 à 7 500 €
Couverture tuiles neuves20 000 à 40 000 €
Zinguerie complète8 000 à 15 000 €
Échafaudages / sécurité6 000 à 12 000 €
Total73 000 à 141 500 €
Coût par lot (30 lots)2 400 à 4 700 €

Pour un immeuble haussmannien parisien en zinc (toiture mansardée complexe), les coûts peuvent atteindre 250 à 400 €/m², soit le double. Les toits-terrasses sont généralement moins chers (80-150 €/m²) mais nécessitent des interventions plus fréquentes.

Les coûts indirects à anticiper

  • Diagnostic préalable : 1 500 à 4 000 €
  • Maîtrise d'œuvre / architecte : 8 à 12 % du montant des travaux (fortement recommandé au-delà de 80 000 €)
  • Honoraires syndic pour suivi de travaux : 2 à 4 % du montant HT (prestation particulière)
  • Permis de construire : obligatoire si modification de l'aspect extérieur (changement de matériau, surélévation), gratuit mais délai de 2-3 mois
  • Déclaration préalable : pour remplacement à l'identique en zone ABF
  • Assurance Dommages-Ouvrage : 2 à 4 % du montant des travaux, obligatoire légalement et vivement recommandée

Les aides financières en 2026

MaPrimeRénov' Copropriété

Le dispositif phare pour les copropriétés finance les travaux d'isolation de toiture lorsqu'ils s'inscrivent dans une rénovation énergétique globale :

  • Taux : jusqu'à 25 % du coût des travaux, plafonné à 25 000 € par logement
  • Bonus sortie de passoire : +10 % si l'immeuble quitte les classes F ou G
  • Condition : gain énergétique global d'au moins 35 %
  • Important : l'isolation seule de la toiture peut ne pas suffire pour atteindre les 35 %. Il faut souvent coupler avec d'autres travaux (façade, chauffage, ventilation)

Les CEE (Certificats d'Économie d'Énergie)

Les primes CEE pour l'isolation de toiture en copropriété sont particulièrement intéressantes :

  • Isolation des combles perdus : 10 à 15 €/m² de prime
  • Isolation des rampants de toiture : 15 à 25 €/m² de prime
  • Isolation de toiture-terrasse : 12 à 20 €/m² de prime
  • Cumulable avec MaPrimeRénov'
  • Condition impérative : dossier déposé avant signature du devis

Éco-PTZ collectif

Pour financer le reste à charge sans intérêts :

  • Jusqu'à 30 000 € par logement (50 000 € pour une rénovation globale)
  • Durée : jusqu'à 20 ans
  • Souscrit par le syndicat de copropriétaires
  • Chaque copropriétaire rembourse sa quote-part dans ses appels de fonds

Aides locales et spécifiques

  • ANAH (Agence Nationale de l'Habitat) : subventions pour copropriétés fragiles ou en difficulté
  • Aides régionales : certaines régions bonusent l'isolation toiture (Île-de-France, Grand Est, Bretagne)
  • Fondation du patrimoine : pour les immeubles à caractère patrimonial, subvention sur la couverture en matériaux traditionnels
  • Caisse de retraite : aide individuelle pour copropriétaires retraités modestes

En cumulant MaPrimeRénov' + CEE + aides locales, le reste à charge peut descendre à 35-50 % pour une réfection avec isolation. L'éco-PTZ permet ensuite d'étaler le paiement.

Le vote en assemblée générale

Quelle majorité pour quels travaux ?

La majorité dépend de la nature exacte des travaux votés :

Nature des travauxMajoritéArticle de loi
Entretien courant (démoussage, remplacement tuiles isolées)Majorité simple des présentsArt. 24
Réfection à l'identique (même matériau, même aspect)Majorité absolue de tous les copropriétairesArt. 25
Réfection avec changement de matériau ou d'aspectMajorité absolue (art. 25)Art. 25
Réfection + isolation thermique (amélioration énergétique)Majorité absolue (art. 25)Art. 25
Surélévation de toitureDouble majorité (2/3 des tantièmes)Art. 26
Travaux d'urgence (infiltrations graves)Décision du syndic sans AGArt. 18

Rappel de la passerelle art. 25-1 : si la majorité absolue n'est pas atteinte mais que le projet recueille au moins un tiers des voix, un second vote a lieu immédiatement à la majorité simple (art. 24).

