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Sciences

La NASA lance son nouveau télescope spatial Roman à la recherche de l'énergie noire

Le télescope spatial Nancy Grace Roman a décollé à bord d'une fusée Falcon Heavy depuis le Centre spatial Kennedy. Doté d'un miroir de la taille de celui de Hubble, il doit sonder l'énergie noire et recenser des milliers d'exoplanètes.

Par Rédaction Arkendia News
Publié le 30/08/2026 à 12:49 · 6 min de lecture
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Illustration du télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA
Illustration du télescope spatial Nancy Grace Roman (NASA, domaine public).
En bref
Sommaire
  1. Un lancement attendu de longue date
  2. Une fusée Falcon Heavy pour un télescope hors norme
  3. Une jumelle d'Hubble bien plus puissante
  4. Percer les mystères de l'énergie noire
  5. Un recensement inédit des exoplanètes de la galaxie
  6. Une trajectoire de plusieurs mois vers le point de Lagrange L2
  7. Le nom d'une pionnière de l'astronomie américaine
  8. Une mission internationale et couteuse
  9. Ce que la communauté scientifique attend de Roman
  10. Un parcours technique semé d'embuches
  11. Un instrument pensé pour durer

Après des années d'attente et plusieurs mois de préparatifs sur le pas de tir, la NASA a lancé ce 30 août son nouveau télescope spatial, baptisé Nancy Grace Roman Space Telescope. L'engin a décollé à 11h26 UTC depuis le pas de tir LC 39A du Centre spatial Kennedy en Floride, à bord d'une fusée Falcon Heavy fournie par SpaceX. Cette mission, dont le coût dépasse les trois milliards de dollars, doit permettre aux astronomes de sonder les mystères de l'énergie noire et de dresser un recensement inédit des exoplanètes de notre galaxie.

Un lancement attendu de longue date

La construction du télescope Roman s'est achevée le 25 novembre 2025, marquant l'aboutissement de plus d'une décennie de développement au sein du centre Goddard de la NASA, dans le Maryland. L'observatoire a ensuite rejoint le Centre spatial Kennedy le 21 juin dernier afin d'entamer sa préparation finale, avant d'être entièrement chargé en carburant fin juillet en vue d'un lancement programmé pour la fin du mois d'août.

Une fusée Falcon Heavy pour un télescope hors norme

C'est une fusée Falcon Heavy, l'un des lanceurs les plus puissants actuellement en service, qui a été chargée de placer Roman sur sa trajectoire. Une fois libéré de son lanceur, le télescope entamera un long voyage de plusieurs mois vers le point de Lagrange L2, une région de l'espace située à environ un million et demi de kilometres de la Terre, dans la direction opposée au Soleil, où plusieurs autres grands observatoires spatiaux, dont le télescope James Webb, sont déjà installés en orbite.

Une jumelle d'Hubble bien plus puissante

Le télescope Roman embarque un miroir primaire de 2,4 metres de diametre, exactement de la même taille que celui du télescope spatial Hubble. Ce miroir, initialement conçu pour un usage militaire, avait été offert par le Bureau national de reconnaissance américain à la NASA en 2012, avant d'être intégré au programme qui allait devenir la mission Roman. Grâce à son instrument principal, une caméra grand champ de 300,8 megapixels, Roman pourra photographier une portion du ciel cent fois plus vaste que celle couverte par Hubble, tout en conservant une netteté d'image comparable, ce qui permettra de couvrir en une seule image l'équivalent d'une centaine de clichés pris par son illustre aînée.

Percer les mystères de l'énergie noire

L'un des objectifs scientifiques majeurs de la mission consiste à mieux comprendre l'énergie noire, cette composante mystérieuse qui accélérerait l'expansion de l'univers. Pour y parvenir, les équipes scientifiques s'appuieront sur trois méthodes complémentaires, à savoir l'observation des oscillations acoustiques des baryons, l'étude de supernovae lointaines et l'analyse des effets de lentille gravitationnelle faible. Ces travaux seront menés en complément de ceux de la mission européenne Euclid, déjà en orbite depuis plusieurs années.

