Arrêts maladie plus encadrés, chômage réduit après une rupture conventionnelle, prix du gaz en hausse, nouvelle aide pour les voitures électriques d'occasion, réforme des retraites suspendue et MaPrimeRénov' qui se resserre. Voici les principaux changements qui entrent en vigueur ce 1er septembre 2026 et qui vont directement toucher le quotidien des Français.
Des arrêts maladie désormais plafonnés dans leur durée
La durée des arrêts de travail sera davantage encadrée à partir de ce 1er septembre. Une première prescription ne pourra désormais pas dépasser 31 jours, et chaque prolongation sera limitée à 62 jours. Cela ne signifie toutefois pas qu'un arrêt maladie ne pourra plus durer au-delà de ces seuils : il pourra toujours être renouvelé si l'état de santé du patient le justifie médicalement. L'objectif affiché par les pouvoirs publics est avant tout d'harmoniser les pratiques de prescription entre médecins et de mieux encadrer les arrêts de longue durée, sans pour autant remettre en cause la possibilité pour un praticien de prolonger un arrêt lorsque la situation médicale du patient l'exige réellement.
Rupture conventionnelle : une indemnisation chômage réduite
Les salariés dont le contrat de travail prend fin dans le cadre d'une rupture conventionnelle individuelle verront leur durée maximale d'indemnisation chômage diminuer sensiblement. Pour les moins de 55 ans, cette durée passe de 18 à 15 mois. À partir de 55 ans, l'indemnisation sera désormais limitée à 20,5 mois, contre 22,5 mois actuellement pour les salariés âgés de 55 à 56 ans et jusqu'à 27 mois pour ceux de 57 ans et plus. Des règles particulières continuent de s'appliquer en Outre-mer, à l'exception de Mayotte, où le régime d'indemnisation chômage obéit à des dispositions spécifiques distinctes du droit commun applicable en métropole.
Le prix repère du gaz repart nettement à la hausse
Après une légère accalmie observée au mois d'août, le prix repère de vente du gaz repart fortement à la hausse en cette rentrée. En septembre, il atteindra 172,05 euros TTC par mégawattheure, contre 162,89 euros en août, soit une progression de 5,6 % en seulement un mois. Ce prix repère, publié chaque mois par la Commission de régulation de l'énergie, ne constitue pas à proprement parler un tarif obligatoire imposé aux fournisseurs, mais il sert de référence essentielle pour comparer les différentes offres commerciales disponibles sur le marché. Certaines offres proposées par les fournisseurs sont d'ailleurs directement indexées sur ce prix repère, ce qui signifie que leur facture évoluera mécaniquement avec cette hausse.
Une nouvelle aide pour l'achat d'une voiture électrique d'occasion
L'achat ou la location d'une voiture électrique d'occasion pourra désormais bénéficier d'une nouvelle aide financière, financée par le dispositif des certificats d'économie d'énergie, sans aucune condition de ressources pour en bénéficier. Le véhicule concerné devra notamment être 100 % électrique, avoir été immatriculé pour la première fois en France entre 2017 et 2023, être acheté ou loué auprès d'un professionnel de l'automobile, et disposer d'une batterie conservant au moins 80 % de sa capacité initiale, ou répondre à des critères équivalents en matière d'autonomie réelle. Le bénéficiaire de cette aide devra par ailleurs s'engager à conserver le véhicule pendant au moins trois années, et le montant précis de l'aide dépendra de l'opérateur choisi pour instruire le dossier.
La réforme des retraites de 2023 mise en pause
La suspension, jusqu'en 2028, du relèvement de l'âge légal de départ à la retraite et de l'allongement de la durée de cotisation prévus par la réforme des retraites de 2023 commence à produire ses effets concrets pour les pensions prenant effet à compter de ce 1er septembre. L'âge légal de 64 ans ne concernera désormais que les personnes nées à partir de 1969, et non plus celles nées en 1968 comme initialement prévu par le calendrier de la réforme. Pour les générations nées entre 1964 et 1968, l'âge légal de départ à la retraite sera compris entre 62 ans et 9 mois et 63 ans et 9 mois. Les règles applicables aux carrières longues sont elles aussi assouplies pour certaines de ces générations concernées par cette pause temporaire de la réforme.