Les résolutions à préparer

Un dossier complet pour l'AG doit comporter les résolutions suivantes :

  1. Approbation du diagnostic toiture et de ses conclusions
  2. Choix du scénario de travaux (réfection simple / réfection + isolation / réfection complète avec charpente)
  3. Désignation du maître d'œuvre (architecte ou BET) avec présentation de 2-3 offres
  4. Approbation du marché de travaux : présentation d'au minimum 3 devis détaillés et comparatifs
  5. Souscription de l'assurance Dommages-Ouvrage
  6. Plan de financement : utilisation du fonds de travaux + appels de fonds spéciaux + éco-PTZ le cas échéant
  7. Autorisation au syndic de déposer les demandes d'aides (MaPrimeRénov', CEE) et de signer les marchés
  8. Calendrier prévisionnel des appels de fonds

Convaincre les copropriétaires : les arguments clés

Le vote sur la toiture est souvent difficile à cause du montant élevé. Voici les arguments à mettre en avant :

  • La sécurité : une toiture vétuste menace la sécurité des occupants (chutes de tuiles, effondrement partiel)
  • La valeur patrimoniale : un toit en bon état valorise chaque lot de 5 à 10 %. Un toit dégradé fait fuir les acheteurs
  • Les économies d'énergie : l'isolation du toit réduit les charges de chauffage de 20 à 30 % pour les derniers étages
  • Les aides : avec le cumul MaPrimeRénov' + CEE, le coût réel est 30 à 50 % inférieur au montant brut
  • Le risque juridique : en cas de sinistré sur un toit dont l'état vétuste était connu, la responsabilité du syndicat est engagée
  • La mutualisation : chaque année de report augmente le coût final (dégâts aggravés, inflation des matériaux)

Le choix de l'entreprise et du maître d'œuvre

Faut-il un architecte ?

Ce n'est pas toujours obligatoire, mais c'est vivement recommandé dès que le montant dépasse 80 000 € ou que la toiture est complexe (mansarde, terrasse, bâti ancien). L'architecte ou le BET assuré :

  • La rédaction du cahier des charges technique (CCTP)
  • L'analyse des offres et le comparatif détaillé des devis
  • Le suivi de chantier : réunions hebdomadaires, contrôle qualité, gestion des imprévus
  • La réception des travaux et la gestion des réserves
  • La coordination avec l'ABF si l'immeuble est en secteur protégé

Honoraires : 8 à 12 % du montant des travaux HT. C'est un investissement rentable qui évite les malfaçons et garantit la bonne exécution.

Comment sélectionner l'entreprise de couverture ?

Exigez systématiquement :

  • Qualification RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) : obligatoire pour bénéficier des aides
  • Qualification Qualibat (domaine 3 : couverture) ou certificat équivalent
  • Assurance décennale en cours de validité : demandez l'attestation de l'année en cours
  • Références vérifiables : demandez 3 à 5 chantiers similaires réalisés dans les 3 dernières années, et contactez les syndics
  • Capacité financière : une entreprise en difficulté risque de ne pas finir le chantier. Consultez le score Infogreffe
  • Devis détaillé : poste par poste, avec quantités, marques de matériaux, normes respectées (DTU série 40 et 43)

Faites établir au minimum 3 devis sur la base du même cahier des charges. Méfiez-vous des écarts de prix supérieurs à 30 % : le moins-disant cache souvent des prestations incomplètes.

Le déroulement du chantier

Phase 1 : préparation (2 à 4 mois avant le début)

  • Signature du marché avec l'entreprise retenue
  • Dépôt des demandes d'aides : MaPrimeRénov' et CEE doivent être déposés avant tout commencement
  • Déclaration préalable ou permis en mairie
  • Souscription de l'assurance Dommages-Ouvrage
  • Réunion de lancement : syndic + conseil syndical + maître d'œuvre + entreprise pour valider le planning
  • Information des copropriétaires : dates, accès, contraintes, contact d'urgence

Phase 2 : installation (1 à 2 semaines)

  • Mise en place des échafaudages ou nacelles
  • Installation de la protection de chantier : filets, bâches, signalisation
  • Création de la zone de stockage des matériaux (accord préalable pour occupation des espaces communs)
  • Si immeuble habité : mise en place de protections provisoires contre les intempéries pendant la dépose

Phase 3 : travaux (4 à 12 semaines selon ampleur)