Un recensement inédit des exoplanètes de la galaxie

Au delà de la cosmologie, Roman doit également permettre de dresser un vaste recensement des exoplanètes présentes dans notre galaxie, grâce à la technique de microlentille gravitationnelle qui permet de détecter des planètes bien plus petites que celles observables par les méthodes traditionnelles, jusqu'à des masses comparables à celle de la planète Mars. Le télescope est aussi équipé d'un instrument coronographe destiné à obtenir les premières images directes de planètes géantes situées autour d'étoiles voisines de notre système solaire.

Une trajectoire de plusieurs mois vers le point de Lagrange L2

Après son lancement, Roman ne rejoindra pas immédiatement sa position d'observation définitive. L'engin spatial doit en effet parcourir une trajectoire de plusieurs mois avant de se stabiliser dans une orbite dite de halo autour du point de Lagrange L2, un emplacement privilégié qui offre des conditions d'observation stables tout en limitant les perturbations thermiques et les besoins en carburant pour le maintien en position du télescope tout au long de sa mission.

Le nom d'une pionnière de l'astronomie américaine

Le télescope rend hommage à Nancy Grace Roman, première responsable de l'astronomie à la NASA, souvent surnommée la mère du télescope Hubble pour son rôle déterminant dans le lancement de ce programme emblématique. Ce choix de nom, annoncé en 2020, visait à saluer la contribution de cette astronome pionnière à l'essor de l'astronomie spatiale américaine, à une époque où les femmes scientifiques étaient encore largement minoritaires dans les agences spatiales.

Une mission internationale et couteuse

Le développement de la mission Roman a mobilisé plusieurs partenaires internationaux aux côtés de la NASA, parmi lesquels l'agence spatiale française, le CNES, l'Agence spatiale européenne, l'agence japonaise JAXA et l'institut allemand Max Planck pour l'astronomie. Le coût total du programme, incluant l'instrument coronographe et cinq années d'exploitation scientifique, est évalué à un peu moins de quatre milliards de dollars, un montant qui a fait l'objet de plusieurs tentatives de réduction budgétaire ces dernières années avant que le Congrès américain ne maintienne son financement.

Ce que la communauté scientifique attend de Roman

Pour la communauté astronomique internationale, ce lancement marque l'aboutissement d'un projet identifié dès 2010 comme la priorité absolue de la décennie par le comité américain chargé d'établir les grandes orientations de la recherche en astronomie et en astrophysique. Les premières données scientifiques ne seront disponibles qu'après plusieurs mois de mise en service et d'étalonnage des instruments, mais les chercheurs du monde entier attendent déjà avec impatience les observations de ce nouvel outil, qui doit compléter les découvertes déjà permises par les télescopes Hubble et James Webb.

Un parcours technique semé d'embuches

Le programme, initialement connu sous le nom de WFIRST, a connu un développement mouvementé depuis son lancement en 2016, marqué par plusieurs tentatives de l'administration américaine de réduire ou d'annuler son financement, avant que le Congrès ne rétablisse à chaque fois les crédits nécessaires. La pandémie de Covid dix neuf a également retardé certains travaux, notamment auprès des sous traitants chargés de fabriquer les composants les plus sensibles de l'instrument scientifique principal, entraînant un surcout estimé à plusieurs centaines de millions de dollars pour l'ensemble du programme.

Un instrument pensé pour durer

La mission est prévue pour durer cinq ans, une durée qui pourrait toutefois être prolongée si l'état de santé du télescope et les réserves de carburant embarquées le permettent, à l'image de ce qui s'est produit pour Hubble, lancé initialement pour une quinzaine d'années de service et toujours opérationnel plusieurs décennies plus tard. Les équipes au sol surveilleront de près les premières semaines de vol, période cruciale durant laquelle chaque système du télescope doit être progressivement activé et vérifié avant le début des observations scientifiques à proprement parler.

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#NASA#Espace#Télescope#Astronomie#Énergie noire#Exoplanètes
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