MaPrimeRénov' resserrée sur les rénovations les plus vertueuses
L'aide MaPrimeRénov' enregistre elle aussi des changements significatifs à partir de cette rentrée. Pour les rénovations d'ampleur réalisées en maison individuelle, l'aide ne sera désormais plus accordée si le foyer conserve un système de chauffage au gaz à l'issue des travaux. Le parcours dit «par geste» exclura par ailleurs plusieurs équipements de chauffage, de ventilation et de production d'eau chaude, ainsi que certains travaux d'isolation thermique auparavant éligibles. L'objectif affiché par le gouvernement est de concentrer davantage les aides publiques sur les rénovations qui réduisent le plus significativement la dépendance des logements aux énergies fossiles, quitte à resserrer les critères d'éligibilité pour une partie des travaux jusqu'ici subventionnés.
Un ensemble de mesures qui reflète les arbitrages budgétaires en cours
Cette accumulation de changements au 1er septembre illustre la manière dont le calendrier réglementaire français concentre traditionnellement de nombreuses mesures à la rentrée, qu'il s'agisse de dispositifs sociaux, énergétiques ou fiscaux. Plusieurs de ces mesures, notamment la réduction de l'indemnisation chômage après rupture conventionnelle et le resserrement de MaPrimeRénov', s'inscrivent directement dans un contexte de recherche d'économies budgétaires plus large, alors que le gouvernement doit dans le même temps composer avec la préparation du budget 2027 et les arbitrages souvent difficiles qui l'accompagnent en matière de dépenses sociales et de transition énergétique.
Ce que ces changements impliquent concrètement pour les ménages
Pour un salarié envisageant de négocier une rupture conventionnelle dans les prochains mois, la réduction de la durée maximale d'indemnisation chômage constitue un élément à prendre en compte avant toute décision, en particulier pour les salariés de plus de 55 ans qui perdent plusieurs mois de couverture par rapport au régime antérieur. Pour les ménages chauffés au gaz, la hausse de 5,6 % du prix repère se traduira par une facture plus lourde dès la rentrée, à un moment où la consommation de chauffage commence traditionnellement à repartir avec l'arrivée des températures plus fraîches. Enfin, les futurs retraités des générations 1964 à 1969 doivent impérativement vérifier leur âge de départ actualisé, la pause de la réforme des retraites modifiant sensiblement le calendrier initialement prévu pour plusieurs classes d'âge successives.
Un mois de septembre traditionnellement chargé en nouvelles réglementations
Cette accumulation de mesures au 1er septembre n'est pas propre à cette seule année. Chaque rentrée apporte traditionnellement son lot de changements réglementaires touchant à la fois le pouvoir d'achat, la protection sociale et la fiscalité des ménages français, dans la continuité des ajustements déjà observés au 1er juillet ou au 1er août précédents, qui avaient notamment concerné le congé de naissance, le prix du gaz ou encore le retour du leasing social pour les véhicules électriques. Cette concentration de mesures en début d'automne s'explique en grande partie par le calendrier budgétaire et réglementaire français, qui prévoit fréquemment l'entrée en vigueur de nouvelles dispositions à cette période charnière de l'année, entre la fin de la période estivale et la reprise pleine de l'activité économique et administrative du pays.
Des dispositifs à surveiller de près dans les prochains mois
Plusieurs de ces changements devraient continuer à produire leurs effets progressivement dans les mois qui suivent cette rentrée, notamment en matière de retraites où la pause de la réforme de 2023 concernera successivement différentes générations jusqu'en 2028. Les ménages concernés par une demande de retraite prochaine, par un dossier de rupture conventionnelle en cours de négociation, ou par un projet d'achat de véhicule électrique d'occasion, ont donc tout intérêt à se renseigner précisément sur les nouvelles règles applicables avant de finaliser leurs démarches, les organismes publics comme la Sécurité sociale, l'Assurance retraite ou France Travail mettant régulièrement à jour leurs simulateurs en ligne pour refléter ces évolutions réglementaires successives.
Source : d'après 20 Minutes.