L'ordre des opérations pour une réfection complète :

  1. Dépose de l'ancienne couverture : retrait des tuiles/ardoises/zinc + évacuation en benne
  2. Inspection de la charpente à nu : le moment de vérité. Tout problème caché apparaît
  3. Traitement ou réparation de la charpente : injection anti-xylophages, remplacement des pièces vermoulues, renforcement si nécessaire
  4. Pose de l'isolation : entre chevrons (laine minérale) ou en sarking (panneaux rigides au-dessus)
  5. Pose de l'écran sous-toiture HPV : barrière contre l'eau, perméable à la vapeur
  6. Mise en place des liteaux et contre-liteaux
  7. Pose de la nouvelle couverture : tuiles, ardoises, zinc — selon le choix voté
  8. Éléments singuliers : faîtage, rives, noues, solins de cheminée, chatières de ventilation
  9. Zinguerie : gouttières, descentes d'eaux pluviales, chéneaux
  10. Fenêtres de toit : remplacement ou création si voté

Point de vigilance : la dépose expose l'immeuble aux intempéries. L'entreprise doit prévoir un bâchage d'urgence mobilisable en 2 heures en cas de pluie imprévue. Vérifiez cette clause au contrat.

Phase 4 : réception et clôture

  • Visite de pré-réception avec le maître d'œuvre : repérage des éventuelles malfaçons
  • Réception officielle : PV de réception avec ou sans réserves, signé par le syndic
  • Levée des réserves : l'entreprise a 30 à 60 jours pour corriger les défauts listés
  • Solde du marché : le dernier paiement (5 à 10 %) n'est versé qu'après levée complète des réserves
  • Transmission des documents : PV, attestations d'assurance, plans, fiches techniques des matériaux, certificats RGE

Les spécificités des toits-terrasses

Étanchéité : les techniques courantes

Les toits-terrasses nécessitent un traitement spécifique :

  • Membrane bitumineuse bicouche : technique éprouvée, soudée au chalumeau. Durée de vie 20-30 ans. Coût : 50 à 80 €/m²
  • Membrane PVC : soudée à l'air chaud, résistante aux UV. Durée de vie 25-35 ans. Coût : 60 à 90 €/m²
  • Membrane EPDM : caoutchouc synthétique, très résistante et souple. Durée de vie 30-40 ans. Coût : 55 à 85 €/m²
  • Résine liquide (SEL) : appliquée en continu sans joints. Idéale pour les formes complexes. Coût : 70 à 120 €/m²

Toiture-terrasse accessible vs non accessible

Si la terrasse est accessible (usage privatif ou collectif), les travaux sont plus complexes :

  • Protection lourde : dalles sur plots ou chape béton au-dessus de l'étanchéité
  • Garde-corps : vérification de la conformité (hauteur 1 m minimum)
  • Évacuation des eaux : pentes suffisantes (1 à 2 %), naissances, trop-pleins
  • Végétalisation : option de plus en plus courante (toiture végétalisée), qui améliore l'isolation et réduit les eaux pluviales

La répartition des charges

Le principe

La toiture étant une partie commune générale, les charges de réfection sont réparties selon les tantièmes généraux du règlement de copropriété. Tous les copropriétaires participent, même ceux du rez-de-chaussée.

Les cas particuliers

  • Copropriété à plusieurs bâtiments : si le règlement prévoit des parties communes spéciales par bâtiment, seuls les copropriétaires du bâtiment concerné paient la toiture de leur bâtiment
  • Droit de jouissance exclusive sur la terrasse : le copropriétaire bénéficiaire peut être tenu de participer davantage aux frais d'étanchéité (selon les stipulations du règlement)
  • Surélévation : si un copropriétaire a acquis le droit de surélever, l'étanchéité de la nouvelle toiture peut lui incomber partiellement

Le fonds de travaux

Le fonds de travaux obligatoire (loi ALUR) doit représenter au moins 5 % du budget prévisionnel annuel. Pour une copropriété de 30 lots avec un budget de 60 000 €/an, cela représente 3 000 €/an soit seulement 30 000 € après 10 ans — souvent insuffisant pour couvrir une réfection complète.

Conseil : si une réfection est prévisible dans les 5 à 10 ans (toiture vieillissante), proposez d'augmenter la cotisation au fonds de travaux à 10-15 % du budget pour anticiper. Cette décision se vote à la majorité simple (art. 24).

Les erreurs courantes à éviter

Reporter les travaux indéfiniment

C'est l'erreur la plus fréquente. Chaque année de report aggravé les dégâts : les infiltrations attaquent la charpente et les plafonds des derniers étages, le coût des réparations augmente exponentiellement. Un toit qui coûterait 100 000 € à refaire aujourd'hui peut en coûter 150 000 dans 5 ans si la charpente doit être remplacée.

Choisir le moins-disant sans analyse

Un devis 30 % moins cher que les autres doit alerter. Vérifiez : les matériaux prévus sont-ils aux normes DTU ? L'entreprise a-t-elle une assurance décennale ? Les quantités sont-elles réalistes ? Un travail mal fait en toiture se paie cher : les malfaçons sont souvent invisibles pendant 2-3 ans puis provoquent des sinistrés coûteux.

Oublier l'assurance Dommages-Ouvrage

Légalement obligatoire mais souvent négligée, l'assurance DO permet d'être indemnisé rapidement en cas de sinistré (sans attendre la décision de justice sur la responsabilité). Sans DO, un litige peut durer 5 à 10 ans. Son coût (2-4 % du montant) est dérisoire face au risque.

Ne pas isoler lors de la réfection

C'est le moment idéal pour isoler puisque la couverture est déposée. Le surcoût de l'isolation est 2 à 3 fois moins élevé que si elle est réalisée indépendamment. De plus, la réglementation impose désormais d'isoler lors d'une réfection importante de toiture (décret du 30 mai 2016). Ne pas isoler, c'est passer à côté des aides et s'exposer à devoir refaire dans quelques années.

Négliger la ventilation

Une toiture neuve bien isolée mais mal ventilée provoque condensation et moisissures. Prévoyez des chatières, une ventilation de faîtage et vérifiez la VMC de l'immeuble. C'est un poste souvent oublié dans les devis qui cause des sinistrés dans les 2-3 ans.

Les garanties après travaux

Garantie de parfait achèvement (1 an)

L'entreprise doit corriger tous les défauts signalés pendant la première année : tuiles mal posées, gouttières qui fuient, finitions imparfaites. Soyez attentif durant cette période, notamment après les premières fortes pluies et le premier hiver.

Garantie biennale (2 ans)

Elle couvre les éléments dissociables de la couverture : fenêtres de toit, chatières, évacuations d'eaux pluviales rapportées.

Garantie décennale (10 ans)

C'est la protection majeure. Elle couvre tout désordre compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination : infiltrations persistantes, effondrement partiel, défaut d'isolation rendant les combles inhabitables. Elle est actionnée via l'assurance Dommages-Ouvrage pour un remboursement rapide.

Conserver les documents

Archivez soigneusement pendant au moins 10 ans : le contrat de travaux (marché), les PV de réception, l'attestation d'assurance décennale de l'entreprise, la police Dommages-Ouvrage, les factures, les plans et les fiches techniques des matériaux. Un outil comme TheSyndic permet de centraliser ces documents et de les retrouver instantanément en cas de sinistré.

Checklist : les 12 étapes clés de la réfection de toiture

  1. Détecter les signes d'usure et documenter les désordres (photos, constats)
  2. Commander un diagnostic toiture par un expert indépendant
  3. Évaluer l'opportunité d'isoler en lien avec le DPE collectif et le PPT
  4. Consulter 3 à 5 entreprises RGE sur la base d'un même cahier des charges
  5. Monter les dossiers d'aides avant tout engagement (MaPrimeRénov', CEE, aides locales)
  6. Préparer les résolutions d'AG avec le conseil syndical (travaux, budget, financement, DO)
  7. Voter en AG : majorité de l'article 25 (avec passerelle 25-1 si besoin)
  8. Signer le marché et souscrire la DO après accord de l'aide MaPrimeRénov'
  9. Déposer la déclaration de travaux en mairie
  10. Suivre le chantier avec le maître d'œuvre : réunions régulières, contrôles
  11. Réceptionner les travaux avec PV détaillé et réserves éventuelles
  12. Archiver tous les documents pour la durée des garanties (10 ans minimum)
Ravalement de façade en copropriété : obligations, coûts et aides en 2026
Ascenseur en copropriété : entretien obligatoire, modernisation et répartition des charges en 2026